Les Tontons me harcèlent

L’action se déroule dans les années 40. Roberto Falso, tenancier d’une maison de passes et receleur à ses heures, prépare sa valise pour partir en douce, au nez et à la barbe de Paolo Castagna, parrain local qui lui a sottement confié des bijoux issus d’un casse. A cinq heures du matin, Roberto espérait s’esquiver tranquillement mais, Mado, une prostituée insomniaque vient contrarier ses plans, suivie bientôt par le reste de la maisonnée…

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Devant le rideau, Luigi et Paolo discutent.

LUIGI - Tu sais quoi Paolo ? J’ai comme des aigreurs d’estomac. Tu m’connais, je suis bonne poire, mais faut quand même pas me prendre pour une quiche !

PAOLO - Hé Luigi ! Qu’est-ce que tu racontes ? Qui te prend pour une quiche ? Pas moi, tu sais bien ! Je préfère la pizza.

LUIGI - Eh non, pas toi ! C’est ce Roberto Falso qui tient un clandé dans le 9ème !

PAOLO - Roberto ? Celui qu’est maqué avec Simone, la Française ?

LUIGI, agacé - C’est ça !

PAOLO - Qu’est-ce qu’il a encore fait ce corniaud ? Il te paye pas sa redevance sur ses poules ?

LUIGI - Mais si ! Justement, il est trop réglo depuis quelque temps : ça cache quelque chose !

PAOLO - Ah ! J’y suis : t’es inquiet pour les cailloux ?

LUIGI - Evidemment que je suis inquiet, avec un faux jeton comme lui ! Si j’avais pas d’amour propre, je m’en voudrais de lui avoir confié les diamants. Tu l’as entendu, comme quoi il aimerait bien les voir briller au soleil ? Qu’il se contente de les voir briller dans son imagination !

PAOLO - T’inquiète : ils brilleront jamais dans sa poche !

LUIGI - J’espère bien ! Faudrait pas qu’il oublie qu’on s’est tapé tout le boulot. Lui, il n’a que la gestion du stock !

PAOLO - Si tu veux, je peux lui bourrer des marrons dans l’buffet, ça va lui rafraîchir la mémoire !

LUIGI - Garde-les au chaud pour plus tard tes marrons. On va d’abord causer gentiment, histoire de voir ce qu’il a dans le ventre. (Il fait signe de partir.)

PAOLO, tapant sur l’épaule de Luigi - Y va s’mettre à table, même si il doit se taper une indigestion !

LUIGI - Allons-y !

PAOLO, regardant sa montre - Cinq heures. Il doit encore être au pieu !

Ils sortent.

Ouverture du rideau, montrant l’intérieur d’une maison close. Roberto prépare une valise avec fébrilité, tout en fredonnant nerveusement...

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