La Liberté / Delacroix

 

La scène se déroule dans une grande salle du musée du Louvre. Une jeune femme est assise sur la banquette face au tableau de Delacroix « La Liberté guidant le peuple ». Elle l’observe. Un homme s’approche d’elle.

 

 

 

         L’homme : Je peux m’asseoir à coté de vous ?

La jeune femme : Oui, bien sûr.

L’homme : Je demande toujours, pour ne pas importuner.

La jeune femme : Le musée est ouvert à tout le monde et les sièges ne sont pas réservés. Je vous en prie. (elle désigne la place à coté d’elle)

     L’homme : Merci (il s’assoie et se met à observer le tableau)

L’homme : Quelque chose m’intrigue.

La jeune femme : Dites moi.

L’homme : Dans ce tableau, cet homme mort, allongé en bas à gauche. (il montre la partie concernée du tableau avec son doigt)

La jeune femme : Oui et alors ?

L’homme : Il n’a qu’une seule chaussette. Au pied droit.

La jeune femme : (étonnée) Oui et alors, en quoi cela est il intrigant ?

L’homme : Il n’a non plus, ni pantalon ni caleçon (il insiste nerveusement avec son doigt)

La jeune femme : C’est une scène de combat, un champ de bataille, ça ne vous a pas échappé, quand même !

L’homme : Justement, comment au cœur d’un combat de rue, au milieu des barricades, peut on perdre pantalon, caleçon et chaussette ?

La jeune femme : (un peu énervée) Mais l’intérêt de cette peinture est ailleurs. Nous sommes face à un chef d’œuvre. Le triomphe de la République, de la Liberté. Et vous, vous me parlez de fringues !

L’homme : Cet homme s’est battu et a succombé d’un coup sans doute fatal à son flanc droit. La tache de sang qui souille sa chemise en atteste.

La jeune femme : Au fait, sa chemise. … il l’a toujours ! Cela doit vous rassurer. (Un peu moqueuse, elle sourit)

L’homme : On n’imagine pas qu’il ait pu combattre nu, quand même. Donc.

La jeune femme : Donc ?

L’homme : Donc on lui a retiré ses vêtements après sa mort. Comment et Qui ? Voilà les questions qui me taraudent.

La jeune femme : Si je comprends bien, vous observez ce chef d’œuvre unique, comme une scène de crime. Les détails. Ce sont les détails qui retiennent toute votre attention. Très bien, vous avez là une mort suspecte.

L’homme : Suspecte oui mais surtout incompréhensible. Qui a bien pu subtiliser les habits de la victime ?

La jeune femme : (totalement déconcertée) Vous plaisantez ? Rassurez moi.

L’homme : Et cela sans être vu. Il y a pourtant beaucoup de témoins. (Il montre à nouveau le tableau) Cela va en faire des convocations à envoyer et de longs interrogatoires à mener.

La jeune femme : (mal à l’aise mais en semblant plaisanter) Je serais vous, j’innocenterais le soldat mort en bas au centre. C’est une autre victime, il lui manque sa chaussure droite.

L’homme : Bonne observation, vous feriez une excellente enquêtrice. (La femme paraît consternée)

Silence, l’homme et la jeune femme regardent le tableau

L’homme : Et l’homme au chapeau haut de forme ?

La jeune femme : Oui, quoi encore ?

L’homme : C’est pas intriguant peut être ? C’est plus que SUSPECT. Un haut de forme sur la tête avec un fusil dans la main. Ca ne colle pas.

La jeune femme : (Nerveuse) On arrête, vous me faites un peu peur. Je dois vous avouer que quand vous vous êtes assis à coté de moi, je n’imaginais pas un seul instant que nous aurions ce genre de conversation.

L’homme : Vous voulez voir ma carte ?

La jeune femme : De quelle carte, parlez vous ?

L’homme : De police

La jeune femme : (très surprise) De police ? Vous êtes policier ? Un vrai ?

L’homme : (avec fierté) Je suis inspecteur divisionnaire à la BCA. Oui mademoiselle, depuis bientôt 8 ans.

La jeune femme : A la BCA ? Jamais entendu parler.

L’homme : Normal, on travaille dans l’ombre. Dans l’ombre des musées. La Brigade des Crimes Artistiques BCA.

La jeune femme : Mais que recherchez vous ? à la BCA.

L’homme : La vérité, comme tout policier qui se respecte. Dans les œuvres d’art : tableaux, sculptures, livres. Combien de crimes ont pu être commis sous les mains d ‘illustres peintres, écrivains ou sculpteurs ? Crimes souvent restés impunis. Et bien notre mission est de les élucider et de punir les coupables Et c’est pour ça, que je suis là à coté de vous face à ce tableau du maitre Delacroix .Poster des heures devant un tableau, c’est, pour moi, comme une longue planque.

