Chouette mon mari

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Une femme veut divorcer mais il faut que son mari ait tous les torts. Malheureusement, y’a pas plus fidèle que lui. Elle compte sur son amant pour l’aider dans cette tâche, lequel imagine un stratagème qui selon lui devrait tout régler. .

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Décor (1)

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ACTE 1

Scène 1 : Jenny, Léo

Jenny entre dans le salon. Elle porte des vêtements très luxueux. Elle pose des objets, prépare une table basse en chantonnant «Joyeux anniversaire». On sonne à la porte. Elle se recoiffe rapidement devant un miroir et va ouvrir.

Jenny / Je ne t’attendais pas si tôt.

Léo / Je m’en voudrais de te faire attendre. (Chuchoté) Albert est là ?

Jenny / Il est coincé dans un embouteillage. C’est tout lui ça ... Le genre coincé.

Léo / Tu crois qu'on a le temps ?

Jenny / Ce ne serait pas très prudent.

Léo / C'est toujours pareil ; quand est-ce qu'on n'aura plus besoin de se cacher ?

Jenny / Le jour où Albert m'aura quittée.

Léo / Alors tu es décidée ?

Jenny / Plus que jamais ! Dix ans de mariage, ça use. Parce que, le Albert, faut se l'faire ! (Elle s'approche de Léo).

Léo / Tu n'as pas peur qu'il le prenne mal. Il pourrait être violent.

Jenny / Albert, violent ? Ce serait bien la première fois ! Et ce n'est pas avec son fusil qu'il pourrait faire un carton.

Léo / Il a un fusil ?

Jenny / On s'en fiche, il n'a jamais su tirer.

Léo / Quand même... On sait jamais comment il pourrait réagir. Tu vas lui dire que tu le quittes ?

Jenny / Ah non ! Je ne veux pas le quitter, je veux que ce soit lui qui me quitte.

Léo / C’est un peu pareil, non ?

Jenny / Au contraire !

Léo / C’est quoi la différence ?

Jenny / Son pognon !

Léo / Et comme ça, il te verserait une pension alimentaire.

Jenny / Je ne me suis pas tapé mon mari pendant dix ans pour des cacahuètes. Si je partais la première, j'aurais tous les torts. Je préfère que ce soit le contraire.

Léo / Il a toujours été généreux avec toi.

Jenny / Et son coffre à la banque ? Je n'ai jamais eu la procuration ! Je ne vais quand même pas attaquer une banque pour accéder au coffre de mon mari.

Léo / Tu pourrais travailler.

Jenny / Travailler ! Mais j'ai pas l'temps ! Tiens, journée d'hier : 11 heures, coiffeur. 12 heures, repas au restaurant ! 14 heures, essayage d’une nouvelle robe. 17 heures, thé avec Gisèle. Et c'est comme ça tous les jours. Alors tu comprends, pour moi, travailler c'est un luxe.

Léo / Comment tu vas faire ?

Jenny / Si c'est moi qui demande le divorce, ce n’est pas sûr qu’il coupe la poire en deux. Ses parents ont voulu qu'il fasse un contrat de mariage. Tu t'rends compte ? Un contrat de mariage avec moi ; bonjour la confiance !

Léo / Avec moi, tu ne mourrais pas de faim. Je te donnerais tout ce que tu veux.


Jenny / Il est mignon.. T'as du pognon ?

Léo / Ben..


Jenny / Parce qu'Albert, du pognon, il en a ! T'es gentil : on dirait un boy-scout, mais pour les bonnes actions, je préfère celles d'Albert. Au moins, elles sont cotées en Bourse.

Léo / Quand on s’aime, on fait des efforts

Jenny / Ne t'en fais pas, tu en feras, des efforts..

Léo / Ce sera une nouvelle vie.

Jenny / Une nouvelle vie ? Tu m’imagines dans une cuisine ?

Léo / L’amour ça change tout.

Jenny / C'est ça. On rêve d’un prince charmant et on se retrouve devant une gazinière.. C’est une femme que tu veux ou une femme de ménage ?

Léo / On peut vivre d’amour et d’eau fraîche.

Jenny / Je veux aussi l’eau chaude, les bains bouillonnants, la piscine à vague, les fleuves, les lacs, les cascades, la mer Noire, et le yacht pour aller dessus.

Léo / Et le maître-nageur ?

Jenny / Ca dépendra de toi...

Léo / Et des enfants ! Tu n’as jamais songé à avoir des enfants ?

Jenny / Pour quoi faire ?

Léo / Les enfants, des fois, c'est bien.


Jenny / Albert aussi en voudrait bien. Il veut assurer sa descendance ! Sa descendance ! Avec la tête qu'il a !

Léo / Mais il t’aime.

