Le voyage de la Reine

L’action se déroule à Paris en 1900. Le ministre des Affaires étrangères, Edmond Laricourt, reçoit du président de la République Émile Loubet la mission d’organiser la visite officielle de la reine Victoria d’Angleterre. Mais rien ne se passe comme prévu : le ministre, plutôt maladroit et incompétent, doit composer avec une domestique peu dégourdie, une belle-sœur cantatrice, un général colérique, un frère envahissant et un lord écossais complètement dépassé. Les quiproquos, les mensonges et les situations absurdes s’enchaînent à un rythme effréné.

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Liste des personnages (13)

Edmond Laricourt Homme • Adulte
ministre des Affaires étrangères du gouvernement français. Difficile de faire plus maladroit et plus tête en l'air que Edmond. Incompétent dans ses fonctions de ministre et légèrement soumis dans son ménage, il est très souvent à côté de la plaque mais c’est ce qui le rend amusant et attachant.
Hortense Laricourt Femme • Adulte
Sa charmante épouse. C’est une bourgeoise, une mondaine issue d’une riche famille aristocrate, mais qui n’en profite pas pour être pédante. Belle, intelligente, subtile, raffinée, elle est plutôt le cerveau du ménage et mène habilement la carrière politique de son mari.
Valentine Choiseul de Beaucoudrin Femme • Adulte
La sœur cadette d’Hortense. C’est une grande cantatrice d’opéra. Célèbre soprano connue dans toute l’Europe. Beaucoup de grâce et d’élégance, elle a un immense talent mais peut se montrer parfois un peu précieuse.
Le Général Archibald de Lantagnac Homme • Adulte
Militaire très haut gradé pur jus. Général commandant le 13eme régiment de dragons de Paris. Conservateur, vieille France, un brin rétrograde, il a des principes et des valeurs de la vieille France. Il et autoritaire et s’affirme avec force.
Aimé Laricourt Homme • Adulte
Frère ainé d’Edmond, en réalité c’est son demi-frère. Ouvrier du Nord. Sale, rugueux, crasseux, grossier et vulgaire. Il n’a aucune éducation.
Germaine Laricourt Femme • Adulte
Femme d’Aimé. Elle est à l’image de son mari donc sale, crasseuse vulgaire et grossière.
Le colonel Sir Henry MacAlister Homme • Adulte
Colonel de sa majesté dans l’armée britannique. Il est chargé d’assurer la sécurité de la reine dans ses déplacements à l’étranger. Il fait lui aussi pas mal de gaffes et Il peut lui arriver d’être un peu sur une autre planète…
Antoinette Choiseul de Beaucoudrin Femme • Adulte
Mère d’Hortense et de Valentine. Veuve. C’est une ancienne chanteuse et danseuse de cabaret parisien. Elle a gardé un peu la gouaille et les manières de la titi parisienne. Elle a rencontré, quand elle était plus jeune, le Duc Amédée Choiseul de Beaucoudrin, le père des filles, dans un cabaret ce qui a assuré ensuite après leur mariage son avenir financier.
La reine d'Angleterre Victoria / Léontine Petitpond Femme • Adulte
La bonne des Laricourt. Bonne fille mais assez bébête… sans éducation ni manière. Empotée, gauche, balourde, assez godiche, mais sympathique. C’est le sosie exact de la Reine d’Angleterre Victoria et c'est donc aussi elle qui joue le rôle de la Reine Victoria.
Gwendoline de Chambord Femme • Adulte
La medium de Valentine. Elle interroge les esprits et les spectres pour connaitre l’avenir.
Le Président de la République Emile Loubet Homme • Âgé
De l’allure, du panache, il a un esprit naturellement modéré, il est plutôt conciliant surtout avec son ministre Laricourt qui s’avère faire gaffe sur gaffe.
Ravachefolle Non genré • Jeune
criminel(elle) anarchiste
huissier du palais Garnier Non genré • Jeune
huissier du palais Garnier

Décor (1)