La jeune femme : Vous me faites marcher. Vous êtes un très bon comédien. Bravo Inspecteur. (Elle sourit mais est toujours mal à l’aise)

L’homme : Vous ne me croyez pas ? Je le sens. Et si je vous dis que le mois dernier, j’ai réussi à élucider l’affaire dite Saint Sébastien. La fameuse victime transpercée par une douzaine de flèches.

La jeune femme : (très mal à l’aise) Je ne vous crois pas. Arrêtez cette farce.

L’homme : Après avoir mis en examen, un certain de Vinci un élucubré touche à tout, et au terme de 8 heures d’interrogatoire, j’ai obtenu enfin ses aveux. Les flèches ont été décochées par des complices invisibles sur le tableau car recouverts par des arbres rajoutés par le suspect. Meurtre avec préméditation ET dissimulation de preuves Vous voyez, patience et circonspection sont mes 2 atouts pour réussir.

La jeune femme : Et de Vinci, il est où maintenant ?

L’homme : Condamné à perpétuité et écroué dans une prison dont je tairai le triste nom. Aux cotés des dénommés Baudelaire, Balzac, Monet et Picasso. Entre autres !

La jeune femme : Balzac un assassin ?

L’homme : Balzac, non, non pas un meurtrier. Ecoutez, j’en ai fait des filatures pour le démasquer : par exemple plus de 3 semaines sur les pas du Père Goriot., nuit et jour. Balzac l’a laissé mourir pauvre et seul, abandonné par ses 2 filles. Quelle tristesse ! Pour cela, Honoré a été condamné pour homicide involontaire ET non assistance à personne en danger. (La jeune femme est totalement déconcertée)

La jeune femme : Mais c’est terrible.

L’homme : Qu’y a t il de si terrible ?

La jeune femme : (presqu’en colère) Mes illusions s’effondrent. Un artiste vit dans son monde et nous y fait entrer. Mais on ne peut pas, par intrusion et acharnement, violer son territoire. Les tableaux, les sculptures, les livres sont des sanctuaires.

L’homme : (sentencieux) Nous y voilà. L’impunité de l’artiste avec un grand A.

La jeune femme : Il y a l’artiste et ceux et celles auxquels il donne vie sous sa plume, son pinceau ou son burin. On ne peut les confondre. Vous êtes sur une fausse piste, monsieur l’inspecteur divisionnaire.

L’homme : J’admire votre candeur et votre innocence.

La jeune femme : (inquiète) Vous n’enquêtez, quand même pas, sur Bernard Henry Levy.

L’homme : Pourquoi ? Les philosophes sont au dessus des lois ?

La jeune femme : Non, bien sûr mais ….

L’homme : Je ne comprends pas !

La jeune femme : (en rougissant) Il est si séduisant, un chevalier, un conquérant, un héros des temps modernes…

L’homme : Ca y est, vous aussi, vous vous pâmez devant sa crinière noire et sa tunique blanche toujours immaculée.

La jeune femme : (comme sur un nuage) BHL, 3 lettres magiques. Un vrai artiste.

L’homme : On est sur l’affaire. Et elle avance bien.

La jeune femme : (à nouveau très inquiète) Vous êtes sur l’affaire ? Quelle affaire ?

L’homme : Regardez le tableau de Delacroix. Et observez attentivement notre homme sans caleçon.

La jeune femme : Oui et alors ?

L’homme : Vous ne le reconnaissez pas ?

La jeune femme : (elle s’approche de la toile et balbutie) BHL, BHL ce n’est pas possible

L’homme : (avec une forme de satisfaction) Et si, et si et il risque très gros pour attentat à la pudeur dans un lieu public. Cette œuvre est vue par des milliers de personnes chaque jour. Montrer ses fesses …non mais. Et sous le regard de la Liberté conquérante, en plus. Du grand BHL. Y’a plus aucun respect.

La jeune femme : Je suis atterrée. Je ne sais quoi dire.

L’homme : Bien, il faut que je vous laisse. On m’attend devant la Vénus de Milo, une sale affaire de double amputation.

L’homme se lève et s’éloigne. Puis revient sur ses pas.

L’homme : (avec malice) Au fait, le pantalon, le caleçon et l’autre chaussette, on les a retrouvés chez lui, lors d’une perquisition. Affaire classée donc.

Il s’éloigne à nouveau. La jeune femme le suit des yeux un instant et se replonge ensuite dans l’observation du tableau.

 

FIN

 

 

 

        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Penseur / Rodin

 

Une mère et sa fille, dans les jardins du musée Rodin, sont en conversation devant la statue « Le Penseur ».

 

 

 

La fille : Bon, on rentre ? Il va pleuvoir, je le sens. J’ai la peau qui se contracte.

La mère : Tu n’aimes pas nos sorties mère-fille. Tu te forces. Avoue le.

