Le docteur va vous recevoir
Dans une salle d’attente,tous attendent. Certaines patientes sont impatientes tandis que d’autres prennent leur mal en patience.Les conversations vont bon train pour le plus grand plaisir des spectateurs, qui peut être se reconnaitront mais surtout, n’en doutons pas, reconnaitront les autres dans cette joyeuse comédie médicale en un acte, très facile à mettre en scène.
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(Une salle d'attente. Quelques chaises, une table basse et des revues. Assises dans la pièce, Cindy et Mme Leblanc. Elles lisent chacune une revue. Entrée de Mme Martineau, introduite par l'assistante.
L'assistante- Je vous ai bien redonné votre carte vitale ? Je vous en prie, installez-vous Madame Martineau... Le docteur va vous recevoir.
Mme Martineau- Merci Mademoiselle, vous êtes bien aimable.
L'assistante- Il va vous falloir patienter un petit peu, le Docteur Henry a pris un peu de retard.
Mme Martineau- Ca, ce n'est pas grave... Je vais vous dire... moi, je suis aussi bien ici qu'au travail. A c'tte heure, je devrais être en train de découper de la volaille... Si je n’avais pas eu ces fichus étourdissements et ce maudit rhume, j'y serais encore... (Elle sort un mouchoir et se mouche bruyamment.) Alors je ne vais pas commencer à me plaindre... Au moins ici, je peux déjà commencer à me reposer.
Mme Leblanc- Tout de même ! Cela fait déjà plus d'une demi-heure que j'attends... Si vous croyez que cela m'enchante de poireauter ainsi... Figurez-vous que j'ai du travail, moi, je n'ai pas que ça à faire.
Mme Martineau- Au lieu de vous énerver, vous devriez vous réjouir d'avoir du travail, De nos jours, il y a tellement de gens qui n'en ont pas. Pensez-y, ça vous fera patienter.
Mme Leblanc- (ignorant Mme Martineau, elle s'adresse à l'assistante) Écoutez Mademoiselle... Nous allons gagner du temps... Vous allez dire au Docteur Henry de me rédiger vite fait une ordonnance... Il suffit qu'il me prescrive du « Mexolian » 0,50 mg. Deux comprimés, matin, midi et soir. Qu'il ne cherche surtout pas à me fourguer du « Lexaril » je pense que je ne supporterais pas les effets secondaires.
L'assistante- Madame Leblanc, vous le savez bien... Le Docteur Henry ne rédige jamais une ordonnance sans avoir, au préalable, effectué une consultation.
Mme Leblanc- Et pourquoi donc ? Ce n'est pourtant pas compliqué.
L'assistante- N'insistez pas Madame Leblanc ! Je vous demanderai de patienter comme tout le monde. (Elle sort)
Mme Leblanc- Et voilà ! C'est toujours pareil ! Ils ne font jamais confiance. Dès qu'ils voient qu'on en sait autant qu'eux, ils se méfient... Mais je vais lui en parler du « Mexolian », il va bien falloir qu'il me le prescrive.
Mme Martineau- Vous avez l'air de vous y connaître en médicaments. Vous êtes docteur ?
Mme Leblanc- Non ! Pas du tout ! ... Mais, à force d'être malade, on finit par s'y connaître.
La médecine, ce n'est pas si compliqué, il suffit de se documenter.
Mme Martineau- A chacun son truc... Moi, je vais vous dire, dès que je commence à lire un article sur les maladies, je commence à me sentir malade. Ah non ! Moi, ça me déprime ! Tiens ! Rien que d'en parler... (Elle sort son mouchoir et se mouche.) Je vous assure, plus je lis, plus j'ai l'impression de me sentir contaminée. Vous aussi, vous devriez faire attention. Tout cela, ce n'est pas bon pour le moral... A force de lire ce genre de choses, un jour, vous risquez de vous réveiller morte dans votre lit, c'est moi qui vous le dis.
Arrivée d’un homme.
L’homme- Bonjour… Vous auriez du feu ?
(Agacée, Mme Leblanc fait non de la tête, en haussant les épaules et en levant les yeux au ciel tandis que Cindy reste absorbée par sa lecture.)
Mme Martineau- C’est votre jour de chance, je dois avoir mon briquet dans mon sac… Voyons voir… (Elle...