Acte I Salon bureau d\'un magnifique hôtel particulier Acte II Grande salle de réception du Palais Garnier Acte I : Un salon bourgeois d’un très bel hôtel particulier dans un riche arrondissement de Paris. C’est plus précisément un salon-bureau, il est très cossu, richement décoré, les murs sont plaqués en bois ancien rares, il y a beaucoup de bibelots de grandes valeurs des toiles de maitre, les meubles ont beaucoup de style ils sont magnifiquement réalisés. Il y a, dès le départ, une impression, de confort, de richesse, d’opulence. A jardin une grande entrée fastueuse à deux portes avec un beau vestibule en arrière-plan. Face au fond de grandes baies vitrées richement décorées elles aussi, verres décorés belle époque, on voit à travers les carreaux des fenêtres les rues de la capitale et les somptueux immeubles aux alentours. Nous sommes précisément boulevard Malesherbes on peut donc voir en arrière-plan et, en perspective, l’église Saint Augustin. Si possible un magnifique double escalier en marbre domine la pièce, et dessert les étages de l’hôtel particulier. A cour deux portes une pour Hortense (sa chambre ou cabinet de toilette ou autre) et celle pour Valentine (chambre ou pièce de répétition), et a cour centre l’immense bureau d’Edmond Laricourt. Un téléphone est posé sur le bureau ainsi que des dossiers, derrière le bureau, un gros fauteuil en cuir. Tentures, rideaux en velours, voilage, meubles, fauteuils, guéridon, tout est chic et richement décoré. On pourra également disposer dans le décor des éléments faisant référence à la musique classique, piano, partitions, buste et portraits compositeurs, etc… Acte II : La grande et fastueuse salle de réception du Palais Garnier dont le balcon donne sur la place de l’Opéra. Grandes baies donnant sur le balcon. La salle est évidemment luxueuse. Tout est clinquant, brillant, doré, richement décoré, du plafond au parquet, des murs aux fenêtres, des tentures aux peintures. On est dans le comble du raffinement parisien et de l’art architectural et décoratif à la française. On en prend évidemment plein les yeux. A jardin, en scène, un piano quart de queue placé le clavier tourné à gauche, perpendiculairement au public. Entre la baie et la queue du piano, plusieurs chaises volantes, Devant le clavier, une chaise et un tabouret de piano, en avant une porte-miroir donnant sur la suite du bâtiment et qui servira pour les besoins de la pièce de vestiaire, au fond une autre porte qu’utilise les servants et servantes pour amener les coupes, verres et amuse bouches du buffet. Au centre de la pièce, posé sur une petite estrade à deux ou trois marches, un immense trône couleur or ancien qui accueillera la reine Victoria. A cour au fond un immense buffet dressé (nappe blanche ornée de fougères ou de lierre, vaisselle en porcelaine délicate, flutes en cristal etc…) pour les invités de la reine, et à cour devant une immense entrée à double porte pour accueillir les invités annoncés par l’huissier.

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ACTE I

Scène 1

 

Nous sommes en 1900, à Paris, au temps de la belle époque. Le rideau s’ouvre sur le salon-bureau d’un luxueux hôtel particulier, celui d’Edmond et Hortense Laricourt. La pièce est très somptueuse et richement meublée. C’est le matin. On entend, dans une pièce à côté, des vocalises et des notes de piano, c’est Valentine, célèbre soprano, qui s’exerce. Edmond sort d’une pièce et arrive dans la salle.

 

La bonne fait un brin de ménage, elle époussette des bibelots, on la voit de dos Entrée d’Edmond.

 

Edmond (agacé par les vocalises de sa belle-sœur) : Aïe, aïe, aïe….et allez donc… voilà que ça recommence, la voilà encore en train de  faire ses vocalises celle-là !!!! Oh là là ….silence !!!! Silence !!!

 

Léontine : Bonjour Monsieur !

 

Edmond (ailleurs, il n’a pas vu la bonne et agacé par les vocalises) : Hein quoi !!??…Ah oui bonjour Léontine…

 

Léontine : Monsieur est bien matinal ce matin…Monsieur a bien dormi ?

 

Edmond : Hein ?? …euh oui jusqu’à maintenant tout allait bien avant que la diva ne reprenne son tour de chant !!! (regarde vers la porte de Valentine) Holala mais elle ne va pas se taire….c’est insupportable !!!

 

Léontine (complètement à côté de la discussion) : Oh Oui quand Mademoiselle Valentine chante c’est un bien beau ravissement dans la maison, elle a vraiment une voix en or !!! Un vrai rossignol !!

 

Edmond : (faisant un geste de l’étrangler) oui bah moi je vais finir par lui clouer le bec au joli rossignol !!!

 

Léontine : Monsieur prendra du café ou du thé ce matin ??