La fille : Non, pourquoi dis tu cela ? C’est ….sympa (elle le dit sans conviction)

La mère : Ca sonne faux, ce « c’est sympa ». On entend «  Qu’est ce que je m’ennuie ». D’ailleurs si ta peau se contracte, c’est pour ça, pas pour la pluie.

 

 

La fille : Non, non ma peau est un baromètre : quand elle se contracte, c’est la pluie et quand elle se dilate, c’est le soleil.

La mère : (ironique) et tu as un autre baromètre !

La fille : Ah bon. Lequel ?

La mère : Ton visage ? Il me fait la gueule depuis qu’on est sorti du Bon Marché.

La fille : C’est vrai que je préfère les rayons lingerie et le corner de Ladurée à tes statues immobiles et tristes.

La mère : (les yeux en l’air) Et elle me décoche sa flèche empoisonnée sous le regard du Penseur. Bravo et Merci (en colère).

La fille : Je ne voulais pas te faire de peine (elle lui prend le bras et l’embrasse) mais on rend visite à ton Penseur, presque chaque mois.

La mère : D’abord, ce n’est pas MON Penseur mais le Penseur de Rodin. Du grand, de l’immense Rodin. Un chef d’œuvre universel qui nous appartient à tous. Donc, c’est aussi TON Penseur. Et ensuite (sa fille veut la couper)

La fille : Mais .. (la mère reprend la parole)

La mère : Ensuite, il me rappelle ton père.

Silence, la mère regarde sa fille qui regarde le ciel en lui tournant légèrement le dos

La mère : (comme plongée dans les souvenirs) Il ne faisait pas que penser mais il pensait beaucoup et souvent. La main sous le menton.

La fille : Et tout nu.

La mère : Enfin, tu ne respectes rien. Rodin et ton père maintenant.

La fille : Je voulais juste souligner que le fait de penser, même avec la main sous le menton, me paraît insuffisant pour parler de ressemblance. Alors que s’il avait pensé tout nu !

La mère : Et tu insistes. Ton père tout nu, en train de penser. Tu dis vraiment, n’importe quoi !

La fille : Rodin s’est posé moins de question. L’homme qui est là, sur la stèle, n’est pas en costume-cravate. Et il pense. D’ailleurs en costume-cravate, ce serait ridicule, non ?

 

 

La mère : mais c’est de l’art avec un grand A .La nudité ça sublime. Cet homme est un homme-cerveau. Quoi de plus beau ? Penser lui suffit.

La fille : donc Papa, en costume-cravate, en train de penser, ce n’était ni sublime, ni artistique. C’est bien ce que je pensais.

La mère : mais c’était ton père, mon mari, mon âme sœur .Je guette tous les moments qui peuvent le faire renaitre même un court instant. Et, c’est vrai, il pensait vraiment beaucoup. (elle pleurniche)

La fille : Je ne voudrais pas enfoncer le clou, ma petite maman, mais la ressemblance avec Papa, en plus, s’arrête vraiment à la main sous le menton.

La mère : Que veux tu dire ?

La fille : le Penseur de Rodin est un athlète. Tu as vu cette musculature : les bras, les jambes, les plaquettes de chocolat.

La mère : Et alors, ton père a gagné plusieurs fois le tournoi d’échecs de son lycée.

La fille : (en levant le doigt) Maman …

La mère : Oui, je sais ce n’était pas un grand sportif

La fille : Pas un sportif du tout, tu veux dire.

La mère : C’était un intellectuel.

La fille : Un penseur.

La mère : (en s’approchant de sa fille, tendrement) Tu me taquines.

La fille : Il me manque à moi aussi. Je ne te l’ai jamais dit mais quand Papa « pensait », parfois je venais près de lui et il me prenait sur ses genoux, sans ouvrir les yeux et il continuait à penser. Et je me disais qu’il pensait à moi, à nous. C’était si bon de sentir ses longs bras m’enlacer. On restait longtemps ainsi.

La mère : Il n’avait pas les plaquettes de chocolat de celui ci (elle montre la statue) mais il avait un cœur immense. Souvent, d’ailleurs, je me suis dit qu’il devait avoir son cœur dans la tête, connecté à son cerveau. Et que lorsqu’il pensait, il aimait en même temps.

La fille : (regardant la statue avec attention) Elle est belle cette statue. Je ne l’avais jamais vu ainsi.

La mère : Ah je suis heureuse d’entendre cela. C’est quand même plus inspirant que les lingeries fines et les macarons !

Silence, elles regardent l’œuvre.

La fille : Tu as vu ce regard. Il a des muscles mais quel regard !

La mère : Oui, il fait un peu torturé. A quoi pense t-il ?

La fille : C’est la question. Mais qui peut y répondre ? Rodin est parti avec son secret.

La mère : On dit que cet homme était face à un dilemme .Ce qui explique ce regard teinté d’anxiété. Plongé dans ses pensées, plongé dans ses doutes et ses souffrances.

