Le carrosse à Josette

Dans les temps anciens, dans un pays imaginaire, une pauvre fille en bave tous les jours (Parodie de Cendrillon)

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Décor (1)

Le carrosse à Josette Cour de ferme ou devant un manoir Peut se jouer en extérieur

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PRÉAMBULE

On entend les trois coups. Le rideau se lève. La scène est vide. Un troubadour apparaît. (Il peut avoir un instrument de musique, genre mandoline, ou guitare, à la rigueur, un tambour) Il peut être masqué. (On peut aussi n’entendre que sa voix)

Troubadour / Oyez ! Oyez ! Braves gens qui écoutez !

L’histoire de la pauvre enfant

Qu’avait pas d’papa, qu’avait pas d’maman !

Et qu’avez pas non plus fait des études,

Et pour laquelle la vie était trop rude !

Oyez ! Oyez !

Il repart en coulisses.

ACTE 1

Scène 1 : Farfadet, Josette

On entend un chant d’oiseaux, puis on voit le farfadet (Il ou elle a un défaut de prononciation. Il zozote)

Farfadet (Marionnette ou comédien(ne) / Salut la populace ! C’est moi. Juju, le farfadet. Alors.. Un farfadet, c’est comme qui dirait un lutin, un «guenome» , bref, un génie ! Et moi, en plus que je suis intelligent, je vois tout, j’entends tout, et je sais tout ! Aussi, aujourd’hui, je vais vous raconter une belle histoire.. L’histoire de Josette ! Une pauvre fille malheureuse qui vivait dans un pays très très lointain, dans un coin sans rien, c’est à dire à la campagne, chez les bouseux. Pigé ?.. Bon ! On y va. Alors.. Un peu de poudre magique.. C’est de la Perlimpinpin  ! Attention ! (Il jette la poudre) Action !

Il tousse et se met en retrait pour commenter la scène. Puis Josette sort d’une étable et va dehors. Elle porte des haillons et fait pitié à voir. Elle se lamente beaucoup mais respire l’innocence et la gentillesse. Elle balaie la scène. Elle répète les paroles du farfadet et parle très fort en regardant vers le public ou en l’air.

Josette / Oh que je suis drôlement très malheureuse ! Oh oui ! Le matin, le midi, et aussi la nuit. Oh oui que je suis beaucoup très malheureuse.

Farfadet / Exact ! La pauvre petite Josette disait vrai, car en plus d’être très malheureuse, elle ne mentait jamais.

Josette / (Regardant vers le public) Je ne mens jamais !

Farfadet / En plus, elle habitait dans un coin paumé où il n’y avait rien. Pas de train ! Pas de gare ! Et même pas d’épicier !

Josette / En plus, y’en a jamais eu.

Farfadet / Alors, tous les jours, la pauvre très malheureuse rêvait d’aller dans un pays où il fait toujours beau quelque part, et d’y rester.

Josette / Je sera très contente si je «pouvas» aller dans un pays où il fait toujours beau quelque part, et d’y rester !

Farfadet / Ca pouvait se comprendre car elle habitait dans une étable, parce qu’elle n’avait pas le droit d’habiter dans le manoir, vu que dedans le manoir, elle était pas bien vue.

Josette / Dedans le manoir, je suis pas bien vue !

Farfadet / Heureusement, les cochons, les poules et toute la basse-cour étaient tous ses grands amis.

Josette / Parce que les animaux, ils ont du bon fond.

Farfadet / Il faut dire que sa maman, ce n’était pas sa vraie maman.

Josette / Ma maman, c’est pas ma maman !

Farfadet / Et sa sœur non plus.

Josette / Et sa sœur, c’est pas ma maman non plus !

Farfadet / Ni même sa demi-sœur, vu que la pauvre malheureuse, c’était une enfant perdue.

Josette / Je suis une enfant perdue !

Farfadet / Toute la journée, elle se tapait tout le travail. A peine elle avait fini, fallait qu’elle recommence ! La pauvre finissait sa journée sur les genoux.

Josette / J’ai mal aux genoux !

Farfadet / Même pas une petite pause pour qu’elle se défatigue un tout petit peu.

Josette / Sauf le midi !

Farfadet / Un quart d’heure.

Josette / Pour manger une pomme.

Farfadet / Le trognon.

Josette / Le trognon c’est bon !

Farfadet / Mais comme elle était très gentille et quand même un peu pas finaude.., elle trouvait ça normal.

Josette / C’est normal.

Farfadet / Faut dire que dans les temps anciens, les propriétaires étaient tous radins. Et en plus, à l’époque, y’avait pas de syndicats ! C’était la crise.

Josette / Je suis interdite de c’rises !

Farfadet / En conclusion, on peut dire qu’elle était dans la merde.

Josette / Les vaches, elles en mettent partout !

Farfadet / La question, c’était comment qu’elle allait s’en sortir. Car elle en voulait !

Josette / Je veux sortir de la merde !

Farfadet / Parce que, forcément, elle voulait sortir, pour découvrir le monde, faire les magasins, et devenir intelligente à la fin.

Josette / Je veux sortir, pour découvrir du monde, faire les magasins, et devenir intelligente à la fin !

Farfadet / Ca s’ra pas d’la tarte.

Josette / J’a jamais d’tarte !

Farfadet / Bon, moi je m’tire.

Scène 2 : Josette, Mère

Le farfadet sort. La Mère entre. Elle vient de son manoir. La Mère fait attention à ne pas salir sa robe.