 

Edmond : du café Léontine, du café et un bien corsé hein j’en ai besoin pour cette journée qui s’annonce longue et douloureuse pour mes oreilles…

 

Léontine : Bien Monsieur….J’y va tout de suite…

 

Edmond : Léontine je vous ai déjà dit …attention à votre langage parbleu…on ne dit pas j’y va… mais j’y vais !! (articulant)  Vous comprenez J’Y VAIS !!!!

 

Léontine (qui n’a pas compris) : Ah bon où ça Monsieur ?? Où ça qu’ vous allez donc ??? Vous ne prenez pas vot’ café alors ??

 

Edmond (agacé) : Mais si enfin…(aparté au public) ah vraiment je ne suis pas aidé moi avec le petit personnel, non mais quelle godiche !!! (reprenant) mais il ne s’agit pas de cela bon sang….Je vous explique qu’on ne dit pas j’y va mais j’y vais !!!

 

Léontine : Ah d’accord Monsieur, Monsieur fait bien de me reprendre…on en apprend tous les jours hein c’est pas vrai Monsieur !!! (elle rit bruyamment)  Donc j’y vais (insistant sur j’y vais) dans la cuisine… préparer le café à Monsieur !!!

 

Edmond (fatigué): oh non…de Monsieur !!!!

 

Léontine : Quoi donc Monsieur ??

 

Edmond (las… il abandonne) : le café de Monsieur…sacrebleu….on dit le café de Monsieur….

 

Léontine : Oui bah c’est bien ce que j’ dis c’est bien vot’ café Monsieur que je prépare donc c’est le café à Monsieur, allez ouste je m’en va vous le préparer….sinon Monsieur va boire son café tout froid et i va encore me sonner les cloches !! Pas vrai Monsieur ?! (elle part en riant bruyamment)

 

Edmond : Oui c’est ça Léontine, allez ! allez donc…..Oh non mais c’est pas vrai…quel calvaire ces vocalises !!! Quel boucan !! (il prend le figaro sur son bureau et va s’installer dans un fauteuil, il ouvre le journal et essaie de lire, le son de la chambre de Léontine reprend plus fort)

 

Edmond : Fichtre !! Impossible de me concentrer sur ce que je lis…Ah non mais c’est insupportable… vraiment insupportable !! (se levant criant vers la porte) VRAIMENT INSUPORTABLE !!!! (appelant vers l’autre porte) HORTENSE !!! HORTENSE !!! HORTENSE VIENS DONC !!! HORTENSE BON SANG !!!

 

Arrive Hortense, très belle femme, très élégante, dans une magnifique robe avec un peigne dans la main…

 

Hortense (arrive en trombe) : Quoi...Mais quoi enfin ??? …qu’est-ce que tu as ?? Qu’est-ce qu’il te prend à crier comme ça ? Ça ne va pas bien ??? On entend que toi ici ce matin !!!

 

Edmond (décontenancé) : Ah elle est bien bonne celle-là encore !!!

 

Hortense : Oui et bien quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ???

 

Edmond : Comment ça ce qu’il y a…. tu n’entends pas  ??? Tu n’entends rien ???

 

Hortense (gentiment fausse) : et bien quoi ??? Non qu’est-ce que je devrais entendre ?

 

Edmond : Non mais là Hortense tu te fiche de moi, tu n’entends pas ta sœur faire ses vocalises ??? Je n’arrive même pas à lire mon journal tellement elle me casse les oreilles !!!

 

Hortense : et bien quoi, il faut bien qu’elle s’exerce non, elle doit préparer son nouveau rôle dans le prochain opéra, elle joue Zerline dans Don Giovanni au Palais Garnier dans les prochains jours…

 

Edmond : oui bah qu’elle s’exerce ailleurs…moi je n’arrive pas à lire…je n’arrive à rien d’ailleurs avec ce boucan…

 

Hortense (ferme) : Dis donc mon cher Edmond, n’oublie pas qu’elle est chez elle, n’est-ce pas !! Comme je le suis moi aussi d’ailleurs. Nous avons hérité de ce magnifique hôtel particulier à la mort de papa, ainsi que de sa fortune personnelle.

 

Edmond : oui merci de me le rappeler ma chère Hortense, mais tu sais je ne t’ai pas épousé pour ta richesse ma chérie…

 

Hortense (fais la moue) : oui…en tout cas ça a bien aidé ta carrière politique la fortune des CHOIZEUL BEAUCOUDERIN ….n’est-ce pas Edmond… ??

 

Edmond (amusé) : moui….moui…ma chérie…merci aux CHOISEUL BEAUCOUDERIN ….