La fille : (très directement les yeux dans les yeux) Et Papa, lui, à quoi pensait il, durant ces longues apnées cérébrales ? Il t’en parlait de ses doutes et de ses souffrances, lui ?

La mère : (très gênée) euh, ton père pensait et parlait peu. Si, si, il me disait qu’il pensait à nos futures vacances, à l’aménagement de la maison, à vos progrès ou difficultés scolaires …

La fille : A la liste des courses pour le prochain marché du Samedi ! Maman, arrête de te voiler la face.

Silence, elle prend la main de sa mère

La fille : Il pensait à ce que nous allions devenir le jour où..

La mère : (en interrompant sa fille brutalement) Arrête, je ne veux rien entendre. Tais toi. Laisse moi mes rêves.

La fille : Maman, regarde, regarde le Penseur. Il pense pour puiser de la force. Et Papa le faisait aussi. Il te fait penser à Papa, c’est toi qui me l’as dit.

La mère : Je voudrais qu’il soit là, à l’instant.

La fille : Il l’est par le miracle de la Pensée. Au pied de cette statue. Nous sommes avec lui. Et son long bras nous enlace, toutes les 2.

 

Elle enlace sa mère tendrement.

 

 

FIN

 

 

 

 

 

Le Lac des Cygnes / Tchaïkovski

 

Un couple, se promène sur les grands boulevards à Paris. Ils flânent. Ils arrivent devant un théâtre. L’affiche annonce le prochain spectacle : « le Lac des Cygnes »

 

 

La femme : le Lac des Cygnes, mon rêve absolu depuis que je suis petite.

Le mari: Ah bon ? C’est pas Casse Noisette ?

La femme : Non, le Lac des Cygnes (elle chantonne en esquissant un pas de danse)

Le mari : C’est un peu pareil, quand même.

La femme : Pas du tout, mais c’est le même compositeur : le grand, l’immense Tchaïkovski. Sans y, s’il te plait.

Le mari : (ne comprenant pas) Tu m’expliques ?

La femme : Tchaïkovski, ça s’écrit sans Y mais avec 2 I et un tréma sur le 1er.

Le mari : (il regarde l’affiche) Ca m’a toujours épaté, cette souplesse. Comment un corps humain peut il se plier ainsi ? Toi qui es une femme, qu’en penses tu ?

La femme : Pourquoi « Toi qui es une femme » ?

Le mari : (un peu troublé, en balbutiant) Je veux dire qu’en tant que femme incapable de faire une telle acrobatie, comment vois tu cela ?

La femme : Comment oses tu me comparer à une danseuse étoile du Bolchoï? Si c’était au moins de la flatterie mais non c’est de la pure perfidie.

Le mari : Pardon, je ne voulais pas me moquer de toi (Silence) mais reconnais que ton corps ..

La femme : Quoi, mon corps ? Méfie-toi, tu dérapes.

Le mari : (se reprenant) Et pourquoi ces femmes si souples et agiles viennent-elles toujours des pays de l’est ? C’est le climat ?

La femme : Le Lac des Cygnes , je te parlais du Lac des Cygnes de Tchaïkovski , du grand Tchaïkovski , en te disant que pour moi, c’était un immense rêve , limite fantasme et toi , tu me parles souplesse des danseuses et climat dans les pays de l’est.

Le mari : Oui, car sans ces femmes éblouissantes, pas de grand Tchaïkovski, et pas de Lac des Cygnes.

La femme : (moqueuse) Oui, un peu comme sans orange, pas de canard à l’orange ! Tu peux arrêter d’enfoncer des portes ouvertes, une seconde ?

Le mari : J’examine, j’analyse, je conclue. Cette affiche est très parlante non ? La danseuse en posture de cygne, posée sur le mot LAC. Faut le faire. Y’a des graphistes qui m’épatent vraiment. Et cette jambe qui traine, est ce l’aile du cygne ? Cette question sans réponse est captivante car elle excite l’intérêt pour toute l’affiche. Cette jambe pointant sur la lettre L, je dis bien L, est un mystère.

La femme : ( le regardant avec circonspection) On prend des billets ?

Le mari : Pardon ?

La femme : Je rêve de voir ce ballet. Donc achetons 2 places.

Le mari : mais on a le CD !

La femme : Y’a aussi des cygnes sur l’étang derrière le stade de foot. Si tu vas par là !

Le mari : Mais tu as vu le prix des places. De 15 à 95 euros. (il regarde le plan et les places disponibles)

La femme : N’oublie pas qu’il s’agit d’un fantasme.

Le mari : Super, il y en a deux à 15 euros pas trop mal situées. Regarde.

La femme : (elle examine le plan et s’exclame en colère) Mais je ne veux pas ne voir qu’un cygne sur cinq. Tu te moques vraiment de moi, pour une fois que je peux proposer une sortie culturelle. Ah tu as moins d’oursins dans les poches quand il s’agit d’aller hurler au Parc des Princes.

