Rosemonde contre docteur Piotr
Youpi ! Aujourd’hui, c’est jour de divorce chez Marie-Hélène et Pol-Jean Demontargis, un couple au bord de l’asphyxie. Mais l’accident domestique qui vient de plonger Gisèle, la mère de Madame, dans un état léthargique bouleverse leur projet de séparation. Le temps que Gisèle, retrouve la santé, sa fille décide de l’héberger dans l’appartement du couple au grand dam de son mari. A partir de là, c’est un enchaînement de catastrophes qui attend la famille Demontargis : Plan machiavélique, inspecteurs de police un peu déjantés et surtout inefficaces, médecin d’origine russe aux méthodes douteuses…
Cette histoire rocambolesque va conduire les protagonistes à une fin insoupçonnée.
Comme quoi on ne connait pas toujours les personnes avec qui l’on passe la plus grande partie de sa vie.
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ROSEMONDE
CONTRE DOCTEUR PIOTR
Une comédie de SteF RusseiL
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Résumé :
Youpi ! Aujourd’hui, c’est jour de divorce chez Marie-Hélène et Pol-Jean Demontargis, un couple au bord de l’asphyxie. Mais l’accident domestique qui vient de plonger Gisèle, la mère de Madame, dans un état léthargique bouleverse leur projet de séparation. Le temps que Gisèle, retrouve la santé, sa fille décide de l’héberger dans l’appartement du couple au grand dam de son mari. A partir de là, c’est un enchaînement de catastrophes qui attend la famille Demontargis : Plan machiavélique, inspecteurs de police un peu déjantés et surtout inefficaces, médecin d'origine russe aux méthodes douteuses...
Cette histoire rocambolesque va conduire les protagonistes à une fin insoupçonnée.
Comme quoi on ne connait pas toujours les personnes avec qui l’on passe la plus grande partie de sa vie.
Personnages :
Le chien : (3 répliques en voix off)
Chien type Yorkshire représenté par une peluche. Nécessite une voix Off (ou une voix Wouaff, c’est comme vous voulez).
Marie-Hélène : Femme (200 répliques environ)
Très élégante, très posée. Fille de Gisèle, mariée à Pol-Jean.
Pol-Jean : Homme (300 répliques environ)
Epoux de Marie-Hélène. Habillé élégamment.
Gisèle de Bucy de St Liphard : Femme (62 répliques environ, dont une vingtaine possible en voix off )
Personne âgée, mère de Marie-Hélène et belle-mère de Pol-Jean. Pendant une grande partie de la pièce Gisèle est inerte, dans un fauteuil roulant, un plaid sur les genoux.
Maurice : Homme ou Femme (dans ce cas elle s’appelle Mauricette) (100 répliques environ)
Copain d’enfance de Pol-Jean, un peu gavroche. Si possible habillé en agent de sécurité pénitentiaire (pantalon de toile et blouson bleus). Sinon jogging.
Piotr : Homme ou Femme (140 répliques environ)
Très froid, tout de noir vêtu (chapeau, lunettes de soleil, gants, attaché-case ou valise). Le trait de caractère peut être renforcé par un fort accent russe.
Les rôles suivants peuvent-être joués par un même personnage.
Colombin : Homme ou Femme ( 90 répliques environ)
Inspecteur de police ayant un frère jumeau. L’un est à la brigade financière (désigné Colombin 1 dans la pièce), l’autre à la Crim’ (désigné Colombin 2).
Si masculin prénom : Ignace
Si féminin prénom : Bertille
Agent de la SPA : Homme ou femme (8 répliques)
Agent de la SPA (Service aux Personnes Agées). Peut être vêtu(e) d’une blouse blanche et d’une casquette. Le sigle SPA affiché sur la blouse et/ou la casquette.
Si Colombin et l’agent de la SPA sont interprétés par le même comédien, la scène 29 ne se jouera pas.
Décor :
Un seul décor.
Intérieur très soigné d’un appartement Versaillais. Nous sommes dans le salon. Un beau canapé trône au milieu de la pièce avec devant une table basse. Un bar ou une commode, côté cour. Quelques tableaux aux murs, bibelots sur les meubles. D’autres meubles peuvent venir agrémenter la pièce (sans pour autant la surchargée).
Au fond : au centre, une alcôve avec côté jardin la porte d’entrée (visible ou non).
Côté cour, un couloir menant vers les chambres.
Plus en avant-scène : côté jardin, une porte donnant sur la cuisine et côté cour une porte donnant sur le bureau.
