ACTE 1
Sur un fond sonore, rappelant la série « Les brigades du Tigre » une voix off resitue le contexte en cours, de l’année dans laquelle se déroule l’histoire de cette comédie. Exactement comme dans la série culte.
Voix off : en 1922, le 19 juin, le service militaire passe à une durée de 18 mois. L’Europe se remet lentement en marche après la triste « longue guerre ».
Marie Curie est élue à l’académie de Médecine française tandis qu’au même moment et sans aucun rapport, l’esquimau glacé est inventé en Amérique dans l’Iowa par Christian Nelson.
le Trésor de Toutânkhamon est découvert par les Anglais Lord CARNARVON et Howard CARTER, la guerre civile irlandaise éclate entre les partisans et les opposants au traité après la création de l’État libre d’Irlande, plongeant le pays dans un conflit brutal. Les brigades du tigre, crées sous le nom des brigades mobiles par Georges Clémenceau deviennent de plus en plus efficaces et s’équipent désormais, outre l’utilisation généralisée des automobiles, de policiers et gendarmes bénéficiant d’entrainements intensifs ! La prohibition aux états unis bat son plein donnant du fil à retorde à Eliot Ness face à son ennemi juré, Al Caponne ! En France, la prohibition n’ayant jamais existé, DIEU MERCI, des réseaux internationaux s’organisent pour vendre des stocks d’alcool français à la pègre américaine, mettant ainsi, l’état français dans une situation délicate. Dans une lettre non officielle, le ministre des Affaires étrangères demande au directeur en charge des célèbres brigades du tigre de fourrer leur nez dans ces histoires de contrebandes internationales… pendant ce temps-là, dans l’une de ces brigades …
Générique des « brigades du tigre »
Pendant le générique de la série les brigades du tigre » (qui peut être chanté par les 3 hommes) le rideau s’ouvre, découvrant ainsi un commissariat de l’époque 1922. Un homme, moustachu est assis à son bureau, il écrit une lettre, puis quand le générique s’arrête, il relit :
Commissaire Victor : alors, nanani nanana, bien ça, voilà… nananinana ! (il conclut tout en l’écrivant) Votre dévoué commissaire Victor. POINT final !
A ce moment, entre la femme de ménage plumeau à la main. Elle s’adresse au commissaire comme s’ils étaient amis, tout en faisant la poussière
Berthe : « Votre dévoué commissaire Victor » hein ? ça fait un peu lèche botte, je trouve.
Commissaire Victor : ah vous trouvez ? n’oublions pas qu’il s’agit de Georges Clémenceau !
Berthe : enfin, moi je dis ça … j’espère que vous avez été clair et précis dans votre demande.
Victor : J’ai fait comme j’ai pu, ma bonne Berthe ! de toute façon, au point où j’en suis…
Berthe : ça ne peut pas être pire, je vous l’accorde ! il n’empêche, je doute que nous ayons du renfort avant longtemps.
Victor : que NOUS ayons du renfort ?
Berthe : enfin, je veux dire que vous ayez du renfort ! que voulez-vous, je prends trop les choses à cœur.
Victor : et c’est bien aimable de votre part. mais, je vous rappelle que l’administration vous a engagé pour entretenir cette brigade, ma bonne Berthe.
Berthe : oui, oui je sais ! les hommes ont des postes importants et nous, braves femmes, sommes vos esclaves dévouées !
Victor : On ne va pas rediscuter de ça ma bonne Berthe, …
Berthe : (agacée) oh ! arrêtez avec « ma bonne Berthe » par ci et « ma bonne Berthe par-là » !!! Le « ma » est de trop, le « bonne » est de trop aussi ! je ne suis ni votre, ni bonne ! après, tout, je suis une agente administrative… comme vous d’ailleurs !
Victor : Oui, on peut dire ça, si vous voulez. Ecoutez, je suis navré de vous avoir heurté mais malheureusement, ce n’est pas moi qui bats et distribue les cartes en ce bas monde.
Berthe : les cartes ? pfff ! le jeu est truqué, vous voulez dire ! Les femmes sont bien plus perspicaces que les hommes et dans bien des domaines. Y a qu’à voir, Marie Curie : 2 prix Nobel ! et Sarah Bernarhdt ? et Coco Chanel ? ça en fait du beau sexe ça, hein ? je vous le dis, mon cher Commissaire, des femmes dans la police, ça, ça aurait du chien !