(Elle se met à lui tourner le dos)

Le mari : Pour ton fantasme (il ricane un peu) je suis prêt à aller jusqu’à 40 euros LA place avec vue panoramique sur le cygne. Tu vois, je veux te faire plaisir.

La femme : (avec un ton grave) Il faut qu’on parle, tous les 2.

Le mari : C’est ce qu’on fait depuis vingt minutes devant ce théâtre.

La femme : Non, je veux dire, sérieusement. (Silence) Tu m’aimes ?

Le mari : (surpris et mal à l’aise) Tu veux savoir si je t’aime ?

La femme : (encore plus grave) C’est la question que je te pose.

Le mari : (en bégayant un peu) Euh …bien sûr

La femme : Bien sûr quoi ?

Le mari : Je réponds à ta question

La femme : Qui est ?

Le mari : Est ce que je t’aime ?

La femme : Et alors ?

Le mari : Oui

La femme : Oui je…

Le mari : T’aime

La femme : Et bien, dis donc, c’est laborieux. Ces mots doivent t’écorcher la bouche. Je dis un grand Merci à Tchaïkovski.

Le mari : Merci de quoi ?

La femme : Je sens ta voix qui tremble, légèrement, je me trompe ?

Le mari : Euh (hésitant) pas du tout. Je ne tremble pas. Mais merci de quoi ?

La femme :( calmement) Je remercie la maestro de m’avoir envoyé un signe.

Le mari : Le Lac des cygnes ?

La femme : Le signe du Lac des cygnes.

Le mari : Explique toi, je t’en prie, je suis complètement dans le brouillard.

La femme : Dans le brouillard de ton mépris et de ta perfidie. Grâce au Lac des Cygnes, ta vraie nature macho a pointé le nez.

Le mari : (énervé) Moi, macho, ça c’est la meilleure. Est ce que j’ai oublié une seule fois (et il lève son pouce pour faire 1) ton anniversaire, ta fête, la fête des mères, la Saint Valentin et même la journée de la femme. Et notre anniversaire de mariage ! (très en colère) Macho, moi !

La femme : Pourquoi te mets tu en colère ? C’est à moi de l’être. Tu t’es comporté comme un mufle pour cette histoire de billets. Je te fais toucher du doigt, chez moi une émotion, une fragilité, un fantasme, le Lac des Cygnes. Je te donne l’opportunité de te comporter comme un chevalier, un Romeo. De rivaliser avec le Clint Eastwood, de la Route de Madison. Et toi tu passes complètement à coté … de mon désir, de mon rêve, de moi

(Grande tristesse)

La femme : (Silence puis elle continue, très calmement, mais profondément triste) Tu sais, souvent je me sens comme le cygne noir, celui qui dans le ballet, cache sa vraie identité. Oh, je nage, je vole, je danse mais, en réalité, dans mon cœur, je suis autre. Et toi, mon Prince tu ne vois rien, rien.

Le mari : (très gauche) il reste des billets à 95 euros.

La femme : quoi ? (Elle ne comprend pas)

Le mari : Je vais changer nos billets pour des sièges à 95 euros, tu le vaux bien.

La femme : (stupéfaite) C’est comme ça que tu réagis à ma confession. Des sièges mieux placés et peut être mieux rembourrés. Non mais je rêve ; T’es fait en quoi : en marbre froid, en acier ou en bois pétrifié. Plus dur que toi, on meurt.

Le mari : (reprenant de l’assurance) Tout à l’heure, tu te comparais au cygne noir. Et tu m’appelais «  mon Prince ». Si notre vie est un conte, c’est vrai, je passe à coté. Je suis un piètre prince charmant.

Mais je suis Kiné dans une clinique de Montargis et toi, cheffe de rayon chez Monop. Alors, pas de quoi en faire un ballet.

Désolé pour Tchaïkovski avec deux I.

La femme : Merci pour ce rappel à l’ordre. La vraie vie nous rattrape. En effet, pas de quoi en faire un ballet. Mais peu importe. Je veux voler de mes propres ailes.

(Il se rapproche d’elle et tente de l’embrasser)

La femme : Laisse moi (elle s’éloigne)

 

 

FIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pompidou / Rogers, Piano

 

Deux femmes se promènent dans Paris. Christiane et Julie, plus jeune. La journée est douce et ensoleillée.

 

 

 

Christiane : (en râlant un peu) Paris est une jolie ville mais vraiment sale. Montauban, c’est nickel à coté. Dire qu’il aura fallu ton invitation pour que je redécouvre notre capitale.

Julie : Tu es déjà venue ?

Christiane : Oui une fois, en 68. Avec les copines de la fac, on est monté casser du CRS, dans le quartier latin. «  Il est interdit d’interdire ! ». On l’a appliqué ce mot d’ordre. A la lettre. Une semaine de débauche. Pacifiste, je précise.

