C’est qui cette Sandrine ?

1 décor

Deux machos profonds se retouvent transformés en femmes, et leurs femmes en h ommes ; ça change tout.

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ACTE 1

Scène 1 : Dominique, Raphaël

Dominique et Raphaël entrent. Ils sont totalement ivres. Ils viennent de faire la fête (cotillons qui pendouillent, chapeaux de fantaisie..)

Raphaël / Après vous, votre importance !


Dominique / Je n’en ferai rien, votre «subliminescence».

Raphaël / Des soirées comme ça, j’en ferais même en plein jour.

Dominique / C’est quand même autre chose que l’Opéra. Tu peux me dire qu’est-ce que c’est qu’on serait allés foutre à l’Opéra ?

Raphaël / L’Opéra, c’est un truc pour les nuls.


Dominique / L’Opéra c’est pour les filles. Les filles, ça veut toujours s‘instruire.

Raphaël / Exact ! Et les hommes, ils vont où ?  


Dominique / Au bar. 


Raphaël / Le bar, y’a pas plus instructif. Au bar, tu sais tout, t’apprends tout, et tu vois tout.


Raphaël / Et des fois, tu vois en double !


Dominique / En plus, l’homme, c’est un être humain.. Intelligent !

Raphaël / Intelligent, et pas con ! Alors, attention !


Dominique / Dis-moi.. Euh.. Raphaël.

Raphaël / Présent !

Dominique / On va faire un test ; pose moi une question au hasard ?

Raphaël / Yesse ! .. Est-ce que t‘as une bière ?

Dominique / Y’en a plus. Vu qu’on a tout bu. Et c’est même pour ça qu’on a quitté le foyer..


Raphaël / Familial.


Dominique / Et qu’on est allé où ? Où qu’c’est qu’on est allés ?

Raphaël / Au bar ! Parce qu’au bar, c’est pas pour les canards.


Dominique / Et alors on a bu.. Et pourquoi qu’on a bu ?


Raphaël / Parce qu’on avait soif.

Dominique / Non monsieur ! Parce que j’étais content, vu que.. Vu que quoi ?

Raphaël / Y’avait pas ta femme.

Dominique / Exact ! T’a tapé dans l’mille, ém, ém, Raphaël.

Raphaël / Moi j’aime bien quand y’a ta femme.

Dominique / Et ben tu devrais pas, parce que je devrais pas l’dire, mais ma femme.. Et ben, c’est une quoi ?

Raphaël / Une emmerdeuse ! Et la mienne, pareil !

Dominique / Alors qu’on fait jamais rien.

Raphaël / De «Rétréencible».

Dominique / Alors qu’on peut très bien se «débarbrouiller » entre hommes. Les hommes, ça peut tout faire tout seul !


Raphaël / «Escusez»-moi, votre honneur, mais je signale à son importance que y’a des trucs que faut mieux laisser ça à la population des femmes. Exemple le ménage !

Dominique / T’as raison, Ra ;. Ra.. Phaël. Le ménage c’est un boulot de bonnes femme ! Oh pardon ! Je viens de m’apercevoir que j’ai dit une connerie. Le ménage, c’est un..

Raphaël / Passe-temps.

Dominique / Pour la gente féminine. Est-ce que j’ai bien causé ?

Raphaël / T’as raison, pare que les femmes, ça se vexe.

Dominique / Facilement !

Raphaël / A bas les dictateuses, on est des êtres z’humains !

Dominique / Les femmes, go home !

Raphaël / Surtout les nôtres. Parce que des femmes qui sont pas à nous, y’en avait plein l’bar.


Dominique / Exact ! Des femmes qu’on n’avait jamais vu et qui regardaient qui ?

Raphaël / Que nous !

Dominique / Et pourquoi, je vous prie madame ?


Raphaël / Parce qu’on les vaut bien.

Dominique / Elles nous regardaient pas, elles nous admiraient.

Raphaël / Ouais ! Mais faut quand même en laisser aux autres.

Dominique / Tu l’as dit, Machin. On a pas l’droit de garder tout pour moi tout seul. Ce qui compte, c’est la solidarité ! .. Masculine ! Les hommes, ils doivent se serrer les.. les quoi ?

Raphaël / Coudes !


Dominique / C’est imbu.. Imbuditable. Sinon on serait.. ?

Raphaël / Foutus !

Dominique / Dans le bar, si on aurait voulu, on aurait tout emballé ! Je m’trompe ?

Raphaël / On aurait rien laissé ! Sau! Sauf qu’on a pas l’droit. On peut plus rien faire.

Dominique / C’est une..honte !

Raphaël / Alors elles profitent de nous, les sa.., les sa.., les saboteuses.

Dominique / C’est pas faux ! Parce que une fois que, par malheur, t’en as une qu’à toi, tu peux plus en avoir en plus. T’es coincé.

Raphaël / Oui, mais je vais bientôt me décoincer.

Dominique / Tu vas quitter ta femme !


Raphaël / Ben non. Comment je mangerais ? Je peux quand même si ma femme, elle dit tout l’temps que j’suis en trop.

Dominique / Tu vas faire quoi ?


Raphaël / Tout à l’heure, j’ai vu une blonde.

Dominique / Une bière ?


Raphaël / Non. Avec des ch’veux.

