Flagrant délire

Un cadavre dans un sauna et une histoire de plagiat. Le Commissaire Navarin est chargé d’une enquête qui semble déboucher sur une affaire d’État.
À moins que tout cela ne soit que du théâtre…

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Liste des personnages (6)

Commissaire Navarin Non genré • Adulte • 212 répliques
Homme ou femme
Inspecteur Bordeli Non genré • • 138 répliques
Homme ou femme
Commissaire Ramirez Non genré • Adulte • 127 répliques
Homme ou femme
Divisionnaire Delatruffe Non genré • • 123 répliques
Homme ou femme
Baron Franck de Casteljarnac Homme • Adulte • 57 répliques
Homme ou femme travestie
Baronne Margarita de Casteljarnac Femme • Adulte • 66 répliques
Femme ou homme travesti

Décor (1)

Commissariat Un bureau vieillot dans un commissariat à l’ancienne. Mobilier sommaire et désuet.

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Acte 1

Un bureau vieillot dans un commissariat à l’ancienne. Mobilier sommaire et désuet. L’inspecteur Bordeli ronfle, affalé sur sa table, derrière une bouteille de whisky. Le commissaire Navarin arrive. Sans même un regard vers Bordeli, il ôte son imperméable, qu’il dépose sur un portemanteau. Il s’installe à l’autre bureau et commence à lire un magazine pour les retraités du type Pleine Vie ou Notre Temps, titrant sur un sujet déprimant (Retraite et dépression, ou encore Conventions-Obsèques : les bonnes affaires). Visiblement peu habitué à ce genre de lecture, il affiche un air sceptique. Le téléphone fixe d’un autre âge, qui trône sur son bureau, se met à sonner. Bordeli sort lentement de sa torpeur. Navarin décroche.

Navarin – Navarin, j’écoute. Bonjour Monsieur...Non, le Commissaire Ramirez nous a quittés, malheureusement.

La Commissaire Divisionnaire Delatruffe entre dans le bureau avec une couronne portant l’inscription « À notre regretté collègue et ami ».

Navarin (avec un regard vers la couronne) – Oui, définitivement, on peut dire ça comme ça... Non, il ne m’a pas parlé de cette affaire avant son départ... C’est ça, il n’a pas dû avoir le temps... Pas de problème, vous pouvez passer quand vous voulez.

Navarin raccroche. Delatruffe pose la couronne contre le bureau de Navarin.

Delatruffe – Bonjour Navarin.

Navarin – Madame la Divisionnaire...

Delatruffe lance un regard réprobateur vers Bordeli qui émerge lentement.

Delatruffe – Inspecteur...

Navarin (lisant) – « À notre regretté collègue et ami ». Mais vous êtes folle, Delatruffe, il ne fallait pas... Après tout, je pars seulement à la retraite...

Bordeli se lève et fait quelques pas incertains.

Delatruffe – Enfin, Navarin... C’est pour le Commissaire Ramirez... L’enterrement a eu lieu ce matin... Il fallait bien faire un geste...

Navarin – Ah oui, bien sûr, Ramirez... Ce matin ? Et vous avez ramené la couronne ?

Bordeli s’approche de la couronne et pose la main dessus.

Bordeli – C’est des fausses, non ?

Navarin – Ah oui, dites donc, c’est bien imité...

Delatruffe – L’avantage, avec les fleurs artificielles, c’est qu’elles sont éternelles. Comme nos regrets. On peut donc s’en servir plusieurs fois...

Navarin – Bien sûr... Et comme il n’y a pas de nom sur la couronne... C’est pratique...

Delatruffe – Comme vous le savez, le budget de la police a encore été amputé cette année pour tenter de réduire le déficit abyssal de la France...

Navarin – Des fausses couronnes mortuaires... Il est temps je quitte la police. Bientôt, on nous équipera avec de faux pistolets et de faux gilets pare-balles.

Bordeli (marmonnant) – Tant qu’on me laisse boire du vrai whisky...

Bordeli tente d’escamoter sa bouteille. Delatruffe lui lance un regard agacé, mais préfère ne pas relever.

Delatruffe – Alors, commissaire, c’est votre dernière journée ! Et cette retraite, ça se prépare ?

Navarin (montrant son magazine) – J’essaie de me documenter un peu en lisant la presse spécialisée. Pour l’instant, ça me donne plutôt envie de me suicider.

Delatruffe – Allons, Navarin ! Vous êtes encore jeune. Vous auriez pu rester quelques années de plus avec nous. Qu’est-ce qui vous oblige à partir, si vous craignez tellement de vous ennuyer ?

Navarin – Il ne faut pas lasser son public, Delatruffe... (Ironique) Je préfère partir au sommet de ma gloire...

Son téléphone sonne à nouveau.

