Callas-Machine
16 septembre 1977. Minuit. Une femme, C., affirme être Maria Callas.
Elle revit la biographie de la « divine » dont les médias viennent d’annoncer la mort :
l’enfance new-yorkaise, le retour en Grèce, l’Italie, le triomphe, le déclin, les blessures
d’amour infligées par sa mère et Aristote Onassis.
Maria Callas. Réelle – Mythique : impossible de tracer une frontière entre sa réalité et sa
fiction, entre la grande révolutionnaire du belcanto et l’icône médiatique. Est-il possible
de la raconter ? Qui était cette apatride, cette déesse qui, comme le disait elle- même,
ne faisait que ce qu’elle pouvait ? Maria Callas est pour moi une figure qui met à nu le
tissage inextricable entre l’intime, l’art et le monde ; elle nous renvoie à la vanité de la
biographie, à l’impossibilité de l’identité.
Callas-Machine est une partition pour une actrice construite comme un puzzle de toutes
les voix qui constituent le personnage de C., une bande magnétique sur laquelle elle
cherche à inscrire une ligne mélodique – qui pourrait être une biographie – sans jamais y
parvenir. En essayant de se construire en tant que personne, C. donne vie à une sorte de
carnaval intime, prolifération de discours et de performances.
Tout est documenté dans ce spectacle, mais tout n’est pas vrai. Plusieurs passages sont des
citations, mais il est difficile de savoir si l’on peut s’y fier.