Brèves de square

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« Sur le plus haut trône du monde, on n’est jamais assis que sur son cul » disait Montaigne. Alors sur un banc public, vous imaginez un peu… Dans un square, sur un banc, viennent s’asseoir tour à tour différents personnages aux destins singuliers, qui parfois s’entrecroisent.

Comédie à sketchs

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1. Chasse au trésor

Un banc dans un jardin public. Un homme arrive, suivi par une femme, portant un sac. Ils ont l’air un peu frustes. L’homme jette un regard inquiet autour de lui.

Homme – Amène-toi, il n’y a personne...

Femme – T’es sûr que c’est là ?

Homme – C’est là je te dis !

Femme – Non, parce que tout à l’heure aussi tu disais que c’était là et...

Homme – Ce n’était pas le bon square. C’était le bon banc, mais ce n’était pas le bon square.

La femme reste perplexe un instant.

Femme – Comment ça peut être le bon banc, si c’est pas le bon square ?

Homme – Putain ! Tu as fini de discutailler, oui ? Sors ta pelle et creuse !

La femme ouvre son sac et en sort une petite pelle militaire pliable qu’elle déploie en maugréant.

Femme – Pourquoi c’est toujours moi qui creuse, d’abord...? Surtout que la dernière fois, tu m’as fait creuser pour rien...

Homme – C’était il y a dix ans, alors évidemment...

Femme – Tu as pris dix ans de taule pour le braquage d’une supérette ?

Homme – Une supérette ?

Femme – Tu m’as bien dit que t’avais braqué un Casino, non ?

Homme – Un casino ! Pas une supérette...

Femme – Ah, un casino... Et il y a combien, là-dessous ?

Homme – Je ne sais pas... Je n’ai pas eu le temps de compter, figure-toi... Assez d’argent pour remplir un sac, en tout cas...

Femme – Ah oui, là je veux bien creuser. Un casino... Moi qui n’ai jamais eu de chance aux jeux.

Homme – Si tu veux être sûr de rafler la mise, à la roulette, il faut venir avec un flingue.

Femme – J’espère qu’avec toi, j’ai tiré le bon numéro...

L’homme regarde à nouveau autour de lui. La femme s’apprête à donner le premier coup de pelle.

Homme – Range ta pelle...

Femme – Quoi ?

Homme – Range ta pelle, et assieds-toi, je te dis ! Il y a deux flics qui viennent par là...

La femme, contrariée, range sa pelle. Ils s’asseyent sur le banc.

Femme – Sors ta pelle, range ta pelle... Il faudrait savoir... Alors qu’est-ce qu’on fait ?

Homme – On ne fait rien. On s’assied, et on attend.

Il affiche un sourire forcé. La femme le regarde, intriguée.

Femme – Pourquoi tu souris comme un abruti ?

Homme – Je ne souris pas ! Je prends un air innocent...

Femme – Innocent ?

Homme – Pour pas se faire repérer par les flics ! Toi aussi, fais comme si de rien n’était.

La femme hésite, puis imite le sourire artificiel de l’homme. Ils restent un instant comme ça, immobiles.

Femme – Je commence à avoir une crampe à la mâchoire.

Homme – Ça y est, ils sont passés.

Femme – Ce n’était pas des flics, c’était des gardiens de square.

Homme – Comment tu le sais ?

Femme – C’était marqué sur leurs casquettes, tu ne sais pas lire ?

Homme – Tu sais bien que non. Pourquoi tu demandes ?

Femme – C’était des gardiens de square, je te dis.

Homme – Ouais bon, c’était des gardiens de square. Qu’est-ce que ça change ?

Femme – Rien.

Homme – On ne peut pas creuser un trou avec une pelle dans un bac à sable avec tout ce monde autour de nous.

Femme – Un bac à sable, c’est fait pour ça, non ?

Homme – Pour les gosses, oui. Nous, si les gens nous voient, ils vont trouver ça louche.

Femme – Alors pourquoi tu as enterré tout ce fric dans un bac à sable ? Au beau milieu d’un square !

Homme – J’avais les flics au cul ! Je n’avais pas trop le temps, tu vois. Et comme je n’avais pas de pelle.... creuser dans le sable, avec les mains, c’était plus facile.

Femme – Voilà encore des gens qui arrivent...

Homme – Tant pis, on reviendra ce soir, quand il fera nuit.

Femme – Il ferme à 19 heures, le square. C’est marqué à l’entrée. Tu n’as pas lu le panneau.

Homme – Non, je n’ai pas lu le panneau...

Femme – Ouais, ben cette nuit, ce sera fermé.

Homme – Comme ça, au moins, on ne sera pas dérangés.

Ils s’apprêtent à s’éloigner.

Femme – Tu l’as enterré assez profond, au moins, le sac ? Parce qu’avec tous ces gosses qui creusent dans le sable toute la journée...

Homme – Ne t’inquiète pas, j’ai fait un grand trou.

Femme – Grand comment ?

Homme – Assez grand pour y enterrer un cadavre...

Elle lui lance un regard un peu inquiet. Ils s’éloignent.

2. Fin de vacances

Deux femmes arrivent et s’asseyent sur le banc. La première interpelle un enfant qu’on ne voit pas côté salle.

Femme 1 – Ne cours pas comme ça, Kevin, tu vas encore tomber !

Femme 2 – Ah, ces gosses...

Femme 1 – À cet âge-là, ils ont besoin de se défouler, évidemment.

Femme 2 – Surtout les garçons.

Femme 1 – Oui...

Femme 2 – C’est comme le chien, si on ne le sort pas au moins une fois par jour, le soir on ne peut...

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