Boulevard du Cr…omagnon

Genres :
Thèmes : · · · · · · ·
Distribution :
Durée :

Boulevard du Cro-Magnon, du cannibalisme au véganisme, de l’art pariétal à l’art contemporain… l’histoire de l’humanité des origines à nos jours résumée en une pièce.
Un père sur le déclin, une mère lexicologue avant l’heure, une fille artiste, un prétendant lourdingue et un ingénieux cinquième larron… un boulevard pour le Boulevard du Cro-Magnon.
Dans la famille Cro-Magnon, le père, la mère, la fille. Le père est fatigué de partir à la chasse pour nourrir trois personnes. Il aimerait bien donner sa fille à Prrr, aussi bon chasseur que bas-de-plafond. Arrive un nouveau prétendant, ingénieux mais mauvais chasseur. Duquel des deux devra-t-on se débarrasser ?

🔥 Ajouter aux favoris

Soyez le premier à donner votre avis !

Connectez-vous pour laisser un avis !

Voix Off tandis que les comédiens sont face public, immobiles, en habits de scientifiques, laborantins en blouses blanches. Ils sont impassibles.

Chers spectateurs, vous êtes maintenant assis confortablement après un voyage harassant, long parfois, car certains d'entre vous sont venus de très loin.

Vous pensiez venir voir une farce théâtrale légère. En vérité, sans le savoir, vous avez répondu à l'appel de la science. Vous aurez donc moins perdu votre temps que vous l'imaginiez.

Vous allez assister à rien moins qu'à la naissance de la Civilisation. Les méandres du progrès vont vous être dévoilés de façon rigoureusement inexacte. L'analyse sociologico-théâtrale à laquelle vous allez assister, est le résultat d'études extrêmement poussées de l'intérieur par le désir de dévoiler ce qui ne pourra jamais l'être, et contre-poussées de l'extérieur par le manque de preuves, de faits et de documents.

Alors, enjoy ! Comme diraient nos voisin outre-manche !

Au moment où la voix off se tait, musique, Toccata et Fugue de Bach, tandis que les comédiens installent le décor et que deux d'entre eux se changent sur scène, Louis et Marie-Catherine, endossant leurs costumes d'hommes des cavernes.

ACTE I

SCÈNE 1

Louis et Catherine

Une grotte presque vide avec un chaudron sur le feu, les armes du chasseur contre un mur et des objets primitifs. Marie-Catherine en avant-scène côté Jardin, assise, occupée à tanner une peau.

LOUIS : Alors, quelle arme je vais prendre cette fois ? La lance de papa, ça, ça se discute pas. Un peu lourde quand même mais si bien équilibrée ! Et la poignée en lacet de cuir de buffle. C'était quand même de la qualité ! Il était doué papa. Bon, je prends quand même le bouclier, ça peut toujours servir, au moins en cas d'orage. La petite lance maison. Bon, c'est sûr, c'est du léger mais c'est plus précis, surtout avec les plumes de paon. Et le p'tit couteau. Ah, le p'tit couteau. Ça rend toujours service ça ! La masse ? J'hésite à chaque fois, c'est drôle. Et en fait je la prends à chaque fois. Et à chaque fois je ne regrette pas. Ça ouvre bien les crânes de singes pour gober la cervelle sur le pouce en pleine action quand y a rien d'autre. Bon, en fait, je prends la même chose que d'habitude. Mais y a rien à faire j'ai toujours besoin de ce petit rituel.

MARIE-CATHERINE : Ça y est tu es prêt à partir ?

LOUIS : Mouais. Même si j'ai pas très envie !

MARIE-CATHERINE : Je le sais mon ami, mais il le faut. Nous n'avons presque plus rien à nous mettre sous la dent.

LOUIS : Je sais et y a qu'ça qui fait qu'j'y vais. J'ai plus l'âge d'aller m'geler les miches pendant plusieurs jours par un temps pareil. Et puis dormir dehors dans l'humide, c'est bon !

MARIE-CATHERINE : J'ai invoqué le Grand Coq Chasseur pour qu'il te vienne en aide pendant ta quête de nourriture, à mon réveil ce matin. Et je le referai régulièrement jusqu’à ton retour, tu le sais.

LOUIS : Oui ça, je sais que j'peux compter sur toi ! J'espère que l'Grand Coq Chasseur m'donnera un coup de main et que je reviendrai vite et qu'il me protégera de l'aigle noir. La dernière fois il m'a fallu trois jours et trois nuits. Je sais pas ce qu'il faut faire pour qu'il m'aide plus ! Peut-être qu'on lui donne pas assez d'os de reste.

MARIE-CATHERINE : Comment savoir ?

LOUIS : Remets en dehors dès que t'en auras ! Ou peut-être bien que c'est à cause de la fille ! Où elle est d'ailleurs ?

MARIE-CATHERINE : Elle dort encore.

LOUIS : Encore ? Pourtant c'est pas le coup de main qu'elle te donne qui la fatigue !

MARIE-CATHERINE : Comme la nuit a été claire elle s'est couchée tard.

LOUIS : Toujours le nez en l'air à regarder là-haut. Qu'est-ce qu'y a de si intéressant à regarder les étoiles ? Ça change jamais.

MARIE-CATHERINE : Ne t'échauffe pas, c'est mauvais. Et tu sais ce qu'elle te répondrait, tu la connais !

LOUIS : Pour ça j'la connais. Jamais elle fait un effort pour aider à la cueillette, pour aider à faire cuire ou ranger. Jamais elle fait l'effort de venir me voir quand je pars à la chasse.

MARIE-CATHERINE : C'est l'âge. Moi aussi j'étais comme ça.

LOUIS : Non, toi tu aidais ta mère au foyer ! Et t'avais le respect du père.

MARIE-CATHERINE : C'était une autre époque.

LOUIS : N'empêche, le respect ça devrait pas s'perdre ! Et puis je t'ai quand même prise pour venir vivre avec moi. Et je pense qu'il est temps qu'elle parte. C'est plus de mon âge de courir après du gros gibier pour trois personnes. En plus, t'as vu ce qu'elle mange ? A nous deux on pourrait s'contenter de petits trucs, genre lapins, marsupiaux, pigeons, renards, escargots.

MARIE-CATHERINE : Elle ne veut pas partir.

LOUIS : Pardi ! Elle se la coule douce. Non, mais ça va pas se passer comme ça ! Je vais la donner à Prrr. de toute façon !

MARIE-CATHERINE : Tu sais bien qu'elle ne l'aime pas.

LOUIS : M'en fous, faut qu'elle parte.

MARIE-CATHERINE : Elle va nous manquer...

LOUIS : Sera pas loin, il est sur la colline en face. On voit même son feu d'ici.

MARIE-CATHERINE : On reparlera de ça à ton retour.

LOUIS : C'est du tout cuit, j'ai décidé j'te dis !

MARIE-CATHERINE : Ne t'échauffe pas, c'est mauvais pour le chasseur !

LOUIS : T'as raison, t'as raison. Faut que je garde mon sang froid et que je reste concentré sinon je risque de m' faire bouffer par une panthère.

MARIE-CATHERINE : Je vais te préparer ton bissac.

LOUIS : Oublie pas l'outre !

SCÈNE 2

Louis et Prrr

On entend frapper à la porte violemment

LOUIS : Entrez !

PRRR : Salut !

LOUIS : Ah, tu tombes juste avant mon départ. Un peu plus tu me...

Il vous reste 90% de ce texte à découvrir.


Connectez-vous pour lire la fin de ce texte gratuitement.



error: Ce contenu est protégé !
Retour en haut