Des Vacances bateaux
Une île perdue au milieu d’un océan. Un paquebot s’y est échoué il y a trente ans avec un seul rescapé : le capitaine. Le navire s’appelait « l’Interminable », mais on ne peut plus lire que « minable » sur le reste de coque.
Une série de personnages surgissent et viennent troubler la quiétude du lieu et celle du capitaine. Lui qui se réjouissait de retrouver des congénères, déchante peu à peu.
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A l’ouverture, le capitaine (vêtements en lambeaux, mais casquette vissée sur la tête) est en train de faire cuire quelque chose dans un chaudron sur un feu sommaire.
LE CAPITAINE (goûtant son plat avec une cuiller en bois) - Slurp ! Il manque quelque chose… Du laurier, si seulement j’avais du laurier !
Apparaît un Jérémy en maillot de bain, ceint d’une bouée en forme de cygne, l’air hagard. Un Mp3 sur les oreilles.
JEREMY (à lui-même) - Qu’est-ce que je fous ici ?
LE CAPITAINE - Oh ? Un sauvage ! Moi qui me croyais seul au monde ! C’est formidable ! (Tendant les bras vers Jérémy.) Allons approche ! N’aies pas peur !
JEREMY (surpris) - Qu’est-ce qui m’veut l’aut’bouffon ?
LE CAPITAINE (essayant de l’amadouer en lui tendant un fruit, comme avec un animal) - Allons, allons ! Viens là ! Approche ! Petit, petit, petit ! (Il fait aussi des bruits avec sa bouche.)
JEREMY (enlevant son Mp3 pour mieux entendre) - Hein ? Quoi ?
LE CAPITAINE (au public) - Son langage est primitif, mais c’est toujours ça ! (A Jérémy.) Toi, pas peur. Toi venir par ici. Guili ! Guili ! Guili !
JEREMY (au public) - Complètement à la ramasse le vieux !
LE CAPITAINE (euphorique) - Après toutes ces années ! Moi qui avait abandonné tout espoir ! C’est un signe !
JEREMY (enlevant sa bouée, honteux) - Oui c’est un cygne. Je sais pas nager.
LE CAPITAINE (sans écouter) - J’ai perdu le compte des jours, mais je vais t’appeler Vendredi. Approche Vendredi, je te donne ce fruit. Miam ! Miam !
JEREMY - Rien à péter de ton fruit pourri ! On est lundi et puis je m’appelle Jérémy ! (Regardant autour de lui.) C’est quoi ce bled de cinglés ?
LE CAPITAINE (abasourdi) - Ah bon ? Tu n’es pas un indigène ?
JEREMY (agressif) - Pourquoi pas un gogol aussi tant que vous y êtes ? Bon, on est où ici ? J’étais tranquille dans la piscine à débordement de l’hôtel Méridor… Et puis voilà que je débarque dans ce trou !
LE CAPITAINE (cédant à l’émotion) - Je ne sais pas où on est, mais ça fait des années que j’ai échoué mon paquebot ici… Je suis le seul survivant… Jamais aucun avion ni aucun navire ne croisent par ici ! Snif !
JEREMY (désignant le morceau de coque) - Ah ? C’est à vous l’épave ?
LE CAPITAINE (s’approchant de Jérémy) - Oui, j’étais le capitaine d’un bateau de croisière appelé «...