Ma meuf à moi…

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Il est vraiment trop bon, ce pauvre Antoine ! Et con et bête ! Monette, sa compagne, une véritable furie, abuse de la situation. Les disputes homériques du couple qui troublent le voisinage dégénèrent souvent, tournant presque à la guerre de tranchées. Roger, le copain fanfaron et macho, prodigue de précieux conseils à Antoine mais l’on réalise vite que sa méthode s’avère d’une efficacité pour le moins relative. M. Pottier, un voisin compatissant, et sa fille, la très délurée Charlotte, conseillent pour leur part un stratégème original destiné à amener le calme dans la maisons. La mise en scène prévue, “hypergéniale” selon Charlotte, devrait adoucir le comportement agressif de “la meuf”. Devrait ! Mais tout ne se déroule pas comme prévu ! L’arrivée de Jeannine, la soeur d’Antoine, porteuse d’une belle surprise, va heureusement dénouer pour le plus grand plaisir du public qui aura bien ri.

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Avant l’ouverture du rideau, échos d’une violente dispute et bruits de vaisselle cassée. À vrai dire, on entend surtout les cris de Monette, apparemment dans une rage folle. Quand le rideau s’ouvre, la scène est un vrai champ de bataille : chaises renversées, tableaux de travers, balai cassé, etc. Le buffet est ouvert. Monette y prend assiettes, plats, saucière… qu’elle lance avec violence sur Antoine, lequel tente de se protéger avec un couvercle en guise de bouclier. Il a un gros hématome sous l’œil droit et l’avant-bras gauche légèrement blessé. Des débris de vaisselle jonchent le sol.

Monette - Tiens ! Attrape ça, pauvre type !

Monette lance une assiette sur Antoine. Il se préserve comme il peut.

Antoine - Mais, enfin, arrête !

Monette - Tiens ! Enfoiré ! (Autre assiette. Même jeu.)

Antoine - Ho ! Mais ça va pas ?… T’es malade !… Arrête !… Non ! Pas celle-là ! Elle est en porcelaine de Sèvres !

Monette - De chèvre ou de mouton, rien à foutre ! (Elle lance l’assiette.) Tu m’énerves ! Tu m’énerves !

Antoine (ironique) - Ah bon ? Tiens, j’aurais pas cru ! Non, enfin, Monette, arrête ce cirque !

Monette - Si je veux ! (Elle lance la saucière qu’Antoine ne peut complètement éviter.)

Antoine - Oh là là ! Les voisins vont bien se demander…

Monette - Les voisins, je m’en fous ! Tiens, prends celle-là ! (Elle lance une autre assiette.)

Antoine - Déconne pas ! C’est le seul service qui nous reste. Dans quoi on va…

Monette - Zut ! J’en ai marre ! Marre, t’entends, d’un incapable comme toi, d’un mollasson ! Fainéant ! Bon à rien ! Mal foutu !…

Antoine - Oh ! ben… Mal foutu… Je…

Monette - Parfaitement. Ah ! tu peux te vanter de me faire passer une belle existence !

Antoine - Mais, ma petite Monette…

Monette - La petite Monette, elle en a sa claque ! T’as compris ? Ras-le-bol !

On entend des coups venant du plafond.

Voix (venant de l’étage au-dessus) - Vous n’avez pas fini votre numéro de duettistes ?

Monette (criant) - Ta gueule !

Voix - Allez vous disputer dehors, bon sang ! Ça vous promènera.

Antoine - Tu vois ?

Monette (toujours en furie) - Tu vois quoi ? (À l’intention du plafond.) On est chez nous ! On fait ce qu’on veut ! Et si ça ne vous va pas, allez vous faire cuire un œuf !

Voix - Vous êtes complètement hystériques, cette fois !

Antoine - Ça…

Monette - Astérix ? (Toujours pour le plafond.) Regardez-vous de ce qui vous mêle !

Antoine (petite voix timide) - Non… L’inverse…

Monette - Quoi ? L’averse ? M’en fous qu’il pleuve !

Antoine - Non, je dis…

Monette - Et moi je dis que tu n’as rien à dire ! Rien ! De toute façon, hein, je ne suis pas mariée avec toi. Alors…

Antoine - D’accord, mais…

Monette - Alors je me tire. T’entends ? Je fous le camp !

Antoine - Tant mieux. J’osais pas te le demander.

Monette - Ah ! t’es content, hein ? Tu veux me foutre dehors, hein ? T’attendais que ça !

Antoine - Mais c’est toi qui…

Monette - Tais-toi ! Ça ne te dérange pas, toi, sale égoïste, de jeter à la rue une faible femme !

Antoine - Oh ! faible femme…

Monette - Je m’en irai si je veux ! Je n’ai pas de comptes à te rendre ! (Elle casse un bol.) T’as entendu ?

Antoine - Oui, oui !… Et le voisin aussi.

Monette - Et arrête ce sourire idiot.

Antoine - Mais je ne souris pas !

Monette (montrant les débris de vaisselle) - Range-moi tout ça, espèce d’abruti. Remue-toi. (Antoine s’exécute mollement et soupire.) Et tais-toi !

Antoine -

Monette - Silence ! (Un temps.) Ah ! tu ne trouves rien à dire ?

Antoine - Du moment que tu m’ordonnes de me taire…

Monette - Non ! T’as rien à dire, évidemment !… Qu’est-ce que tu pourrais dire, de toute façon ?

Antoine - Écoute…

Monette - Ça suffit ! T’es bien avancé, maintenant, de m’avoir mise dans un état pareil. T’es content de toi ? (Elle prend son manteau.) C’est pas possible, ça ! Il va finir par me mettre en colère, cet enfoiré !

Monette sort en claquant la porte. Un temps…

Antoine (après avoir vérifié que Monette est bien partie) - Hou là là ! Ça fait du bien quand ça s’arrête. (Il se tient les reins, se masse le bras gauche et se touche la pommette avec précautions.) Elle m’a pas loupé, avec la saucière, la garce ! (Il va se regarder dans la glace.) Eh bien ! Pour un peu, c’est l’œil qui prenait. Bon ! Cinq minutes de pause. Où je vais m’asseoir, maintenant ? Elle a tout bousillé. (Il s’assoit sur une chaise qui s’effondre) Pardi ! Fallait s’y attendre. Ah là là ! Quelle vie ! Enfin,...

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