Concernant le chien :
Celui-ci sera matérialisé par une peluche (style Yorkshire).
Il sera déplacé par les comédiens, entre le canapé et les genoux de Gisèle comme indiqué dans le texte ou en fonction de la mise en scène.
Le texte du chien pourra être joué en coulisses par un comédien ou être pré-enregistré et diffusé en voix off si la troupe dispose de solutions techniques.
Concernant Gisèle :
Pendant l’acte 1 et une partie de l’acte 2 Gisèle est inerte dans son fauteuil.
Les répliques sont l’expression de ses pensées (noté « Pensées » à chaque début de répliques). Ces répliques peuvent être déclamées par la comédienne sur scène, mais son jeu ne devra pas porter à confusion (pas d’expression physique hormis le mouvement des lèvres).
Si la troupe dispose de solutions techniques, ces répliques pourront aussi être préenregistrées et diffusées en voix off.
Je tiens à disposition des troupes les voix off du chien et de Gisèle, ainsi que les différents bruitages (thermomètre, répondeur…)
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Scène 0 - Prologue : Le chien de Gisèle expose la situation (Chien)
(Le rideau s’ouvre – Noir sur scène)
Le chien : Eh oh ! (La poursuite balaye la salle et la scène. Si pas de poursuite, un projecteur fixe pointe sur le chien et s’allumera progressivement). Je suis là… oui là… encore, un peu encore un tout petit peu… voilà (La poursuite se fixe sur un chien, posé sur le canapé qui trône au milieu de la pièce. Si projecteur fixe celui-ci s’allume alors en plein feu). Bonjour… euh… je vous réveille ? Non ? Alors BON-JOUR !
Je comprends que vous soyez surpris. Mais oui, c’est bien moi qui vous parle. Etonnant pour un chien, non ? Enfin… disons plutôt un chienchien à sa mémère, car je suis le plus fidèle compagnon de Madame Gisèle de Bucy-Saint-Liphard, ma richissime maitresse. L’histoire qui va suivre c’est moi qui vais vous la conter, et croyez-moi : c’est une histoire de fou ! (Petite musique d’accompagnement et d’un ton tristounet) il y a 3 jours, ma maîtresse a été victime d’un grave accident domestique. Elle a dévalé les 24 marches de l’escalier en pierre de son château. Ma maîtresse a été transportée aux urgences mais malheureusement le diagnostic est sans appel : Tétraplégie, pertes de conscience et de la parole. (Larmoyant) à 70 ans passés « Ma Gigi », comme j’aime à l’appeler affectueusement, va finir sa vie dans un fauteuil roulant, sans plus jamais me susurrer de mots tendres à l’oreille, sans plus jamais caresser mon poil soyeux, sans plus jamais me gratouiller le ventre. C’est comme si je n’existais plus pour elle. Moi, son meilleur et plus fidèle ami. En attendant des jours meilleurs Marie-Hélène sa fille, et Pol-Jean son gendre, ont décidé d’un commun accord de nous accueillir chez eux, à Versailles, dans un joli appartement.... Un vrai petit havre de paix !!!
(Plein feu sur scène).
ACTE 1
Scène 1 : MH & PJ se chamaillent au sujet de la venue de Gisèle dans leur appartement. (MH/PJ)
Pol-Jean : (Sort porte bureau. En colère) Non, non, non et NON !!! Tu me fais chier avec ta mère. (Il referme la porte).
Marie-Hélène : (Sort porte cuisine et lance le mug qu’elle tenait à la main. Celui-ci vient se fracasser contre la porte bureau) Pauvre type.
Pol-Jean : (Ouvre la porte chambre) Qu’est-ce que… (Voyant le mug à terre) Ça ne va pas la tête non !!! Si je n’avais pas fermé la porte à temps, je me le prenais en pleine figure... (Fort) tu aurais pu me tuer ! (Il ramasse le mug).
Marie-Hélène : (Ouvrant la porte, narquoise) Et alors ? Qui te dit que ce n’est pas ce que je cherchais à faire ! Après tout ce n’est peut-être pas l’envie qui me manque.
Pol-Jean. : Mais... Mais tu es complètement folle.
Marie-Hélène : Non. Excédée c’est tout ! (Narquoise) De toute façon personne ne saura que c’est moi.
Pol-Jean : Pfff ! N’importe quoi ! Il n’y a que toi et moi ici. Moi mort, toi vivante, Il ne faudra pas longtemps à la police pour retrouver LA coupable.
Marie-Hélène : Oui, mais j’ai un alibi, MOI, Monsieur.
