La diva du rocker

Un chanteuse lyrique passe une semaine dans une maison que les occupants criblés de dettes, louent pu se renflouer. Son manager y voit une pportunité pour relancer la carrière de sa chanteuse en perte de vitesse.

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ACTE 1

Scène 1 : Jean-Michel, Christine

Jean-Michel Dugnoux entre. Il est en survêtement. Il fait des étirements, puis s‘affale dans son canapé, les pieds posés sur une table basse. Il débouche une canette de bière et se prépare à regarder la télé. Il ne trouve pas la zappette. Il la cherche dans le canapé.


Jean-Michel / Elle est où, la zappette ? … Christine ? Elle est où, la zappette ? …

Christine entre et balance la zapette qui se fraccasse contre un mur.

Jean-Michel / La zappette !

Christine / Ca va ? C’est pas trop dur ?

Jean-Michel / Forcément, madame n’aime pas le sport.

Christine / A part le foot, y’a pas grand chose qui t’intéresse.

Jean-Michel / Si, y’a toi.

Christine / C’est ça..

Jean-Michel / Euh.. Chérie.. Tu veux bien allumer la télé ?

Christine / C’est pas marqué zappette !

Jean-Michel / S’il te plaît ?

Christine / Y’a à peine deux mètres de ton cul à la télé. Même sans entraînement, tu devrais y arriver. Alors, le sportif, il se démerde.

Christine va dans la cuisine. Jean-Michel se lève et ramasse la zappette.

Jean-Michel / Elle est cassée. T‘as cassé la zappette !

Christine / Je m’en fous !

Jean-Michel / (En ronchonnant) Elle pourrait me faire plaisir. Et ben non ! (Il allume la télé qui ne fonctionne pas) .. La télé, elle marche plus !

Christine / Y’a pas qu’elle qui ne marche plus.

Jean-Michel / (Il vérifie si elle est branchée) T’as touché à la télé ?

Christine ne répond pas et sort.

Jean-Michel / Réponds pas surtout ! .. (Il secoue la télé) Saloperie.. Christine ?

Christine revient avec un marteau (ou une masse).

Christine / Elle arrive, la saloperie.. (Elle «fracasse» la télé). Maintenant, tu peux la regarder tant qu’tu veux. T’as même plus besoin d’zappette.

Jean-Michel / (Médusé) T’es malade !

Christine / (Christine tient le marteau et le regarde avec un air inquiétant) Ca s’pourrait..

Elle va dans la cuisine.

Jean-Michel / Mais qu’est-ce j’vais faire ? Qu’est-ce que j’vais faire ?

Christine revient avec un récipient rempli de pommes de terre. Elle le pose sur la table.

Christine / Si tu sais pas, v’là de quoi t’occuper !

Jean-Michel / Mais pourquoi moi ?

Christine / T’épluches ou tu n’bouffes plus !

Jean-Michel / J’ai rien fait !

Christine / (Elle lui donne un économe) Ce midi, c’est des frites. Et ça, ça s’appelle un économe.

Jean-Michel se lève.

Jean-Michel / Et la télé ?

Christine / T’auras qu’à me r’garder ! C’est comme une série. Tous les jours ça change, sauf qu’on sait jamais ce qui va s’passer.

Christine sort. Dépité, Jean-Michel s’apprête à éplucher les pommes de terre.

Christine / Et bien fines les épluchures ! Au prix où sont les patates, t’as intérêt à pas gâcher.

Scène 2 : Jean-Michel, Christine, Ralf

Jean-Michel épluche les patates. Christine est dans la cuisine.

Jean-Michel / (Parlant tout seul, comme menaçant) Ca s’appelle de l’esclavage !

Christine / Je sais !

On sonne à la porte

Jean-Michel / On a sonné !

Voix de Christine / T’as qu’à ouvrir !


Jean-Michel / J’peux pas, j’ai les mains prises !

Christine entre, en maugréant

Christine / Quelle fainéant ! Moi, je peux faire dix choses en même temps, et il n’est pas foutu d’en faire une.

Très énergique, Christine ouvre la porte. Pendant la conversation, Jean-Michel écoute.

Christine / (Très sèchement) Qu’est-ce que c’est ?

Ralf / Madame Dugnoux ?

Christine / C’est elle ! C’est pour quoi ?

Ralf / C’est moi que vous avez eu au téléphone. Pour votre petite annonce.

Christine / Ma petite annonce ? Ma petite annonce.. Ah oui ! Je vous attendais la semaine prochaine.

Ralf / Tout à fait. Seulement, nous avons dû changer nos dates. Alors, si c’était possible..

Jean-Michel / C’est quoi ? (Il écoute la conversation)

Christine / T’occupe !

Ralf / Moyennant un petit dédommagement supplémentaire..

Christine / Combien ?

Ralf / Mille.

Christine / Par contre, je n’ai encore rien préparé.

Ralf / Ne vous inquiétez pas, Gounda sait se tenir.

Christine / Bon, ben, alors.. C’est d’accord.