Julie : Je t’imagine tout à fait en Che Guevara. Sur les barricades et gueulant comme une forcenée !

Christiane : J’avais 18 ans, ma tête et mes jambes. Pas comme maintenant.

Julie : Arrête de faire la vieille. Regarde toi, tu es splendide et tu pètes la forme.

Christiane : Tu veux vraiment que je te parle de mes hanches et de mes genoux ?

Julie : Si tu arrêtais de râler un instant non ?

Elles arrivent sur l’esplanade du Centre Pompidou. Le musée est face à elles

Christiane : Qu’est ce que c’est que ce machin là ? (Elle montre le bâtiment avec son doigt)

Julie : Ce machin comme tu dis, c’est .. (Christiane la coupe)

Christiane : Tais toi. C’est, c’est… une usine à poubelles. En plein Paris. Merde. Et les odeurs (elle fait la grimace)

Julie : Mais non ! Ce machin, comme tu dis, c’est le Centre Pompidou.

Christiane : Qu’est ce qu’il vient faire là dedans, celui là ?

Julie : C’est lui qui a décidé la réalisation de ce grand musée d’art moderne et il est mort après.

Christiane : Après une telle décision, je comprends, ça dut lui faire un choc ! (elle ricane) Mais c’est horrible. Un musée ! C’est Pompidou qui a fait les plans, ça se voit.

Julie : Ne te moque pas, s’il te plait. Cette splendide œuvre architecturale …(Christiane la coupe)

Christiane : Que dis tu ? Ce machin Pompidou, un chef d’œuvre architectural ? Je me sens pas bien, il faut que je trouve un siège  (elle regarde autour d’elle et va s’asseoir sur un muret en béton) Un chef d’œuvre architectural !

Julie : Ca va ?

Christiane : ma saleté de hanche et en plus Pompidou, ça n’arrange rien.

Julie : (avec calme) Ce Centre Pompidou a été conçu par 2 grands architectes.

Christiane : Ils s’y sont mis à 2 pour faire ce machin ?

Julie : (elle consulte une brochure) Oui Richard Rogers et Renzo Piano.

Christiane : Même pas des Français !

Julie : Ecoute bien. Selon eux, Le centre est comme « un cœur irrigué de monumentales artères aux couleurs vives et primaires » Chapeau. Et c’est vrai.

Christiane : Vrai mais tu te fous de moi ou quoi ? Un cœur irrigué, n’importe quoi. C’est moche, c’est mal foutu, les couleurs sont à chier. Une usine à bruler les poubelles, je te dis.

(Silence, les 2 femmes se tournent le dos. Atmosphère pesante)

Christiane : Et toi, tu trouves ça beau ?

Julie : Pas beau. Magnifique, inspirant, onirique.

Christiane : Oni.. quoi ?

Julie : Onirique comme un opéra de Wagner. Grandiose.

Christiane : T’as toujours eu très mauvais goût mais à ce point là.

Julie : Pourquoi dis tu cela ? C’est très méchant (en colère)

Christiane : Quand t’étais à Montauban au service litiges, on te surnommait « le Perroquet ». En référence à tes tenues chatoyantes et d’un goût douteux .T’as pas oublié quand même.

Julie : Qu’est ce qui te prend ? C’est Pompidou qui te monte à la tête.

Christiane : Non mais Pompidou, c’est la goutte qui fait déborder le vase Mon vase.

Julie : Tu dérailles. On était bien, là à se promener dans Paris et d’un seul coup face au musée Pompidou, tu te transformes en ..     (Elle hésite) harpie , oui en harpie . Tu parles mal et tu me dis des méchancetés gratuites. C’est dur à avaler. Moi qui me faisais une vraie joie de ce grand week end.

Christiane : Tu sais pourquoi je suis venue ?

Julie : Pour me revoir. Cela fait si longtemps.

Christiane : (elle crie) Non, c’est parce que tu me loges et me nourris gratos et que revoir Paris, cela me change de Montauban, ville propre mais glauque. De toutes façons, ce que tu es devenue, me fait presque vomir.

Julie : Vomir, tu es affreuse.

Christiane : J’ai dit PRESQUE vomir (silence lourd) Regarde toi, tu es une petite bourgeoise : le petit boulot, le petit appart, les petites vacances , le petit copain , au fait ?

Julie : Non, pas en ce moment.

Christiane : Tant mieux, pauvre garçon. Y’a qu’une chose qui dénote dans ton joli pays des bisounours : moi, la copine vulgaire et anar.

Julie : Arrête, où veux tu en venir ? Tu détruis tous nos beaux souvenirs.

Christiane : Dis moi que ce bâtiment est moche, que c’est une horreur. Dis le moi.

Julie : Mais non, je ne le pense pas. Ce n’est pas vrai. C’est un fleuron architectural. Et les collections à l’intérieur du musée sont uniques, exceptionnelles (elle semble avoir peur de Christiane) D’ailleurs, j’ai prévu qu’on fasse la visite.

