Mathieu
Un dimanche matin ordinaire dans un salon bourgeois. Gabriel, 45 ans, marié, père d’une fille de 18 ans, a reçu il y a quinze jours un mail qu’il refuse de lire vraiment. Il y a une semaine, il l’a mis à la corbeille. Ce matin, sa femme et sa fille l’en ont sorti.
L’expéditeur s’appelle Mathieu. Il a 35 ans. Il y a vingt ans, pendant un été, il avait 15 ans et il venait se baigner dans la piscine de Gabriel. Ils n’ont pas été amants — pas dans le sens où on l’entend habituellement. Mais quelque chose s’est passé sous le tilleul, quelque chose que Gabriel a rangé depuis dans une petite case, soigneusement fermée.
Ce dimanche, Mathieu sonne à la porte. Il n’attendait pas de réponse au mail. Il voulait ses propres réponses. Et peut-être aussi — il ne le dit qu’à demi-mot — ne plus être seul à porter ce souvenir.
En moins d’une heure, la famille Castel va devoir regarder en face ce que vingt ans de silence avaient recouvert. Gabriel, ses contradictions. Jacqueline, son vertige — était-elle une bouée de sauvetage ou un vrai amour ? Manon, l’effondrement d’un père qu’elle admirait sans réserve.
La pièce dure quarante minutes. Elle se termine sur la mort du chien.