Jean-Michel / On peut savoir c’qu’il s’passe ?

Christine / (Pas aimable) Epluche !

Ralf / Je vais chercher Gounda et je reviens tout de suite !

Ralf sort

Scène 3 : Jean-Michel, Christine

Jean-Michel / C’est qui, cette Gounda ? Un chien ? On va garder un chien ?

Christine / C’est pas un chien, c’est une femme.

Jean-Michel / Une femme ! On va garder une femme ? Mais pour quoi  faire ?

Christine / Pour remplir le frigo ! Parce que je te signale que c’est pas avec le pognon que tu ramènes qu’on peut s’en sortir.

Jean-Michel / T’as loué la maison ?

Christine / Pour une semaine. Deux mille.

Jean-Michel / Deux mille ! .. Et t’as loué qu’une semaine !

Christine / Ah tu vois. Maintenant, t’es d’accord.

Jean-Michel / Mais nous ? Où est-ce qu’on va habiter ?

Christine / Dans l’jardin. On fera du camping.

Jean-Michel / Du camping dans l’jardin ?

Christine / J’ai loué la maison, et nous avec.

Jean-Michel / Nous avec.. ? Ca veut dire quoi ?

Christine / Ca veut dire qu’on leur fera à bouffer, qu’on fera le ménage ; et que tu feras des efforts.

Jean-Michel / (Sa bière à la main) Des efforts ? Mais pourquoi moi ? Je fais que ça, des efforts.

Christine / Et faudra que ce soit impeccable ! Ils veulent du cinq étoiles. Du nickel ! Pas de l’à peu près, si tu comprends ce que j’veux dire !

Jean-Michel / Ca veut dire quoi, exactement ?

Christine / Épluche !

Scène 4 : Jean-Michel, Christine, Gounda

Juste à ce moment, Gounda entre. Elle a un manteau très ample, un chapeau imposant, des bijoux partout. Elle est énorme.

Gounda / Je suis si confuse de m’imposer ainsi, mais rassurez-vous, je me ferai toute petite.

Christine / Bonjour ! Et bienvenue ! Vous êtes ici chez vous !

Gounda / Bien sûr.. (Elle enlève son chapeau et attend qu’on lui prenne)

Christine / (Crié) Jean-Michel ! Le chapeau !

Jean-Michel va prendre le chapeau. Gounda enlève ses gants et regarde le salon.

Gounda / Faites attention, c’est de la peau de zébu.

Christine / (A Jean-Michel) T’a entendu ? C’est du zébu !

Jean-Michel / Madame.

Gounda / Mademoiselle. Mais faisons simple, appelez-moi Gounda.

Christine / Et moi, c’est Christine. .. (A Jean-Michel) Le manteau !

Gounda lui donne son manteau. Jean-Michel se retrouve un peu submergé par les affaires de Gounda.

Gounda / Faîtes attention. C’est un cadeau d’un admirateur. Un prince.. Je n’ai pas gardé le prince, mais j’ai gardé le manteau.

Christine / Vous faîtes quoi comme travail ?

Gounda / Mon manager ne vous a pas dit ?

Christine / Vous savez. Moi les gens font ce qu’ils veulent !

Gounda / Mais enfin, je suis Gounda.

Christine / Gounda.. Gounda comment ?

Gounda / Gounda Ramoute. La chanteuse.


Christine / Ah bon ?

Gounda / C’est incroyable. Vous ne m’avez jamais vue. A la télé ?

Jean-Michel / Non, et maintenant, ça risque pas.

Gounda / Je suis dans la chanson lyrique à la télé.. Je chante de l’opéra.

Jean-Michel / L’Opéra ? Vous chantez dans l’métro ?

Gounda / Dans l’métro ? Oh ! .. Je me produis sur toutes les scènes du monde. Milan. Cologne. Paris. Londres. (Elle chante) «L’amour est enfant de bohème. Il n’a jamais, jamais connu de loi ; si tu ne m’aimes pas, je t’aime. Si je t’aime, prends garde à toi. Prends gaaaarde à toi !»

Christine / Jamais entendu.

Gounda / Rossini ! Mozart ! Puccini ! Vivaldi ! Bizet !

Jean-Michel / Bizet.. ? J’ai un copain qui s’appelle comme ça. C’est peut-être de sa famille.

Gounda / Je ne crois pas.

Christine / Vous voulez peut-t’être vous asseoir ?


Gounda / Volontiers. Et si cela ne vous ennuie pas, j’aimerais boire quelque chose. J’ai la gorge sèche, et je dois veiller à me l’humidifier. Sinon, je risquerais de perdre ma voix.

Jean-Michel / Une bière ?

Gounda / Jamais d’alcool ! Cela m’est interdit.

Jean-Michel / Et vous venez faire quoi chez nous ?

Gounda / Prendre des vacances En quelque sorte, je suis venue me mettre au vert.

Jean-Michel / C’est mieux qu’au rouge !

Gounda / (Un peu étonnée par la réplique) Euh.. Je suis...

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Posté le 11 août 2026 par Mourice

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