 

Hortense : Ah ça oui il en faut de l’argent quand il s’agit d’offrir des cadeaux… et des voyages à tes petits amis de la politique, n’est-ce pas Edmond… ???

 

Edmond (ennuyé) : oui oui chut chut Hortense chut…

 

Hortense (montant) : et graisser la patte à tous les laquais de la république française…

 

Edmond : chut…chuuuuut…Hortense….voyons…

 

Hortense (n’écoutant pas Edmond) : et puis tous tes maroquins, comment tu les as eu hein Edmond ??? Tu t’es déjà posé la question ??? Et bien en arrosant un petit peu tous les camps, tous les partis politiques, des républicains intransigeants  aux royalistes orléanistes…sans compter les bonapartistes indépendants…

 

Edmond (gêné) : Hortense…on pourrait nous entendre….

 

Hortense : Et tous les dons faits aux communautés de bienfaisance de ces dames, mariées à tous ces grands messieurs qui forment le gratin de la  politique que compte la France…hein Edmond !!! Et je ne te parle même pas des dons au culte ….

 

Edmond (scandalisé) : Quoi des dons occultes ??? Ah ça jamais de la vie !!! J’ai toujours été honnête moi Madame !!!

 

Hortense : Mais non idiot pas occulte… au culte, à l’Eglise quoi !!! Ah ça il est content l’évêque de Paris quand il te voit il a toujours le sourire aux lèvres...tu penses…il sait que tu vas lui faire un chèque….

 

Edmond : chuuuuuuuttttt

 

Hortense : D’ailleurs j’y pense avant d’être ministre des Affaires étrangères tu as occupé combien de ministère hein Edmond ???

 

Edmond (las) : Hortense….

 

Hortense : tu as été tour à tour ministre de l’agriculture, de la marine, du commerce de l’industrie et des colonies, ministre de l’instruction publique, ministre de l’intérieur pour être aujourd’hui nommé par  le président LOUBET ministre des affaires étrangères !!! Quel parcours !!! Il ne te manque qu’à être nommé ministre de la guerre et tu les auras tous fait !!

 

Edmond : Ah non pas ministre de la guerre ! Hortense quel horreur, j’ai horreur de la guerre et des militaires et en plus je ne sais pas me battre !!

 

Hortense : Pffftt, où as-tu vu qu’il fallait savoir se battre pour être ministre de la guerre, mon pauvre Edmond, tu es vraiment grotesque…Enfin bon tout ça pour dire que tu es ici chez nous mon cher ami, que ça te plaise ou non et que ta carrière politique ne tient que par nos généreuses offrandes, nous sommes d’accord Edmond !

 

Edmond : (dépité) : nous sommes d’accord Hortense…

 

Hortense : Et puis de toute façon, je préfère que ta carrière politique se soit faite par l’argent que par les femmes, au moins tu es un mari fidèle qui ne cherche pas un poste de ministre sous les jupons de je ne sais quelle intrigante…

 

Edmond (franc) : Ah ça jamais ma chérie, plutôt mourir !!! Je suis et je t’ai été toujours fidèle jamais une incartade…toujours fidèle !!!!  Mais comme tu l’es toi aussi pour  ton mari…ma chérie…

 

Hortense (gênée) : oui…oui..euh …non..non… je veux dire non..bien sûr jamais…Holà tu penses …(radoucie) Tu comprends mon chéri Valentine est chez elle, (riant) et puis tu dis qu’elle te casse les oreilles mais tu n’ en as pas besoin pour lire ton journal c’est tes yeux qui fonctionnent non ?

 

Edmond (vaincu) : oui Hortense, tu as raison !

 

Hortense : Bien ce sera tout ?? (elle sort)

 

Edmond (piteux) : Euh oui Ma chérie….et merci …ah bah tiens elle a fini ses vocalises la cantatrice….ah grâce au ciel je vais pouvoir enfin lire mon journal tranquillement !!! Alors voyons les potins de Paris !!