Pol-Jean : Ah oui ? Et c’est quoi cet « alibi » ?
Marie-Hélène : Toi mort, personne d’autre ne m’aura jamais vu mettre les pieds dans cette cuisine, pas même la bonne. Et encore moins en ressortir avec l’arme du crime. Pas de témoin, pas de preuve, pas de coupable !
Pol-Jean. : (A l’évidence) Pas faux… Mais n’empêche que tu aurais pu me faire très mal.
Marie-Hélène : Oh ! Chochotte ! Sous prétexte que Monsieur se fait assassiner il faudrait que Monsieur ne souffre pas ? (Eternue) A-A-ATCHOUM … (Aboiements du chien puis mielleuse, au chien posé sur le canapé) Oh oui ma pou-pouille... ATCHOUM. Il va falloir faire quelque chose. Je ne vais pas pouvoir supporter ce chien plus longtemps.
Pol-Jean : Tu n’as qu’à commencer par prendre tes cachets contre les allergies.
Marie-Hélène : (Prend un cachet dans le tiroir de la commode) Quant à toi cher Pol-Jean, je te le dis et te le redis, maman viendra s’installer ici, le temps qu’elle reprenne ses esprits. Après tout elle est ENCORE chez elle ici aussi. Cela nous laissera le temps de trouver un établissement digne de ce nom pour sa convalescence.
Pol-Jean : De toute façon Chiselle est géselle… Zégelle est sigelle. Et mer-de…. Gi-sèle est chez elle partout !!! Et puis ce n’est pas ce qui était convenu. Je te rappelle que tu devais aller t’installer, avec elle, dans l’appartement de Nice ! Et moi récupérer l’appartement comme c’était prévu contractuellement.
Marie-Hélène : Ce n’est plus d’actualité !
Pol-Jean : Arcachon alors ?
Marie-Hélène : (Excédée) Arrête s’il te plait avec tes solutions qui n’en sont pas ! De toute façon que ce soit pour aller sur la Côte d’Azur ou la façade Atlantique, maman n’est pas en état de faire autant de kilomètres. Pas pour le moment du moins. (Elle sort porte cuisine).
Pol-Jean : (Au public) Ah bien ça, c’est sûr qu’elle n’est pas en état. (Mimant quelqu’un de prostré) Elle a peur qu’elle bave sur les sièges en cuir de ta Mini ?
Marie-Hélène : (Off) J’ai très bien entendu. (Sort porte cuisine) Tu es odieux ! Au lieu de faire tes sales réflexions, tu ferais mieux d’appeler ton avocat. J’en fais de même.
Scène 2 : MH & PJ appellent leur avocat pour décommander le divorce (MH/PJ)
Pol-Jean : (Compose un numéro sur son portable) Monsieur de Montargis à l’appareil… passez-moi Maître Bazoches Les Gallerandes s’il vous plaît…
(Pendant ce temps, MH traverse la scène et sort porte bureau).
Pol-Jean : Bonjour Maître. Eh bien voilà, il y a un os (aboiements du chien puis s’adressant à lui) Oh tais-toi, toi… excusez-moi, je parle à cette chienne. Ma femme et… Hein ? Mais non, je ne dis pas que me femme est une chienne, je parle de la chienne de Jolie Maman, elle devient folle dès que… Mais non, pas Jolie Maman, la chienne. Elle devient folle dès qu’on parle d’os (aboiements du chien). OH ! LA FERME SALE BETE ! Allô… Allô… Maître ?
(La scène suivante se passe en alternance entre PJ et MH comme s’il s’agissait d’une seule et même conversation).
Marie-Hélène : (Entre porte chambre sur la fin de la réplique de PJ, un téléphone à la main) Non, ce n’est rien, c’est Pol-Jean qui aboie. Il a une humeur de chien depuis quelques temps. A-A-A-ATCHOUM. Et en plus je suis allergique aux poils… Non, du chien pas ceux de mon mari (Elle rit bêtement).
Pol-Jean : (Pensant que son interlocuteur avait raccroché) Il a cru que je m’adressais à lui cet abruti ou quoi ? (Surpris) Allô ??? Ah vous étiez là ?... Hein ?... Ah non, non je parlais au chien… Ou à la chienne, je n’ai jamais su abruti... de chien, va !...
Marie-Hélène : …Cher Maître je vous appelle pour vous prévenir que mon mari et moi nous ne divorçons plus.... Du moins pas aujourd’hui…
Pol-Jean : ...Non, juste le temps de régler quelques...