Victor : parce que vous, vous aimeriez faire partie de la police ?
Berthe : et pourquoi pas ? je n’ai peut-être pas fait de grandes études moi, mais je peux vous dire qu’il y en a là-dedans ! (elle montre sa tête du doigt) C’est pas comme les 2 abrutis qui vous servent de brigade. Même si j’ai un faible pour Laboule, je dois le reconnaître.
Victor : et bien vous savez quoi ? si un décret passe ces prochains jours, je vous ferai signe. je m’y engage. En attendant, ma bonne…
Berthe : (elle le coupe en brandissant son plumeau) Attention hein ?!
Victor : en attendant, ma chère Berthe, j’ai du travail.
Berthe : parce que moi, je me les roule, peut-être ? ah, je vous jure … (elle sort)
Victor est seul
Victor : des femmes dans la police … ! il manquerait plus que ça ! (il ricane) manquerait plus qu’elles votent aussi ! et pourquoi pas une femme chef d’entreprise ? ha, ha ha ! ou mieux encore, ministre, pendant qu’on y est ? (ricane encore plus fort !) Il glisse sa lettre dans une enveloppe sans la fermer. Un homme entre. Une fois entré, il frappe à la porte.
Victor : Brigadier Laboule, combien de fois vais-je devoir te répéter que l’on frappe AVANT d’entrer, et non le contraire.
Laboule : aaahhh ! voilà oui, c’est ça ! à chaque fois, je me fais avoir. Je recommence.
Victor : non attends pas la peine de … (trop tard, Laboule sort)
On frappe
Victor : entre ! (Rien. Il crie plus fort) ENTRE !!
Laboule : (il entre, ferme la porte et frappe à nouveau sur cette dernière) C’est pas facile de retenir toutes les consignes mais je vais y arriver, nom di diou ! foi d’Henri Laboule !
Victor : bon… alors l’enquête sur l’affaire des poules de Madame Richardine, ça avance ?
Laboule : (tout fier) ah, ah !! on peut dire que oui ! affirmatif, mon colonel !
Victor : Commissaire, ça suffira bien. Parfait. Donc on peut dire que l’affaire est quasiment résolue ?
Laboule : ah ça, mon colo…missaire, on peut le dire ! D’ailleurs, je me suis permis d’amener la suspecte, qu’est ce qu’on en fait ?
Victor : et bien, fait là entrer, qu’on l’interroge et que l’on consigne ses aveux !
Laboule : (siffle et apparaît Richardine)
Richardine : ça va hein ? j’suis pas un chien !
Laboule : alors voilà, c’est tout simple, y a jamais eu de vol de poules !! cette dame vendait ses poules au marché noir à un prix exorbitant et ça, depuis la grande guerre jusqu’à maintenant !
Victor : Madame, vous confirmez cette information ?
Richardine : complètement ! et même j’en suis fier !
Victor : ce que je ne comprends pas, c’est que la guerre est finie depuis 4 ans. Pourquoi continuez vous à faire du marché noir ?
Richardine : oh ça ? c’est facile. Il se trouve que c’est toujours au même crétin que je vends mes poules. Et à un prix de marché noir !
Victor : vous voulez dire que depuis la guerre, quelqu’un continue à vous acheter des poules à prix d’or ? mais … c’est un idiot !
Richardine : voilà, vous avez tout compris. Donc, je ne vois pas pourquoi je m’en priverais !
Victor : en effet. Cela n’est pas illégal mais pas très honnête ! et… peut on savoir qui est ce crétin ?
Richardine : oh, il n’est pas bien loin de nous !
Laboule : exact ! c’est moi mon commissaire ! c’est pour ça que l’enquête était facile !
Victor : c’est toi… quoi ?
Laboule : et bin… c’est moi qui lui achetais ses poules ! oh là là … faut suivre un peu !
Victor : Quoi ? ça fait 2 mois que je t’ai mis sur cette enquête et c’est aujourd’hui que tu comprends l’affaire ? alors que c’était toi qui achetais ses poules ? le crétin, c’était toi ?
Laboule : hi, hi ! oui, c’était moi ! c’est quand même incroyable non ? j’ai failli passer à côté de la solution ! heureusement, j’suis pas complètement demeuré !
