La victoire de Waterloo.
18 juin 2115 ! Décédé depuis trois siècles, l’empereur Napoléon est enfin autorisé à ouvrir les archives relatant la bataille de Waterloo. Il décide même de profiter des dernières inventions en matière de voyage à travers le temps pour retourner en 1815 afin de comprendre ce qui dans son plan n’a pas fonctionné. Parti pour modifier le cours de l’histoire il va tomber de haut en comprenant la raison de sa défaite.
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Le rideau s’ouvre. La scène est dans le noir.
Seul est éclairé le panneau d’entrée de village « WATERLOO ».
Aucun personnage visible sur scène, mais Grouchy et Joséphine sont déjà sur le lit, dissimulé dans l’obscurité.
Une voix majestueuse s’élève et récite un extrait du poème « Expiation » de Victor Hugo
COMMENTATEUR (off)
Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire,
Il avait l’offensive et presque la victoire ;
Possible : écran en fond de scène montant l’empereur au cœur de la bataille.
Il tenait Wellington acculé sur un bois.
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l’horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : Grouchy ! – C’était Blücher.
L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme,
La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.
La batterie anglaise écrasa nos carrés,
La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,
Ne fut plus, dans les cris des mourants qu’on égorge,
Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;
Gouffre où les régiments comme des pans de murs
Tombaient, où se couchaient comme des épis murs.
Les hauts tambours-majors aux panaches énormes,
Où l’on entrevoyait des blessures difformes !
Carnage affreux ! Moment fatal ! L’homme inquiet
Sentit que la bataille entre ses mains pliait.
…
La lecture finie, la partie « bureau » s’éclaire.
Un dialogue commence en « off » entre Napoléon et son aide de camp, le caporal « Beurdin », tous deux en coulisses.
BEURDIN (off)
Je me permets d’insister, votre Majesté, ce n’est pas une bonne idée du tout !
NAPOLEON (off)
Fais pas chier Beurdin, La règle c’est trois siècles et pas un jour de plus !
BEURDIN (off)
Je sais bien, votre Majesté, mais à quoi bon remuer tout ça ?
NAPOLEON
Ecoute moi bien caporal, cette bataille là, c’était mon plan le plus diabolique. La nasse était tendue pour ces abrutis d’Anglais et de Prussiens… L’apothéose, Beurdin ! Voilà ç’aurait dû être l’apothéose et au lieu de ça… Le désastre !
BEURDIN (off)
Bien sûr votre Majesté, mais…
NAPOLEON (off)
Ta gueule Beurdin ! ça a foiré lamentablement et je veux savoir pourquoi.
Ils entrent sur scène, continuant de dialoguer.
BEURDIN
C’est Grouchy, votre Majesté. Ils le disent tous : tous les historiens sont d’accord : le retard du général Grouchy sur le champ de bataille ! Voilà la cause du désastre.
NAPOLEON
Grouchy, Grouchy ! D’accord.
Mais pas un seul historien ne donne la moindre explication quant au retard de ce con de Grouchy. Et bien aujourd’hui, 18 juin 2115, les trois siècles réglementaires de secret défense sont écoulés, j’ai le droit d’avoir accès à toutes les archives et je ne vais pas m’en...