Les teignes
Après le décès d’une tante, deux sours et une tante viennent pour récupérer l’héritage. persuadées qu’il y a de l ‘argent caché queque part. Tous les moyens sont bons pour y arvenir, mais il y a aussi des surprises.
🔥 Ajouter aux favorisAprès le décès d’une tante, deux sours et une tante viennent pour récupérer l’héritage. persuadées qu’il y a de l ‘argent caché queque part. Tous les moyens sont bons pour y arvenir, mais il y a aussi des surprises.
🔥 Ajouter aux favorisACTE 1
Scène 1 : Marie-Ange, Angélique
Elles rentrent de chez le notaire, très contentes. Dans la pièce, des cartons sont posés sur une table.
Marie-Ange / C’est enfin terminé !
Angélique / Le notaire, je l’retiens ! Et vas-y que je te baratine. Agnagna, agnagna ! Il pouvait pas tout dire d'un coup ?
Marie-Ange / C'est la loi. Il est obligé de tout vérifier. Il doit être sûr qu'on est les nièces de la tante Clarence. Sinon, on n’aurait rien eu.
Angélique / Manquerait plus que ça ! La maison, on la méritait.
Marie-Ange / Heureusement qu’on a imité son écriture pour son testament.
Angélique / Elle a eu du mal à signer. On a bien fait de la faire boire ; elle était complètement bourrée.
Marie-Ange / C’est bien beau d’hériter, mais faudra quand même payer des droits de «sussession».
Angélique / Faut toujours payer ! On est des nièces, mais pour l'état, la famille, ça n’compte pas.
Marie-Ange / On sera obligé de vendre la maison.
Angélique / Et l'argent à sa banque ? Comment ça se fait que y'a presque rien ? Pourtant, la tante Clarence, elle avait du pognon !
Marie-Ange / C’est pas possible qu'elle a tout dépensé, la vieille peau. A son âge, on n'a pas besoin de grand chose.
Angélique / Elle aurait pu nous en donner de son vivant. Mais forcément, quand on est radin, c'est tout pour sa gueule. Le bonheur des autres, on s'en fout.
Marie-Ange / Le pognon, faudrait jamais que ça sorte de la famille. Déjà que nos parents nous ont rien laissé.
Angélique / Eux aussi, ils auraient pu faire un effort, mais seulement, y’en avait que pour eux.
Marie-Ange / Heureusement que y’avait encore la tante Clarence vivante.
Angélique / Et qu’elle n’avait que nous.
Marie-Ange / Tu oublies sa sœur.
Angélique / Tata Yvette ! La tête qu'elle a fait quand elle a vu qu'elle aurait que dalle !
Marie-Ange / Bien fait pour sa gueule !
Angélique / Place aux jeunes !
Marie-Ange / En plus, faut cul comme pas deux. (Singeant la tante Yvette) «Je ne vous en veux pas du tout. Au contraire ! Je suis contente que c’est vous que ma sœur a choisi».
Angélique / Tu crois qu'elle ne nous en veut pas ? Parce que si on veut hériter d'elle...
Marie-Ange / Mais non ! Elle va pas se fâcher avec sa famille. Elle n’a qu’un chien. Et puis, moi, je suis très bien avec elle. Je la vois une fois par an. Dans Noël.
Angélique / Moi aussi. Comme pour la tante Clarence. Et tous les ans, je lui souhaitais la bonne année. .. La dernière..
Elles rient
Marie-Ange / Même si on peut pas bien la voir, une tante, ça reste une tante ! C’est quand même notre famille !
Angélique / La tante Clarence, je l'invitais toujours pour mon anniversaire. J’allais même la chercher ! Parce que évidemment, madame n'avait pas d’bagnole.
Marie-Ange / La dernière fois que je l'ai vue, elle m'a donné cent euros.
Angélique / Cent ? Moi, j'ai eu que cinquante. Alors tu me dois vingt cinq euros.
Marie-Ange / Vingt cinq ? Et pourquoi ? On peut savoir ?
Angélique / T'as touché cent, et moi cinquante. Donc ça fait cent cinquante euros ? Divisé par deux, tu me dois vingt cinq.
Marie-Ange / (Elle réfléchit) T'es sûre ?
Angélique / Cent ! Moi, j'ai eu que cinquante. Cent plus cinquante ! Alors tu me dois vingt cinq euros.
Marie-Ange / Vingt cinq ?
Angélique / (Un peu énervée) Cent ! J’ajoute cinquante. (Au public) On ne souffle pas ! .. Cent cinquante divisé par deux ?
Marie-Ange / Vingt cinq ?