Navarin – Navarin, j’écoute ! Oui, Monsieur le Directeur... Très bien, Monsieur le Directeur... Au revoir, Monsieur le Directeur... (Il raccroche) C’était Monsieur le Directeur...

Delatruffe – Pour vous féliciter personnellement avant cette retraite bien méritée, j’imagine.

Navarin – Il voulait surtout s’assurer que je ne serai plus là demain matin... et que je n’emmène avec moi aucun dossier compromettant.

Bordeli – Compromettant pour qui ?

Navarin – Vous aviez autre chose à me dire, Madame la Divisionnaire ? Une dernière affaire à me confier, peut-être ?

Delatruffe – Ma foi non, Navarin... La journée s’annonce plutôt calme. Vous aurez tout le temps de faire vos cartons tranquillement.

Navarin se lève et prend la couronne.

Navarin – Je vais commencer par remettre ces fleurs dans la réserve. En attendant l’occasion de leur faire prendre l’air encore une fois.

Bordeli – Oui, parce que là, on pourrait croire que c’est vous qu’on enterre...

Navarin sort avec la couronne.

Delatruffe – C’est à quelle heure son pot de départ ?

Bordeli – Dix-huit heures... Après la fin du service.

Delatruffe – Très bien... Vous ne lui avez rien dit, au moins ? Il faut que ce soit une surprise...

Bordeli – En principe, il ne se doute de rien. Mais peut-on vraiment cacher quelque chose à un grand flic comme lui ?

Delatruffe – Sans alcool, le pot, hein ? Vous connaissez les nouvelles consignes...

Bordeli – Rassurez-vous, Madame la Divisionnaire. Je ne bois jamais en dehors des heures de service... On a remplacé le vrai champagne par du Champomy.

Delatruffe – C’est tout aussi bon... et c’est beaucoup moins cher. Mais où est-ce que vous avez planqué les bouteilles pour qu’il ne les voit pas ? Pas dans la réserve, j’espère.

Bordeli – Je les ai mises au frais. À un endroit où il n’est pas près de les trouver.

Delatruffe – Où ça ?

Bordeli – Dans la chambre froide, à la morgue.

Delatruffe – Il fallait y penser, en effet... Bon, je vous laisse travailler. Et puisque vous n’avez pas l’air débordé, vous non plus, si vous pouviez me ranger un peu tout ce bordel, Bordeli...

Bordeli – Oui Madame la Divisionnaire.

Delatruffe – Le Procureur sera là, ce soir, pour le pot de départ de Navarin. Je ne voudrais pas qu’il ait une mauvaise impression...

Bordeli – Bien Madame la Divisionnaire.

Delatruffe s’en va.

Bordeli – J’ai l’impression d’entendre ma mère quand elle me disait de ranger ma chambre...

Conchita Ramirez arrive, et jette un regard vers Bordeli, en train de s’envoyer une rasade de whisky pour se mettre en train.

Bordeli – Décidément, il n’y a pas moyen d’être tranquille cinq minutes.

Ramirez – Pardon de vous interrompre en plein travail...

Bordeli – La prochaine fois, mon petit, il faudra vous annoncer au planton, à l’entrée. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

Ramirez – Je suis le Commissaire Ramirez.

Bordeli – Si vous êtes le Commissaire Ramirez, moi je suis Sœur Emmanuelle.

Ramirez – Désolée, ma sœur, je vous avais pris pour un flic.

Bordeli – Le Commissaire Ramirez, on l’a enterré ce matin.

Ramirez – Oui. D’ailleurs, je ne vous ai pas vu à l’église.

Navarin revient, avec la couronne.

Navarin – Il n’y a plus de place dans la réserve... Ça ira mieux quand j’aurai vidé mes affaires... Je vais la foutre là en attendant...

Il pose la couronne, et jette un regard vers Ramirez.

Navarin – Mademoiselle... Je peux faire quelque chose pour vous ?

Bordeli – Vous allez rire, Commissaire. Cette jeune personne prétend être le Commissaire Ramirez.

Navarin – Tiens donc. Jusqu’à maintenant, je ne croyais pas à la réincarnation. Mais si c’est vrai, on ne perd pas au change, n’est-ce pas Bordeli ? Parce que la dernière fois qu’on l’a vu, le Commissaire Ramirez, il avait beaucoup moins de sex-appeal que vous, croyez-moi.

Bordeli – Entre nous, on l’appelait Quasimodo...

Delatruffe revient.

Delatruffe – Ah, Commissaire, vous êtes déjà là ? Messieurs, je vous présente le Commissaire Conchita Ramirez. C’est la fille de notre regretté collègue, à qui nous avons rendu les honneurs ce matin avant de le mettre en terre.

Navarin – Non ?

Bordeli – Maintenant que vous le dites... C’est vrai qu’il y a comme un air de famille...

Navarin (tendant la main à Ramirez) – Commissaire Navarin. Toutes mes condoléances... Je suis vraiment désolé de ne pas avoir...

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