Les deux secrétaires sont à leur poste, seules, quand le téléphone se met à sonner.
VALÉRIE, répond, de façon joviale.
Cabinet d’avocats, bonjour…
MONSIEUR AUBIN
Oui, bonjour, c’est monsieur Aubin à l’appareil.
VALÉRIE, la rage se lit sur son visage, mais sa voix reste joviale.
Monsieur Aubin… Ça faisait bien une heure que vous n’aviez pas appelé…
MONSIEUR AUBIN
Oui, je sais bien, mais mon audience se rapproche, c’est dans quelques jours maintenant. Justement, je viens de vous envoyer par mails, des vidéos de la petite… euh… comment elle s’appelle déjà ? Martine, voilà. Des vidéos de Martine.
VALÉRIE
Des vidéos de votre fille… Mais bien sûr. Je vais transmettre à maître Bohn, monsieur Aubin. Elle va être ravie de passer trois heures à regarder Martine manger des légumes et faire des tours de manège, oui, oui, oui…
MONSIEUR AUBIN
C’est bien civil de votre part. Euh… par contre… je dois vous prévenir que, dans la vingtaine de vidéos que je vous ai envoyés, il y en a une… euh… un peu intime, disons.
VALÉRIE, visiblement peu enchantée, mais tâchant de ne pas le montrer vocalement.
Ha ? (Elle vérifie sur son ordinateur.) Ha oui, maintenant que vous le dites, il y a effectivement, dans les miniatures, une vidéo où c’est pas Martine qu’on voit. C’est...