Jenny / Justement, ça m'énerve. Il m'aime, il m’admire, il est toujours à mes petits soins : «Tu veux quelque chose, mon amour ? Ma petite Jenny. Ne bouge pas, ma chérie...» J’ai vraiment pas d’bol.

Léo / Albert, c'est un affectif.

Jenny / Une vraie sangsue, oui ! Je ne peux rien faire sans qu’il insiste pour le faire à ma place. Tiens, tous les dimanches, il m’apporte des croissants au lit. Des croissants au beurre.

Léo / Des croissants au beurre ?

Jenny / Avec ses croissants, je le vois venir à cent kilomètres. Mais moi, on ne me roule pas dans la farine !


Léo / Et il ne dit rien ?

Jenny / L’amour, c'est quand je veux, où je veux, comme je veux !

Léo / Je croyais que c’était fini.

Jenny / Faut bien se distraire.

Léo / Vous ne faîtes pas chambre à part ?

Jenny / C’est quand même mon mari. Et puis, tu devrais être content, à chaque fois, je pense à toi.

Léo / Tu penses à moi ?

Jenny / Je ne vais pas penser au facteur.

Léo / Tu vas t’y prendre comment pour le faire partir ?

Jenny / L'important, c'est qu'il ait tous les torts. Celui qui part, c’est celui qui perd ! J’ai regardé dans le code pénal.

Léo / Dans le code pénal ?

Jenny / Ah non. Dans le code civil. le code pénal, c'est le plan B.

Léo / Le plan B ? C'est quoi, le plan B ?


Jenny / Tu sais tirer ?

Léo / Tirer ? .. Le.. Jamais je ne pourrais faire un truc pareil.

Jenny / Évidemment. les femmes, faut toujours qu'elles se débrouillent toutes seules.

Scène 2 : Jenny, Léo, Albert

On entend des bruits. Albert apparaît, les bras chargés de paquets

Albert / Chérie c’est moi !

Jenny / (A Léo) Tiens, voilà le chasseur.

Albert / Léo ! C’est tellement gentil d’être venu.

Léo / Ca me faisait trop plaisir.

Albert / Et à moi alors ! C'est gentil que tu sois venu. C'est pas vrai ma Jenny ?

Jenny / C’est un amour.

Albert / C’est Jenny qui a eu l’idée. Elle m’avait dit : «Si on invitait Léo !" Alors moi je lui ai dit oui, même si j'aurais préféré que nous le fêtions en tête en tête, comme des petits amoureux, hein, ma chérie ?

Jenny / Je ne pouvais pas te priver de Léo.

Albert / Tu vois, elle est trop gentille. (A Jenny) Tu t'es bien occupé de Léo, ma chérie ?

Jenny / J’ai fait tout ce que j’ai pu.

Albert / Tu vois, Léo, pour me faire plaisir, elle fait tout ce qu'elle peut. J’ai épousé une perle. Mais attention, moi aussi, je fais tout pour qu'elle soit contente. Par exemple, tous les dimanches, croissants au lit ! Et attention ! Des croissants au beurre ! Elle adore ça. C'est pas vrai, ma Jenny ?

Jenny / On en r'demande !

Léo / C’est.. C’est formidable.

Albert / C’est le minimum. Si elle voulait, je lui amènerais un steak-frites au lit. Parce que tu vois, des femmes comme ma Jenny, ça ne court pas les rues. Hein, ma chérie ?

Jenny / Tu ne vois pas que tu ennuies Léo.

Albert / Oh pardon ! Tu veux quelque chose à boire ? T‘as envie de quoi ? Whisky ! Cognac ! Allez, un petit whisky. (Il fait le service)

Léo / Pas trop.

Albert / T’as raison ! On serait obligé de te garder à coucher. Et en plus, on a qu’un lit. Je t'aime bien, mais quand même...

Léo / Merci.

Albert / Oh ! Pendant que j'y pense... Tatatam ! ... Tour de magie ! (Il sort un bouquet de fleurs d’un sac) Bon anniversaire, mon amour ! Hé ! T’as vu ? J'ai pris les plus chères. Bisou ?

Jenny / (Sèchement) Merci. (Elle ne fait pas le bisou espéré et prend le bouquet)


Albert / (S’adressant à Jenny sur un ton hésitant) Tu as passé une bonne journée ?

Jenny / Jusqu'ici, ça va...


Albert / J'avais peur d'être en retard. (A Léo) Quand je ne suis pas là, j'ai peur qu'elle s'ennuie. Mais heureusement, toi, tu étais là. On peut toujours compter sur ses amis. (S’adressant à Jenny) Il a été sage au moins ?

Jenny / Oui. On vient juste de se lever.

Albert / De se lever ? ... Ah ! Sacré Jenny ! (A Léo) Elle est drôle, hein ? J’ai de la chance ;...

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