Angélique / (Très énervée) Cent + cinquante.. égal ? (Au public qui souffle) .. Cent cinquante ! Cent moins vingt cinq égal ? … Cinquante plus vingt cinq ?
Marie-Ange / Donc tu me dois vingt cinq.
Angélique / Pff.. De toutes façons, qu’est-que tu veux que je foute avec vingt cinq balles. Et puis, on est des sœurs, quand même. Ca compte, la famille.
Marie-Ange / C’est sûr, ça compte..
Angélique / Les vieux, ça s'accroche au pognon.
Marie-Ange / Faut bien qu’ils s’accrochent à un truc.
Angélique / Qu’est-ce qu’elle en a foutu, d’son pognon ? Si ça s’trouve, elle l’a donné à des pauvres.
Marie-Ange / Ah non ! Les pauvres, c'est encore plus radin que les riches.
Angélique / Moi, si un jour je donne quelque chose, ce sera mon corps à la science.
Marie-Ange / On peut pas l'vendre ?
Angélique / Je sais pas.
Marie-Ange / Moi, mon corps, je préférerais le donner de mon vivant. A un docteur .. Un jeune docteur .. Parce que qu’on a qu’un corps.
Angélique / Moi aussi. Parce que mon corps, c'est qu'à moi. Si un jour je meurs, faudra pas qu'on m'touche ! Bas les pattes !
Elles rient toutes les deux.
Marie-Ange / Sauf si c’est un gentil docteur..
Angélique / Bon. On n’est pas là pour rigoler. Faut qu’on regarde dans les cartons.
Marie-Ange / C'est incroyable, elle avait fait ses cartons. Comme si qu’elle allait déménager.
Angélique / Déménager au cimetière. Elle était prévoyante quand même.
Marie-Ange / Tata Clarence, c’était une saloperie, mais elle avait de l’ordre. .. Alors.. (Elle ouvre un carton) .. Des assiettes ! En plus toutes emballées. Tata Clarence, c’était la reine de l’emballage ; elle emballait tout.
Angélique / Sauf les mecs.
Marie-Ange / Ca, on sait pas.
Angélique / Avec la tête qu'elle avait ?
Marie-Ange / Ce qui compte c’est pas dans la tête, c’est dans..? .. La beauté du cœur !
Angélique / La beauté du cœur ..?
Marie-Ange / (Regardant Angélique) Même si t’es moche, y'en aura toujours que ça intéresse. (Regardant vers le public) Y'a des exemples..
Angélique / (Elle déballe une assiette) Elle avait vraiment des goûts d'chiotte. Rien que de manger là dedans, ça me couperait l’appétit. Qu'est-ce qu’on va en faire ?
Marie-Ange / La moitié chacune ? Un service pour deux quoi ?
Angélique / Ah non ! .. Un ball-trap ! Tu lances une assiette. (Elle lance une assiette en carton). Pan !
Marie-Ange / On pourrait les donner à des pauvres.
Angélique / Les pauvres, c’est nous.
Marie-Ange / Si on les donnait, on pourrait les déduire pour les impôts ?
Angélique / Ou alors, on pourrait les vendre.
Marie-Ange / On va bien trouver un vieux que ça va intéresser. (Marie-Ange ouvre un autre carton) Ca alors ! (Marie-Ange sort une robe très moche du carton) T’as vu ça ?
Angélique / La robe qu'elle mettait quand elle venait nous voir.
Marie-Ange / Pour trouver plus moche, même en faisant les soldes, tu trouves pas.
Angélique / Avec ça, on pouvait pas la rater. (Elle sent la robe) La vache ! Ca sent encore.
Marie-Ange / Ca sent quoi ?
Angélique / La tante Clarence. Tiens, sens.
Marie-Ange sent la robe.
Marie-Ange / Ah oui ! Ca sent la morue desséchée !
Angélique / Oh !
Elles rient
Marie-Ange / La tante Clarence, on la sentait arriver à trois kilomètres.
Angélique / Tu me vois là dedans ?
Marie-Ange / T'as qu'à l'essayer..
Angélique / Tu veux que je la mette ?
Marie-Ange / On est chez nous ; on fait qu’est c'qu'on veut.
Angélique / D'accord. Mais tu m'attends pour ouvrir les autres cartons. ... Des fois qu’on trouverait du pognon.
Marie-Ange / Oh ! T’as pas confiance ?
Angélique / (Sans y croire) Mais si.. Une confiance totale...
Angélique va dans une chambre pour se changer.
Scène 2 : Marie-Ange, Sébastien
Marie-Ange / Alors … Qu'est-ce qu'elle...