Mère / Encore en train de rêver !

Josette / Je.. Je pensais.

Mère / Tu pensais ? C’est nouveau.

Josette / Je fais pas exprès. Je pensais que fallait que je plante des tomates un jour.

Mère / Et c’est pour quand, ton plantage ? Dans dix ans ? Alors que je t’ai recueillie ! Et c’est comme ça que tu me remercies !

Josette / Je me suis levée à cinq heures.

Mère / T’as fait la grasse matinée ? .. Tu dois te réveiller à quatre heures !

Josette / Oui, mais le coq à cette heure là, il dort.

Mère / Mais c’est qu’elle répond ! Le coq, il a plus de vingt poules à s’occuper ! Le coq, faut qu’il récupère ! Sinon comment qu’on aurait des œufs ?

Josette / Je sais pas.

Mère / Évidemment que tu n’sais pas ! Si tu savais quelque chose, ça s‘saurait ! … Qu’est-ce que t’as fait depuis que t’es d’bout ?

Josette / J’ai donné à manger aux cochons, j’ai sorti les canards, j’ai été mordue par la dinde, j’ai «traiyé» les vaches, et j’ai curé l’étable !

Mère / Et c’est tout ?

Josette / J’ai fait le balayage, le repassage, le lessivage, le nettoyage, et j’ai dépoussiéré..

Mère / T’as dépoussiéré ? (Elle passe sa main gantée sur une chaise et montre de la poussière) Et ça, c’est quoi ?

Josette / J’ai pas eu l‘temps.

Mère / T‘as pas eu l’temps ? En plus, tu profites de ma gentillesse ! Après tout ce que je fais pour toi !

Josette / Je l’ai pas fait exprès, maman !

Mère / Maman ? Je te l’ai dit cent fois ! Tu ne m’appelles pas maman ! D’ailleurs tu m’appelles pas ! Quand j’ai besoin, c’est moi qui t’appelle. Tu piges ?

Josette / Et ma sœur ?

Mère / Ta sœur ? Combien de fois je dois te dire que c’est pas ta sœur ! Ni ta demi-sœur ! T’es une pièce rapportée !

Josette / Mais moi, je l’aime bien, Rosemonde.

Mère / Encore heureux ! Mais elle, elle t’aime pas !

Josette / Oh que je suis malheureuse !

Mère / T’arrêtes pas de te plaindre ! Est-ce que je me plains, moi ?

Josette / Je fais tout ce que je peux.

Mère / Tout c’que tu peux ? Et ça c’est quoi ? (Elle montre un croûton de pain entamé)

Josette / C’est parce que c’est du pain rassis.

Mère / C’est pas du pain rassis, c’est le pain pour les poules ! En plus, tu bouffes le pain des poules !

Josette / C’est juste le petit bout qu’elles ont pas voulu.

Mère / En plus, elle accuse mes poules. Alors comme ça, c’est tout pour mademoiselle ! Mes pauvres poules, elles peuvent faire ceinture ! Ah si j’avais su.. Ca m’apprendra. Quand on est trop bonne, voilà la récompense !

Josette / C’est parce que j’avais faim.

Mère / T’as tout l’temps faim ! T’es qu’une goinfre qui pense qu’à bouffer !

Josette / C’est pas de ma faute à moi.

Mère / Tout à l’heure ça va être de la mienne.

Scène 3 : Mère, Princesse Josette, Rosemonde,

Rosemonde entre. Elle porte une très belle robe. (Rosemonde est très lèche-botte)

Rosemonde / Oh maman, vous êtes malheureuse ?

Mère / Oui. Parce que cette souillon a mangé le pain des poules !

Rosemonde / Elle a mangé le pain des poules  ! .. C’est pas bien, hein maman ?

Josette / Bonjour mademoiselle Rosemonde.. Euh.. Tu.. Vous.. Avez bien dormi ?

Rosemonde / Maman ? Elle me demande si j’ai bien dormi ?

Mère / Tu as mal dormi, mon ange ?

Rosemonde / Elle a fait du bruit.

Mère / (A Josette) T’as empêché ma petite Rosemonde de dormir !

Josette / C’est parce que je récurais les casseroles.

Rosemonde / Et moi, j’ai tout entendu.

Mère / Où est-ce que t’as récuré les casseroles ?

Josette / Dans le couloir.

Mère / Dans l’couloir ! Comme par hasard. Juste à côté de la chambre de Rosemonde.

Rosemonde / Elle l’a fait exprès, hein maman ?

Josette / C’est parce que j’avais froid dans l’étable.

Mère / S’il faisait froid dans l’étable, on n’y mettrait pas les vaches !

Rosemonde / En plus, j’ai eu froid à mes p’tits pieds.

Mère / Elle a voulu te geler les pieds ! Elle n’avait pas mis ta bouillotte ?

Josette / Si ! J’ai mis la bouillotte !

Rosemonde / Mais elle était pas assez chaude, la bouillotte !

Josette / J’avais pas assez de bois pour le feu.

Mère / T’avais qu’à en couper.

Josette / Fallait que je m’occupe du cochon

Mère / Le cochon passe avant ma fille ? Belle mentalité.

Josette / Oh que je suis très malheureuse ! (Elle pleure)

Mère / Et voilà ! Comme d’habitude, ça chiale.

Rosemonde / Moi je pleure pas,...

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