Christiane : (toujours très en colère) : jamais de la vie, un bâtiment aussi laid ne peut contenir que des horreurs. Comme chez toi.

Julie : Chez moi, mais tu m’as dit que tu trouvais cela charmant.

Christiane : Je te l’ai dit du bout des lèvres et par politesse. Tu me nourris et me loges quand même. Mais ce que je pense, c’est que c’est à ton image : étriquée, sans âme. Et puis «  perroquet » à fond : les peintures ; les tapisseries, le tapis du séjour, tes lampes de chevet. Alors là, le summum du mauvais goût.

Silence

Christiane : Alors, tu me le dis.

Julie : (en pleurant) Quoi ?

Christiane : Que ce Centre Pompidou est une horreur (elle la prend par le bras et la secoue)

Julie : Tu es devenue complètement folle. Tu me fais très peur. Et on nous regarde.

Christiane : « On nous regarde ». (Elle lève les bras au ciel) Ca c’est la petite bourgeoise qui parle. Attention au « Qu’en dira t-on ? ». T’étais moins chochotte, à Montauban quand on se faisait des câlins en cachette. Tu ne te souviens pas ? Moi si et ça m’excite encore.

Silence

Julie : (totalement désemparée) Pourquoi tu gâches tout ?

Christiane : Pourquoi je gâche tout ? Ca c’est la meilleure. Tu m’invites un week end chez toi, à Paris, toutes les 2. Et tu me fais découvrir Beaubourg. Une horreur. (silence)En venant, de quoi ai je rêvé, moi. De quoi ?

Julie : Mais tu m’as dit que tu n’étais pas venue pour moi. Je ne comprends plus. Je veux rentrer chez moi.

Christiane : (calme et lentement) Je suis venue POUR TOI et pour toi seule. C’est pour ça que Beaubourg et tous les monuments de Paris, je m’en tape. Ce qui compte pour moi, c’est de vivre, comme autrefois un moment simple et tendre avec toi. Je me disais qu’on allait reparler du passé, des bons moments, de nos souvenirs complices. (Elle fait un clin d’œil malicieux et elle s’éloigne)

Silence, elle se retourne.

Christiane : Y’a une expo Chagall à l’intérieur. Si ça t’intéresse, moi j’y vais …. J’adore Chagall et avec toi, dans cette expo, que désirer de plus ? (Clin d’œil)

 

 

FIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Tour de Pise

 

2 hommes (un père et un fils), en randonnée vélo en Italie, font halte à Pise, face à la célèbre tour penchée.

 

 

 

Le père : Je la voyais pas comme ça.

Le fils : Moi si, exactement comme ça (et il montre la tour du doigt)

Le père : Je la voyais pencher à droite et moins penchée.

Le fils : Ca dépend du coté.

Le père : De quel coté ?

Le fils : (un peu énervé) Elle penche à gauche ou à droite, selon l’endroit d’où on la regarde.

Le père : mouais (silence). Elle est quand même impressionnante.

Le fils : Tu veux dire magnifique, majestueuse, unique.

Le père : C’est quand même beau le Gothique. De la dentelle.

Le fils : Non, c’est du Roman, pas du Gothique.

Le père : T’es sûr ? Parce que ce marbre et tous ces détails …

Le fils : Certain, la construction a débuté en 1173. Le Gothique est apparu après.

Le père : (énervé à son tour) Tu vas continuer longtemps à faire le livre d’histoire ? 1173 ou 1273 : ça change quoi ?

Le fils : Ca change tout. Construite en 1273 elle serait Gothique !

Le père : Mais tu as réponse à tout. Depuis qu’on est parti, ça n’arrête pas : la vitesse précise à la seconde près du TGV et la marque de ses amortisseurs fabriqués en … Corée…

Le fils :(l’interrompant) ..du sud. La Corée du Sud, il faut le préciser.

Le père : fabriqués en Corée ..du sud, donc. A Parme tu m’as fait un cours sur le vieillissement du jambon. A Rome, j’ai eu droit à la liste intégrale de tous les papes depuis Saint Pierre. A Florence, tu m’as fait des reproches parce que je ne connaissais pas le nom du fleuve. C’est comment d’ailleurs ?

Le fils : l’ Arno, 241 km de long. Il traverse…

Le père : (l’interrompant) Stop. Tu ne recommences pas. C’est insupportable. Tu veux me faire passer pour un imbécile.

Le fils : Mais …. (il est coupé par son père)

Le père : On est là pour faire du vélo. Qui s’appelait autrefois une draisienne, inventée en 1817. Ah là je te la coupe.

Le fils : Papa !

Le père : vas y je t’écoute, sauf si c’est pour me préciser le diamètre de la grande roue de la draisienne ! (Il sourit)

Le fils : (gêné) C’est dur à dire.

