PIECE EN CINQ ACTES
L’INJUSTE SORT
D’UN
JUSTE
SERGE LE GUILLOUX
2017 PIECE No 18
PERSONNAGES
RAOUL WALLENBERG
- IVER OLSEN
- ADOLF EICHMANN
- DMITRI KOPPELIANSKI

2

PREMIER ACTE
Le décor: un bureau, austère, quelque part à Stockholm.
VOIX OFF : Stockholm, Juin 1944, bureau de Raoul Wallenberg.
Wallenberg est assis. A sa porte soudain on frappe. Il dit « Entrez ! ». Entre Iver Olsen.
- WALLENBERG : Ah ! Monsieur Olsen…Cher monsieur Iver Olsen…
Veuillez prendre place s’il vous plait.
- OLSEN : (s’asseyant) Merci, cher monsieur Wallenberg…Raoul…J’étais pressé d’enfin vous rencontrer…Évidemment, vous savez pourquoi je suis ici !?...
- WALLENBERG : Bien entendu, bien entendu…C’est une mission humanitaire capitale…et qui semblerait urger…Maintenant…
- OLSEN : Oui…Oui…C’est l’avis des États Unis, qu’ici à Stockholm, en Suède, à travers le War Refugee Board, je représente…
- WALLENBERG : Le War Refugee Board, ceke fameuse agence d’État Américaine, créé je crois en ce début d’année 1944 par votre président Franklin D. Roosevelt et dont le but est de venir en aide aux vicmmes des nazis et de leurs alliés de l’Axe…
- OLSEN : Précisément, c’est notre secrétaire d’État au Trésor Henry Morgenthau, qui aura eu l’idée de ceke agence, ce bras armé, et donc desmnée à faire achopper les insanes désirs d’atrocités des Hitlériens et de leurs pendants…
- WALLENBERG : La persécumon Nazie, à l’endroit des juifs, notamment, représente à coup sûr un insoutenable drame… C’est certain, ça a assez duré…Heu…Cependant…Cependant, ne vous a-t-on pas, vous les américains, accusé d’avoir un peu trop atermoyé à
ce sujet !? Dès l’entrée des nazis en Pologne, en septembre 1939, à grande échelle sur la populamon civile, ceux-là n’ont-ils pas commis des massacres ? Ça ne pouvait que mal augurer de l’avenir !...
OLSEN : Hélas, vous avez raison…
- WALLENBERG : Les allemands n’ont jamais réussi à efficacement se cacher pour odieusement fauter…
- OLSEN : Les pires actes, à grande échelle surtout et ce pour reprendre votre expression, finissent toujours par se savoir, de toute façon…
- WALLENBERG : Ils ne sont pas normaux ces teutons adorateurs de la croix gammée…
- OLSEN : Pourquoi de leur part si meurtrière haine, en effet ?
- WALLENBERG : Tous ces arayens qui s’infatuent d’eux-mêmes, c’est pathémque. Mais tuer des gens que d’emblée on a déclaré vils, sur le plan biologique, là c’est certain, c’est une autre histoire. C’est du domaine de la folie…
- OLSEN : Que voulez-vous, à Adolf Hitler et à ses sbires, ça leur est monté à la tête la likérature qui prône l’inégalité raciale. Le mythe arayen est né de la pensée de certains illuminés.
- WALLENBERG : Pardi oui ! ...Et m’est avis que vous faites allusion notamment, au dénommé Gobineau, cet écrivain français du XIX siècle ?
- OLSEN : Tout à fait !
- WALLENBERG : Mais il y a l’autre aussi, là Diable, comment s’appellet-il, déjà ?
- OLSEN : Je présume que vous voulez parler du théoricien racialiste Chamberlain, Houston Stewart Chamberlain ?
WALLENBERG : Absolument, et j’avais perdu son nom.
- OLSEN : Ça peut arriver...
- WALLENBERG : Un namf de Grande Bretagne…et qui a pris la tangente pour l’Allemagne…Bon, c’est sûr, ce n’est pas ce sur quoi on peut le juger. Ma foi, immigrer, ou disons migrer, n’est pas chose criminelle… Mais…
- OLSEN : (le coupant) D’autant qu’il a quiké jeune son pays, la Grande Bretagne, si mes souvenirs sont bons, ce départ, alors n’ayant vraiment pas été de son fait…Pemts, généralement, on va là où nos parents nous demandent d’aller.
- WALLENBERG : Tout à fait, les pemts ne s’apparmennent que de peu… Mais bref, pour moi et c’est ce que je voulais dire, les effluves d’Allemagne ont du négamvement influer sur la raison de ce Chamberlain.
- OLSEN : Ah ! Les effluves d’Allemagne…Et dont les responsables seraient donc les teutomanes…
- WALLENBERG : Rien de moins que ça, cher monsieur Olsen…
L’Allemagne, pays plutôt rempli de lui-même, “territoire où tout ce qui en est issu est à l’acmé,” était parfaitement indiqué pour ainsi le conduire à ses consternantes conclusions, du reste voulues scienmfiques…Pfeu ! on lui ferait dire n’importe quoi à la science !
- OLSEN : Tout à fait de votre avis…Peut être n’aurait-il pas du frayer avec le clan Wagner déjà, Richard Wagner demeurant un monstre sur le plan musical.
- WALLENBERG: En dépit de prendre les juifs pour de la rognure, en tant que compositeur, il était génial, c’est sûr…De toute manière, Chamberlain ne pouvait avoir du tropisme que pour ses pareils.

