SCÈNE PREMIÈRE
Sylvie, Nicole, Catherine, Françoise
Les quatre jeunes filles s’affairent activement à la préparation de la surprise-partie pendant que tourne un disque de danse. Elles confectionnent des sandwichs en accompagnant de leur chant l’air qu’elles entendent. Le disque s’arrête. Nicole se précipite pour le changer.
Nicole - Qu’est-ce que je mets maintenant ? Encore du jazz ?
Sylvie - Oh non ! Je t’en prie, Nicole, ça suffit comme ça.
Nicole - Pourquoi, Sylvie ?
Sylvie - Parce qu’on ne s’entend pas parler.
Catherine - Nous n’avons pas besoin de parler en confectionnant nos sandwichs !
Françoise - Quand même, je suis, moi, de l’avis de Sylvie. Si l’on épuise tout le stock de disques avant même que la fête soit commencée, on risquera d’être fatiguées de les entendre au cours de la surprise-partie.
Catherine - C’est vrai. Tu as raison, Françoise. Accordons-nous un petit entracte.
Nicole - Bon, ça va ! Je m’incline.
Catherine - Tu ne penses pas, Sylvie, qu’on en ait fait un peu trop ?
Sylvie - De quoi, Catherine ?
Catherine - Des sandwichs au pâté.
Sylvie - Certainement pas.
Catherine - Il y en a quatre assiettes pleines dans le frigidaire.
Sylvie - Et alors ? Tu oublies que nous serons au moins une vingtaine et que les garçons sont particulièrement voraces.
Nicole - Et dire qu’il n’y en a pas seulement un seul qui se soit proposé pour venir nous aider !
Françoise - Cela te surprend, Nicole ? On dirait que tu ignores que les hommes sont paresseux de nature !
Nicole - Il se peut qu’il y ait des exceptions.
Sylvie - Si tu en connais une, ma jolie, ne laisse surtout pas échapper cet oiseau rare…
Nicole - T’es bête, Sylvie !
Catherine - Cela vous va mal, mes chéries, de dire du mal des jeunes gens. Tu aurais été bien attrapée, Sylvie, s’ils s’étaient tous entendus pour bouder ta petite fête.
Sylvie - Bien sûr, mais il faut bien les prendre comme ils sont.
Françoise - A quelle heure doivent-ils arriver ?
Sylvie - Vers quatre heures.
Françoise (regardant sa montre) - Trois heures dix. Nous avons encore presque une heure devant nous.
SCÈNE II
Les mêmes, Mme Clément
Mme Clément (entrant de droite) - Alors, mes enfants ? Sont-ils bientôt finis ces sandwichs ?
Sylvie - Oh ! oui, grand-mère ! Nous avons presque épuisé toutes nos munitions.
Mme Clément - En aurez-vous assez, au moins ?
Françoise - Certainement, madame.
Nicole - Il y en a déjà quatre assiettes pleines dans la cuisine.
Catherine - De quoi tenir certainement pendant plusieurs heures.
Mme Clément - Vous croyez ? Je n’en suis pas si sûre que vous, mon enfant. Il n’y a rien de tel que la danse pour exciter les appétits.
Françoise - Je ne crois pas, madame. J’ai très souvent remarqué que ce sont ceux qui dansent le moins qui mangent le plus.
Nicole - Et qui vident les pots d’orangeade !
Catherine - Cela se comprend. Il faut bien qu’ils s’occupent.
Mme Clément - Bien sûr. Enfin, ne vous tracassez pas, mes enfants, les réserves ne manquent pas. Il sera toujours possible de...