Le père : Je vais pas te manger.

Le fils : C’est pas toujours facile d’être avec toi.

Le père : Ah bon ! D’accord, mais sois plus précis ? Je suis trop râleur, je te crève à vélo ?

Le fils : (craintif) .C’est un problème de niveau.

Le père : Je te suis pas. De quel niveau, parles tu ?

Le fils : (toujours plus gêné) On a pas les mêmes centres d’intérêt, les mêmes lectures, les mêmes goûts, le même …..(coupé par son père)

Le père : le même niveau intellectuel. Je résume bien ?

Le fils : (sans oser le regarder) oui mais ce n’est pas un reproche.

Le père : Tu sais, je suis un peu comme la Tour de Pise, vieux et penché (il regarde la tour). Mais con, je ne le pensais pas.

Le fils : Je n’ai pas dit que tu étais con.

Le père : Tu as parlé de niveau intellectuel. Et de la différence entre nous 2. C’est bien ce que je dis, tu ne supportes pas de devoir supporter un con, 15 jours en Italie et en prime, sur un vélo.

Le fils : Ecoute, tu t’enflammes pour le Stade de la Juventus à Turin quand moi je me languis d’aller visiter le musée des antiquités Egyptiennes. A Rome tu salives pour la fameuse pizza Calzone et moi pour la grandiose Piazza Navone! A Florence je tombe comme prostré devant le Duomo et toi tu cherches désespérément la maison de Romeo et Juliette qui se trouve à ….Vérone ! Et tout ça à vélo !!

Le père : Ca veut dire quoi ? Et tout ça à vélo ? T’aimes pas pédaler ?

Le fils : Papa, ça veut dire que je n’aurais pas dû te dire oui, pour cette escapade.

Le père : Et pourquoi tu ne l’as pas fait ? « Papa t’es trop con pour qu’on fasse cette randonnée Italienne » Voilà.

Le fils : Je sais pas .C’est difficile de te parler.

Le père : Tu le fais bien maintenant. (Silence) Je vais te dire, tu as honte de moi. Tu as honte de ton père. Tu as honte d’où tu viens.

Le fils : (très embarrassé) non.. enfin…

Le père : Et ça, c’est dur. Un arbre qui a honte de ses racines. T’imagines.

Le fils : Je sais que tu es ma racine et que tu m’as fait pousser. Et que tu m’as poussé à grandir, à viser le ciel et à réussir. Je sais que si je suis devenu ce que je suis, c’est beaucoup grâce à toi.

Le père : Tu le crois vraiment ?

Le fils : « Finis ta leçon d’histoire, tu iras voir tes copains, après. Le bac est dans le viseur ». Le bac est dans le viseur, c’était ta formule magique pour me stimuler.

Le père : Tu es devenu, ce que je rêvais d’être.

Le fils : C’est pour ça que je n’ai pas honte de toi. Mais …

Le père : Mais ?

Le fils : Je m’ennuie beaucoup avec toi. Sur le vélo, ça va. On pédale dans le même sens et au même rythme. Mais dés qu’on pose le pied à terre.

Le père : Le con se réveille !

Le fils : Arrête, tu n’es pas con. Juste un peu …(avec un sourire) primaire.

Le père : Normal, c’est mon niveau d’étude. Primaire. Le Certificat d’étude puis l’apprentissage. J’ai pas fatigué mes neurones. Les bras et les jambes, c’est une autre histoire.

Le fils : (il sourit) Un jour Maman m’a dit « Tu sais ton père, il est comme un chêne, grand et fort mais rigide. Prends le comme il est. N’essaie pas de le changer » .Je n’ai pas compris sur le coup. J’étais ado. Aujourd’hui je réalise. Mais c’est difficile.

Le père : Elle voyait juste, ta mère. Quand elle était là, j’avais l’air moins con car elle passait son temps à compenser mes ignorances.

(en imitant sa femme) «  Fais un effort Michel, tu sais très bien la différence entre Roman et Gothique, ta mémoire te joue des tours. » Voilà ce qu’elle aurait dit. Et je ne me serais pas noyé.

Le fils : (il s’approche de son père et lui met la main sur l’épaule) Papa..

Le père : (triste) C’était ton autre racine.

Le fils : C’EST mon autre racine. Elle ne me quitte pas. Quand je suis sur le vélo, à transpirer, je l’entends me dire. « Quand vous arriverez à Florence, il va te faire le coup de Romeo et Juliette. Tu vas voir. » (Ils rient tous les 2)

Le père : Si j’avais su qu’on allait faire cette rando à 3 ! Elle t’a quand même pas parlé de Milan ?

Le fils : (intrigué) Non, Pourquoi ?

Le père : Bien, alors je suis donc un peu con et rigide et tu t’ennuies avec moi. Je résume bien ?

Le fils : (enjoué) Con, rigide ET primaire !

Le père :...

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