Richardine : dites, si vous n’avez rien contre moi, je peux y aller ? je n’ai pas que ça à faire.
Victor : heu oui, oui ! désolé pour le dérangement.
Laboule : au fait, à demain hein ? je passerai chercher une poule pour le w end ! (Richardine sort) Dites, vous ne sentez pas comme une odeur de … rhum ou je ne sais pas quoi ?
Victor : Non, je ne sens rien. Mais en tout cas, pour une affaire résolue, on est servi ! je ne sais même pas s’il faut taper quoique ce soit !
Laboule : Hum, je ne suis pas certain qu’il faille en venir aux mains. De toute façon, elle a tout avoué, alors …
Victor : (énervé) Le rapport, je te parle de taper le rapport à la machine. Tu sais ? avec tes petites mains et tes petits doigts … tac, tac, tac !
Laboule : ah ça ? oui, oui biensûr ! hé hé hé …
Victor : qu’est ce qui te fais rire ?
Laboule : et bin c’est que vous avez précisé avec les mains. Et alors, je me suis dit heureusement ! parce qu’avec les pieds, hé hé, c’est beaucoup plus compliqué !
Victor : (las) Bonté divine !
Laboule : surtout que les doigts de pieds, c’est vachement plus dur à faire bouger. Sauf pour l’Emile ! alors lui, j sais pas bien comment il se débrouille mais l’autre jour, je l’ai vu déboucher une bouteille de vin avec ses 2 pieds. Y parait même qu’il arrive à se gratter l’oreille avec un panard, pendant qu’il se roule une cigarette avec l’autre ! moi ça, et bin ça me siderge !
Victor : Sidère ! On dit, Sidère !
On frappe à la porte
Victor : oui ? entre !
Entre l’inspecteur Terassin
Terassin : Messieurs, bonjour. Quoi de neuf aujourd’hui ?
Laboule : t’as complètement foiré ton entrée toi. C’est pas compliqué, bourrique ! regarde : il sort ferme la porte, puis entre et frappe à la porte et referme celle-ci !) tu vois ?
Terassin : ça ne s’arrange pas toi ! bon, Commissaire, je crois avoir compris pour heu … hum…
(il montre du menton son collègue) … les poules de la mère Richardine !
Laboule : à la maison ! ha ha ah !!
Les 2 autres le regardent effarés
Laboule : à la maison ! dine à la maison !! Richard dine à la maison !! oh là là, les gars, vous avez la comprennure difficile vous !!
Victor : La comprennure ? hein, la comprennure ? j vais t’en refiler moi de la comprennure !!
Terassin : Chef, ne vous énervez pas. C’est pas bon pour votre tension, vous le savez bien. Alors heu … hum à propos de l’affaire des poules, je crois que j’ai compris.
Laboule : pas la peine de monter sur tes ergots, j’ai trouvé avant toi. Affaire réglée !
Terassin : ah ? alors, vous savez donc qui les achetait ?
Victor : oui, cet abruti, viens de m’expliquer !
Laboule : (fier) et oui mon canard, c’est moi l’abruti !! il me reste plus qu’à taper mon rapport à la machine, attention hein ? quand je dis taper, c’est pas pour la faire avouer, hein ? (au commissaire sur le ton de la confidence) Mon colonel, je préfère être précis avec lui, parce que … hum il a pas tout son cerveau qu’est alimenté correctement, si vous saisissez bien ce que je veux dire !
Victor : laisse tomber le rapport ! On est suffisamment ridicule comme ça.
Terassin : à propos de … ridicule. Vous avez écrit votre lettre pour du renfort ?
Victor : oui. D’ailleurs, ce serait bien de la poster rapidement. Le relevé ici, c’est une fois par semaine.
Terassin : je m’en occupe, si vous voulez.
Victor : Heu … on va attendre que Cécile la lise. Je le lui avais promis.
Terassin : ah, si Cécile lit, Cécile sait !
Laboule : et si en Sicile Cécile oscille des cils c’est que Cécile sait !
Victor : c’est fini oui ?
Laboule : Je veux rien dire sur le sujet, patron. Mais madame LA commissaire, c’est pas LE commissaire !
Terassin : Sur ce coup, je dois avouer que Laboule a raison, chef. Depuis quand les femmes ont leur mot à...