Nanard, le roi du pinard

Qu’une grosse fortune vous soit promise, O.K. ! Cest merveilleux ! Mais qu’il faille respecter une certaine clause pour avoir cet argent, cest très embêtant ! Surtout lorsque la seule solution qui s’offre à vous est complètement loufoque et à se tordre de rire ! De quoi en perdre son latin ou son argent. France, jeune femme bien sous tous rapports, se voit contrainte de promettre à notre clochard, Nanard, une tonne de pinard, ce pittoresque personnage étant la seule solution d’urgence envoyée par le hasard. Mais ce hasard aime aussi compliquer les choses à souhait. Il va donc envoyer dans les rouages Mimile et Nénette, deux acolytes de Nanard bien décidés à y mettre leur nez et qui valent le détour ! Cette ménagerie en déplacement va-t-elle tout faire rater ? Ou bien le destin va-t-il tout arranger ? En tout cas, il ny a pas là de quoi pleurer ! A moins que ce ne soit de rire et passer une excellente soirée !

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France, installée dans le salon, ouvre le courrier. Elle lit une lettre et se lamente.

France (lisant) - « Chère France… Lorsque tu liras cette lettre, je serai en route pour Paris afin de te rendre visite. En effet, étant ma seule descendante, ma fortune te reviendra, à la seule condition que tu sois mariée. » (S’exclamant.) Quoi ?! Mais c’est fou ! Et c’est sur moi que ça tombe ! « Aussi, avant de formuler cette clause sur mon testament, je tiens à constater moi-même que c’est bien le cas. » Il ne manquait plus que ça !… « Mon vœux le plus cher étant que la lignée familiale ne s’éteigne pas. » Ben voyons ! « Dans le cas contraire, toute ma fortune, qui n’est pas des moindres, ira à une institution. Je te souhaite bonne réception et t’embrasse affectueusement. Tonton Charles. » Eh bien, je suis mal partie ! Vraiment très mal partie pour être riche ! « P.-S. : J’arrive le 27 de ce mois par l’avion de midi quarante-cinq et serai donc chez toi vers quatorze heures. » Le 27 ? Mais… c’est aujourd’hui ! Et je suis célibataire !… Je suis ruinée !… Mais pourquoi cela n’arrive qu’à moi ? Pourquoi ? Il ne doit y avoir qu’un seul oncle sur terre avec de pareilles idées et c’est pour ma pomme ! Il y a de quoi déprimer ! D’ailleurs, je crois que bien réfléchi, je vais m’évanouir tout de suite pour tout oublier !

Elle prépare confortablement le canapé pour s’évanouir. À ce moment-là, on frappe à la porte. Odette entre.

Odette - Alors ? On ne répond plus aux copines ?

France - Salut Odette !

Odette - Ben, t’en fais une tête, ma vieille !

France - Y’a vraiment de quoi, je t’assure !

Odette (intriguée) - Ah bon ?

France - Il m’arrive une histoire à dormir debout ! C’est incroyable ! C’est à s’en trouver mal !… D’ailleurs, quand tu es arrivée, j’allais justement m’évanouir et c’est ce que je vais faire sur-le-champ ! Ah !!!

France va pour s’évanouir mais Odette intervient.

Odette - Ho ! ho ! ho !… Tu racontes d’abord !

France - Je ne sais pas si je vais pouvoir !

Odette - Mais si, mais si ! Allez, je t’écoute !

France - Bon, je vais essayer !… Tu sais, mon oncle Charles…

Odette - Le tonton d’Amérique ?

France (paniquée) - Il arrive !

Odette (étonnée) - Non !!!

France (toujours paniquée) - Si !!!

Odette - Et c’est ça qui te met dans cet état ? Ça doit être grave, alors !

France (idem) - Tu ne crois pas si bien dire ! Figure-toi qu’il me laisse toute sa fortune !

Odette - C’est plutôt une bonne nouvelle, ça !

France - Oh oui !… Mais…

Odette - Ah ! il y a un « mais » !

France (effondrée) - Mais à la seule condition : que je sois mariée ! T’imagines ?

Odette (effondrée à son tour) - J’imagine, ma pauvre ! J’imagine que tu pourrais être riche et mariée mais… que tu es pauvre et célibataire !

France - La totale, quoi !

Odette - Ah ! il t’a bien arrangée le tonton !

France - Je dirais plutôt qu’il m’a achevée, oui !

Odette - Eh bien, ma vieille, t’es dans une… (Épelant.)… m, e, r, d, e, pas possible !

France - J’te l’fais pas dire !

Odette - Ça c’est la grosse tuile !

France - Je dirais même le toit tout entier !

Odette - T’es ruinée, mémère !

France - Ruinée avant même d’être riche !

Odette - Ça, c’est l’angoisse !

France - Mais pourquoi ne me suis-je pas mariée ? C’est pas faute de temps, tout de même!

Odette - Non, c’est faute de prétendants!

France - Alors ça, tu vois, c’est mesquin !

Odette - Mesquin ou pas, il faut te faire à cette idée : t’es fauchée !

France - Et le pire, c’est que je le resterai !

On sonne. Odette va ouvrir. Arrive Nanard.

Nanard - M’dames !

Odette - Faux ! « Mesdemoiselles » !… Sans ça, elle… elle serait riche!

France - Hélas, cher monsieur, je suis pauvre et célibataire pour clore le bouquet ! Pas de mari et du coup pas un radis!

Nanard - C’est bien ma veine, ça ! Je sonne demander quéque menue monnaie et j’tombe chez une fauchée ! Y’a vraiment d’quoi déprimer !

Odette et France - On vous l’fait pas dire ! (Soupirs.)

Nanard - Quoi qu’ça veut dire...

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