Dominique / Ah oui ! Non ? Et t’as fait quoi ?

Raphaël / Rien. Mais on va s’revoir.

Dominique / Alors là, chapeau ! Moi, je n’pourrais jamais tromper ma femme. Et tu sais pourquoi ? Parce qu’elle est tout l’temps sur mon dos.


Raphaël / Le sexe faible, il abuse !

Dominique / Il profite qu’on soit com.., compréhensif. Ca fait tout l’temps des réflexions ! Ca a toujours un truc à dire !


Raphaël / Quand ça en invente pas !

Dominique / C’est toujours en train de se plaindre ! C’est jamais contente ! Si nous, on était à leurs places, nous on saurait s’tenir !

Raphaël / Ca se passerait pas comme d’habitude ! Parce que les hommes, nous on en connaît un rayon ; mais elles, elles savent pas nous prendre. Elles nous prennent de haut.

Dominique / Tiens ! Je vais te dire un truc que je dis pas ; parce que moi quand je pense quelque chose d’une femme ; et bien j’évite de lfaire savoir.

Raphaël / T’as raison ! Afond ! Parce que quand les femmes t’entendent pas, tu l’vois pas, mais elles écoutent.

Dominique / Et bien, je vais t’dire. Attention ! C’est pas n’importe quoi.

Raphaël / Dominique ! Vas-y, je t’ai jamais menti.

Dominique / Si ! Je dis bien, si !

Raphael / Tu l’as dit, bouf.. Raphaël.

Dominique / Si les hommes les hommes étaient des femmes, et les femmes, des hommes, rien que cinq minutes par jour, ça changerait tout..

Raphaël / J’aimerais bien voir ça.

Dominique s’affale dans le canapé. Raphaël marche avec difficulté jusqu’au canapé

Dominique / Va doucement. Faudrait pas t’casser un truc.


Raphaël / Attends que j’arrive à destination..


Raphaël s’approche de lui et s’affale également sur le canapé


Dominique / Je te préviens, n’en profitez pas.

Raphaël / Faut pas te vexer, mais t’es pas mon genre.

Dominique / De toutes façons, j’ai pas l’droit, je suis marié. .. A une femme.

Raphaël / En plus, je suis pas d’humeur.. Vol..? Vola. Voleuse.

Dominique / En plus, ma femme, elle serait pas d’accord.

Raphaël / Je sais, elle me l’a dit l’autre jour, quand on a.. Quand on s’est..

Dominique / Je veux rien savoir !

Raphaël / Tu veux pas que je te raconte une histoire ?

Dominique  / «Escusez» mon expression, cher ami, mais les contes de fées, ça m’fait chier direct !


Raphaël / Bon, et ben, alors, bonne nuit, chérie..


Dominique / Si j’étais pas bourré, je te casserais la gueule.


Raphaël / Moi aussi.


On e
ntend une petite musique genre berceuse. Tous les deux s’endorment sur le canapé.

ACTE 2

Scène 1 : Dominique, Raphaël

On sonne à la porte. Dominique et Raphaël se réveillent (Encore abrutis) Dominique va voir à la porte. (Il marche au radar)

Dominique / (Il regarde à travers l’œilleton) Y’a une femme. Qu’est-ce qu’on fait ?

Raphaël / On ouvre, on est deux.

Dominique ouvre la porte. La fée entre

Fée / Bonsoir..

Raphaël / C’est quoi ?

Fée / Une fée. Vous m’avez demandée.

Raphaël / On a demandé personne.


Fée / Vous avez dit, je cite : «Si les hommes étaient des femmes, et les femmes, des hommes, ça changerait tout»

Dominique / Ah bon ? Je m’en rappelle plus.

Fée / Et vous avez répondu : «J’aimerais bien voir ça».


Dominique / J’ai dit ça parce que j’étais sous pression.


Raphaël / On dit pas, sous pression mais dépressif.

Dominique / C’est possible qu’on aura dit un truc, mais on fait pas attention à tout c’qu’on dit. Sinon on pourrait rien dire.

Raphaël / Mais madame la fée, admettons qu’on aura dit truc dans l’genre, mais vous voulez faire quoi avec nous ?

Fée / Je veux vous faire du bien.

Raphaël / Quel genre de bien ?

Fée / Sexuel.

Raphaël / Ah bon ? Oh ben, on dit pas non, hein Dominique ?

Dominique / Ah oui ! C’est quand vous voulez, madame !

Fée / Vous verrez, ce sera formidable.

Raphaël / On commence quand ?

Fée / Ce n’est pas tout à fait ce que vous pensez.

Dominique / Nous, dans ces cas là, on pense pas.

Fée / C’est beaucoup mieux.

Raphaël / Alors si c’est beaucoup mieux., faîtes votre travail, madame !

Fée / J’ai une sorte de don.

Raphaël / Moi aussi, j’ai un don. Je saute un mètre quatre vingt, en hauteur !


Fée / Vous permettez (Elle sort une baguette magique)

Dominique / Attention ! On n’est pas du genre à marcher à la baguette !

Fée / Avec ma baguette magique, je vais exaucer votre vœu.


Dominique / C’est ça, et moi, je suis danseuse étoile aux Folies Bergère.


Raphaël / C’est...

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C'est qui cette Sandrine , Salon contemporain

Posté le 12 août 2026 par Mourice

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