 

A ce moment précis le téléphone sonne…

 

Edmond (agacé) : Et bien voilà autre chose ! Le téléphone maintenant !! Oh non c’est pas vrai je suis maudit moi aujourd’hui !!!! Maudit ….jamais je n’arriverai à lire ce satané journal ce matin….(fâché d’être dérangé) oui allô qui ça ?? (change de ton immédiatement) hein quoi la présidence de la république !! Ah diable qu’est que c’est que ça encore !!!  Euh oui oui bien sûr passez-moi la communication Mademoiselle !!! (au public)  Oh mon Dieu le Président LOUBET, mais que me veut-il bon sang ??? Il ne peut pas me congédier tout de même…je n’ai pas fait de gaffe depuis que je suis ministre des affaires étrangères…non..non..impossible… de toute façon depuis 20 ans que je suis ministre je n’ai absolument rien fait…jamais… je n’ai jamais pris une initiative…alors…ou bien il veut me proposer un nouveau ministère celui de la guerre, oh non je n’espère pas… je ne sais pas me battre….et j’ai horreur de la guerre et des militaires…Oui, Oh bonjour…mes respects Monsieur le Président…. (chaque fois qui prononce le mot de président il s’incline respectueusement) Oui..oui excellemment bien je vous en remercie Monsieur le Président…Oui madame Laricourt… aussi elle vous fait ses hommages…oui tout à fait monsieur le président…Hein… !??...comment ?? ah oui…non… ??… la reine Victoria… à Paris… oh quelle drôle d’idée…hein…non...oui excellente nouvelle…oui tout à fait monsieur le président… Ah ! elle nous fait l’honneur d’une visite officielle en France…(pas convaincu) Ah oui…oh dis donc quelle surprise… Ah oui… il faut accueillir la reine d’Angleterre dignement …oui…oui...bien sûr monsieur le Président, vous avez tout à fait raison monsieur le président….et lui faire tous les honneurs dus à son rang de souveraine…oui…oui… mais juste une simple question monsieur le président…en quoi la visite de la reine me concerne ??? (se fait engueuler au téléphone) hein ah oui ministre des affaires étrangères...oui…oui…bien sûr j’avais oublié… tout à fait monsieur le président...oui oui en effet c’est bien dans mes attributions oui oui l’Angleterre c’est bien les affaires...euh...étrangères… oui oui vous pouvez compter sur moi monsieur le président oui oui…réceptions, visites, château de Versailles, le petit Trianon, le grand Trianon, la tour Eiffel, les invalides…le tombeau de l’empereur…hein...ah non ce n’est pas une bonne idée ça…oui...oui…Napoléon l’ennemi juré des anglais…ah oui alors je retire monsieur le président…oui…oui… inviter tous les officiels, les ministres, les préfets, les notables…le tout paris quoi …oui oui je m‘occupe de tout…hein comment Buckingham envoie un émissaire pour préparer sa visite.. ah oui très bien.. d’accord chez moi…un Lord écossais…Sir Henry MACALISTER oui je l’attends…oui merci monsieur le président…et God save the queen comme on dit à DUBLIN…hein euh oui à Londres pardon…mes respects monsieur le président….(il raccroche)

Et bien me voilà dans de beaux draps moi maintenant….

 

Léontine (arrive en trombe) : Monsieur, Monsieur y a un général qui vous d’mande !!!

 

Edmond : un quoi ??

 

Léontine : Un général ou pt-ête bien un amiral, je sais pas bien, enfin en tout cas c’est un militaire, il a un uniforme…et qui veut vous parler, (au public)  il a point l’air commode en plus …

 

Edmond : Me parler ? À moi ?? Un général ?? Mais  qu’est-ce qu’il me veut ??

 

Léontine : Bah je sais pas M’sieur ! Il a dit qu’il voulait s’entretenir avec Monsieur Laricourt…

 

Edmond : Bon..et bien faites le entrer Léontine …qu’est-ce que c’est que ça encore ???

 

Léontine : Bien Monsieur…

 

Edmond : Un général maintenant…Ah…il vient peut-être pour la visite de la reine…

 

Léontine (annonçant le Général) : Si Monsieur veut bien s’donner la peine d’entrer…

 

Général (arrive l’air grave) : Merci….

 

Edmond (dans l’attente) : Monsieur…. ???

 

Général (agressif) : Monsieur ?! Monsieur ?? Fichtre..ça part bien !!  Apprenez Monsieur que lorsque l’on s’adresse à un officier général de l‘état-major des armées françaises on dit Mon Général !! et pas Monsieur !!

 

Léontine (qui était restée un moment) : et vlan dans les dents … chacun son tour…(elle part en riant)

 

Edmond (piteux) : euh oui pardon…Bonjour Mon Général…Que me vaut l’honneur de votre visite ???

 

Général (directif) : Général Archibald Charles Henri Adhémar de Lantagnac (il tape le talon...

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