La clé est sous le pot de fleurs
“La clé est sous le pot de fleurs” avait dit Jean-Pierre à son ami Stéphane . Tout heureux de profiter d’un week-end à la campagne, ce dernier débarque avec Mathilde, son épouse, mais à peine ont ils poussé la porte que les surprises commencent.
De quiproquos en rebondissements, cette pièce en 1 acte drôle et dynamique saura contenter un large public
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(Entrée de Stéphane et Mathilde. Stéphane porte un bagage à main.)
Stéphane- Attends que je trouve l’interrupteur. (La scène s’éclaire.) Ah ! Voilà !
Mathilde- Tout de même, je ne le trouve pas très prudent, ton ami… Te rends-tu compte, laisser la clé sous un pot de fleurs, ce n’est pas très original, n’importe qui pourrait s’introduire.
Stéphane- Tu sais Mathilde, ici nous sommes à la campagne, il n’y a pas de voleurs.
Mathilde- Il n’empêche, même à la campagne, ce n’est pas moi qui laisserais ma clé de maison sous un pot de fleur. J’aurais bien trop peur de me faire cambrioler.
Stéphane- Cela ne m’étonne pas de Legrand, tu sais, Jean-Pierre est un homme ouvert, pas du tout méfiant et très généreux.
Mathilde- Généreux, faut voir… C’est vrai que l’idée de nous prêter la maison, c’était plutôt gentil … La perspective de passer un petit week-end loin de l’agitation urbaine, c’était, à priori, une bonne idée mais là…. (Elle déambule dans la pièce, observant les meubles et la décoration sommaire.) Stéphane, ne le prends pas mal… Je ne veux pas être désagréable mais… je dois t’avouer que je suis un peu déçue… C’est… Comment dire… Rustique. Tu ne trouves pas ?
Stéphane- Rustique… Oui, je pense qu’on peut le dire, c’est … rustique. Je suis même carrément surpris. Je ne m’attendais pas, moi non plus, à trouver un aménagement aussi sommaire.
Mathilde- Dis-moi Stéphane… Ton copain … Legrand… Jean-Pierre, c’est cela ? Ça fait longtemps que tu le connais ?
Stéphane- Ca fait déjà quelques années, pourquoi ?
Mathilde- Tu m’as bien dit qu’il était conservateur dans un musée ?
Stéphane- Oui, c’est cela.
Mathilde- Tu crois que c’est parce qu’il est conservateur qu’il garde toutes ces vieilleries ? (Elle désigne quelques objets de brocante.) Ton copain, il a peut-être beaucoup de qualités mais avoue tout de même qu’il est un peu crade et qu’il a mauvais goût.
Stéphane- Je ne comprends pas… Lui qui est toujours sapé comme un milord et qui a un tel sens du raffinement… J’ai du mal à l’imaginer dans ce décor. C’est évident qu’il n’a pas encore trouvé le temps d’emménager dans les lieux.
Mathilde- En tous cas, je le trouve un peu gonflé de te prêter la maison dans cet état. Il a honte de rien, ton Jean-Pierre ! Tu es vraiment sûr que c’est un ami ? Parce que moi, permets-moi d’être franche, j’appelle ça un cadeau empoisonné… Dire que je me voyais déjà tranquillement installée dans un fauteuil Louis quinze, devant une cheminée Renaissance à jouer les châtelaines en sirotant un thé de Chine spécialement sélectionné par… (Prenant un air snob) notre cher ami Jean-Pierre… Je vois bien que c’est râpé… Au lieu de ça, je vais devoir jouer les Cendrillons et tout nettoyer du sol au plafond si je ne veux pas attraper une allergie ou un méchant virus… Mais oui ! C’est ça ! L’enfoiré ! Il nous a prêté sa maison pour qu’on lui fasse le ménage ; et nous, pauvres pommes, on se tape plus de deux heures de route pour venir lui passer la serpillère. Bravo ! Bon plan ! Ah ! Le Machiavel ! Il doit être ravi d’avoir trouvé des gogos comme nous, ton Jean-Pierre. C’est sûr qu’à cette heure-ci, il doit bien rigoler en pensant à la tronche qu’on a fait en poussant la porte.
Stéphane- Mathilde ! Je t’en prie ! Arrête un peu de délirer, veux-tu ? Certes, ce n’est pas très luxueux mais malgré tout, ce n’est pas un taudis, reconnais-le. Je comprends que tu sois un peu déçue mais tâchons de bien le prendre et tu verras qu’au bout du compte, nous ne regretterons pas notre week-end.
Mathilde- Il me tarde d’examiner l’état de la literie et des draps. Je te préviens, si ce n’est pas propre, on s’en va immédiatement.
Stéphane- Il est...