L’@nge trop Net
L’@nge trop Net.
Une histoire d’amour au-delà de toutes frontières!
Etienne 30 ans jeune héritier qui vient d’enterrer sa maman et d’hériter d’une bonne fortune , emménage dans son nouvel appartement lorsque son ordinateur portable se met à lui donner des ordres… Sa défunte mère ayant besoin d’un code informatique pour apparaitre afin d’accomplir une mission avec et pour son fils…
Un dieu invisible mais alors, très causant…!
Deux fins possibles avec ou sans enfant.
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PREMIER TABLEAU.
Étienne :
(Un carton dans les bras)
Ha ! Les déménagements, quelle galère ! J'ai beau avoir trente
ans, être jeune et en bonne santé, célibataire mais amoureux et
riche, c'est quand même fatiguant ! Oui, je sais, j'aurai pu
prendre un déménageur !
Heu… Riche, depuis l'acquisition de cet appartement, je le suis
beaucoup moins ! L'héritage de maman en a pris un coup!
Acheter ici, la nouvelle voiture, le notaire et le tout comptant !
Le fric que j'ai pu craquer en un minimum de temps ! Un truc de
fou !
(Sérieux à lui-même…)
Il faut dire que pour mère j'ai été un fils exemplaire! Lors de sa
maladie, je ne l'ai pas quittée d'une minute ! S'occuper de sa
vieille mère malade ce n'est pas une sinécure, ce n'est pas si
facile que ça ! Et jusqu'au bout je suis resté… En tant que fils
unique, ce fut normal !
Il n'empêche que moralement c'est beaucoup plus dur que de
courir le Marathon ! Ben oui quoi ! Y'a pas d’entraînements pour
un enterrement !
Elle n'avait personne d'autre que moi, il a bien fallu que je
m'occupe de tout !
Les frais médicaux, les frais d'obsèques, les différentes ventes
de biens, son petit studio dans le seizième arrondissement, son
taudis comme elle se plaisait à le dire ! Son taudis !
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Escaliers en marbre de Carrare blanc, avec une tache, minuscule,
mais y'avait une tache! Les portes, lourdes, en chêne massif, des
poignées en or vingt-quatre carats et des gongs… Des gongs...
(Soupir) En fer, du pur fer, des plus banals! Qui faisaient un
bruit atroce, ils grinçaient, couinaient, un si-bémol il me
semble ! Pour tout dire, un huissier n'aurait pas voulu de ça chez
lui !
Trois salles d'eau ! Pour deux personnes, il faut bien ça! Rares
étaient les invités à venir dormir chez nous ! Et les douches… !
Une par chambre ! Quatre !
Une cuisine incorporée, neuve de vingt ans ! Avec encore les
plastiques de protections d'origine sur les portes, les rayons et
les plans de travail ! Surtout ne pas les ôter ! Maman aurait été
furieuse, nous aurions risqué d’abîmer les meubles !
Cette cuisine n'a jamais servi ! Maman ne voulait pas faire honte
au traiteur lorsqu'il venait nous livrer nos repas à domicile !
Dans ce décor idyllique, une chose me manque pourtant…
La moquette! En marchant dessus, je cherchais mes pieds !
Combien de fois notre Russkiy Toy s'y est perdu ! Quel abruti
ce cleps !
(Devant un miroir)
Voilà dans quoi j'ai été élevé ! Ho ! Cela ne me manque pas !
Maintenant, je suis libre, heureux, amoureux et indépendant !
Certains de mes amis me traitent de petit bourgeois parce que je
suis respectueux de la religion, que je fus scolarisé en pension
complète chez les Jésuites et que j'ai effectué mon service
militaire chez le colon en quittant l'ENA !
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Ben quoi… ?! Une vie des plus banales et des plus ordinaires !
Et bien, maintenant, tout cela est bel et bien fini !
En mourant, mère m'a claqué la porte au nez !
Je n'ai plus de relations, enfin, je n'ai plus le carnet d'adresses de
mes regrettés vieux ! Oups ! Pardon mère !
Qui plus est, je n'ai pas fait la carrière désirée et suivi le chemin
que mon rang me prédestinait !
Je ne suis, ni un grand avocat d'affaires, ni un grand et brillant
chirurgien esthétique et encore moins, un grand nom de la
politique corrompu !
Je veux être et vivre comme tout le monde ! Et j'y arrive ! Je suis
comédien, au chômage, sans cachets et presque pauvre ! En plus,
bientôt marié !
Certes oui, j'entends les critiques ! Oui, j'ai acheté ce
sympathique petit nid d'amour et une voiture neuve ! Mais c'est
tout ! Je suis chez moi, pas chez mère !
(En tournant sur lui-même)
Chez moi, au beau milieu d'une montagne de cartons à déballer,
remplis de souvenirs d'une vie d'avant qui ne m'appartient même
pas !
Sans encore la présence féminine de ma douce dulcinée pour me
faire un gros câlin et mon repassage !
J'ai dû à regret, me séparer du personnel dévoué de mère, le
chauffeur, la brave, la douce femme de ménage... Et du traiteur !
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Maintenant que mère est décédée, il va faire faillite… ! (Rire)
Quelle joie, quel soulagement de pouvoir enfin parler librement
sans se faire tirer l'oreille pour avoir osé penser prononcer un
gros mot !!!
(Sourire coquin.)
Essaie pour voir ! PIPI… ! CACA… ! FOR-MI-DA-BLE !!!
Rien ne se passe !
Ha ! Si le père François pouvait me voir et m'entendre ! Lui qui
ne parlait qu'avec des mots choisis, tirés de la Bible ! De sa
bouche, jamais ne sortait un juron ou un gros mot ! Dieu, par ci,
Dieu par-là !
Et patati, et patata !
Grâce à lui, j'ai eu une éducation et une scolarité, parfaite,
exemplaire !
Fini aussi les tarots et horoscopes du mercredi !
Avec cette tordue malade psycho-dingue, cette pimbêche, cette
pie de baronne de je ne sais plus trop quoi !
Attirée par tout ce qui brille et de préférence en lingots !
Incollable sur les cours de la bourse !
Un vestige de la révolution de 1789, une rescapée de la
guillotine ; en manque de royauté ; passionnée par son arbre
généalogique, une fondue du guéridon en ligne directe avec l'audelà ! Bref, la meilleure amie de ma défunte mère !
(Moqueur, ironique.)
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Tous les mercredis après-midi, toutes les deux et une bonne
bouteille de Porto, tel un rituel vaudou, vas-y quelles invitent
allègrement à leur table ; le regretté Louis XV, Marie Antoinette,
Louis XVI ! Je ne sais pas pourquoi, mais elles n'ont jamais
invité Jules Ferry ou Jean Jaurès ! Ils auraient certainement
accepté de venir !
Étienne sort de scène pour dire une réplique. À ce moment
on entend ou sur enregistrement ou en direct, une voix
féminine - la maman, Ange - avec un bon écho pour donner
l'illusion d'au-delà…
Étienne :
En coulisses :
Quel bonheur d'uriner en laissant la porte des toilettes ouvertes !
Au même instant l'Ange :
Charles Hubert Henry Étienne de Saindoux, troisième du nom,
fermez votre porte s'il vous plaît !
Étienne :
(Revient paniqué)
Hein… ?! Quoi… ?! Qui me parle ? C'est toi Martine… ?!
(Il cherche Martine)
Sors de ta cachette ou je te fiche mon pied ou je pense !
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(Quelques secondes...