Pascal a la grosse tête

Pascal est fier. Il vient d’apprendre qu’il est choisi pour être la “vedette” d’un film. En effet, une firme cinématographique ayant organisé un concours, de nombreux lots sont à gagner. Mais quelle surprise ! le premier prix ! Il y a de quoi être fière, non ? Le premier ! Jamais à l’école Pascal n’a pu atteindre cette place ! Il se voit déjà… Vedette ! Il va pouvoir enfin épater les copains, car ce n’est pas tout le monde qui est pressenti pour être le premier acteur du film. Mais voilà, coup de théâtre ! Ce sera une bien courte carrière ! C’est à l’annonce de cette nouvelle que se situe cette petite comédie qui saura mettre en valeur les qualités des acteurs.

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Au lever du rideau, Pascal est sagement assis derrière la table, stylo en main ; devant lui, un cahier ouvert. Son père sur le banc ou dans une chaise longue, somnolant.

Pascal (comptant) - Dix plus cinq égal quinze… Quinze et trois ? … (Il réfléchit et compte sur ses doigts.) Seize, dix-sept, dix-huit, égal dix-huit, et je retiens : un… un et sept égal huit… huit et neuf ? … Mais huit et neuf, ça doit bien pourtant faire quelque chose !… Allons-y !… huit… neuf, dix, onze, douze…

Le Père (se réveillant) - Vingt-trois !… Il y a au moins vingt-trois au soleil aujourd’hui !

Pascal - … Treize…

Le Père - Non vingt-trois, mon petit !

Pascal - Je préfère treize papa, autrement mon addition est fausse…

Le Père - Oh, pardon ! Moi je parlais du temps. Mais, vas-y termine.

Pascal - Treize, quatorze, quinze, seize… Alors, dix-sept… Huit et neuf, ça fait dix-sept, et je retiens…

Le Père (rapide) - Deux mots seulement…

Pascal (enchaînant) - … Et je retiens deux mots seulement… non, trois… non, un… Ah, je ne sais plus ce que je retiens ! (Il pose son stylo avec un mouvement de colère.)

Le Père - C’est moi qui te fais tromper, je suis désolé !

Pascal - Non, c’est moi qui sais pas compter. Le grand-père à Nicolas m’a dit que je valais pas un clou en calcul !

Le Père - Et tu es pourtant le fils d’un comptable !…

Pascal - T’as pas d’pot, papa !

Le Père - … Je sais que tu fais ce que tu peux, et nous sommes contents…

Pascal (coupant la parole) - … Alors, je suis content… que vous soyez contents. (Sans transition.) Pas de lettre pour moi, aujourd’hui, papa ?

Le Père (surpris) - De lettre pour toi ?… Non, pas encore… Tu attends du courrier ?

Pascal - Oui, un peu…

Le Père - Déjà des secrets pour ton père ?

Pascal - Non, je te dirai…

Le Père (plaisantant ironiquement) - Tu es sur une affaire ?

Pascal (sans transition) - Huit et huit, seize.

Le Père (surpris) - Quoi ?

Pascal - Je dis huit et huit, seize. C’est pas ça ?

Le Père - Si, si. Mais tu as une façon de sauter d’un sujet à l’autre qui m’étonnera toujours !

(Entrée de Mme Bertin.)

La...

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