OLSEN : Et de par sa poémque, sa rhétorique, Chamberlain aura donc alimenté l’état d’esprit germanique.
- WALLENBERG : Soit la fameuse Völkisch et le pangermanisme allant avec. Rien que du délire. Du fumeux…
- OLSEN : Mais malheureusement aux conséquences dramamques. Ce paganiste d’Hitler de par ses lectures, lui qui originellement n’était pas anmsémite, c’est ce que je crois à tout le moins…
- WALLENBERG : (coupant) Je l’ai entendu dire, effecmvement…
- OLSEN : Hitler se sera laissé convaincre que dans les artères et veines arayennes coulait du sang pur, cristallin, tandis que dans celles de juifs ne circulait que liquide pollué, polluant quelque chose en somme comme du brais…Heu, …du brais fluidifié…
- WALLENBERG : Et fort de la convicmon, sur le sol teuton, et celui aussi conquis, que le juif ne peut que déparer, Hitler aura alors décidé sa déportamon et au final son exterminamon… Chamberlain, aujourd’hui, vivrait il toujours ?
- OLSEN : Non. Bien sûr que non. Ça lui ferait tout de même quasi 90 ans… Il me semble…
- WALLENBERG : Ne soyez donc pas pessimiste monsieur Olsen, qui a une vie saine et jouit d’une excellente complexion peut akeindre un très bel âge.
- OLSEN : À condimon toutefois de ne pas être un juif en zone de chasse à l’homme !...
- WALLENBERG : Forcément, il ne faut pas avoir été ghekoïsés par les germains. La guerre est un évènement qui use le corps. Je présume que tous les malheureux emmurés dans les ghekos par les nazis sont maintenant morts, y compris les plus physiquement forts. Moi je faisais allusion à un individu qui mène une bonne vie, par exemple en Amérique du Nord, loin, très loin des bruits de bokes et du canon qui tonne…
- OLSEN : En Amérique du Nord, USA et Canada alors… Mais également en Suède, ici, pays neutre…Et au beau milieu de l’aire d’enfer. En somme à l’instar de la Suisse.
- WALLENBERG : Il est exact que la Suède est un pays qui favorise l’épanouissement.
- OLSEN : A Stockholm on y est mieux qu’à Varsovie ou Lodz… Bref, Chamberlain n’est plus. Et pour votre gouverne, sachez qu’Hitler l’accompagna jusqu’à son ulmme demeure. A ceke époque, Hitler n’était pas encore chancelier…
- WALLENBERG : Ah ! Combien de temps avant 1933, ça ?
- OLSEN : Je n’ai pas la date en mémoire. On va dire en gros cinq ans…
- WALLENBERG : Hitler a donc été à son enterrement, à cet…écrivaillon de Chamberlain. Se rendre à l’office puis au cimemère pour le premier venu, je présume que cela n’a jamais été le genre d’Hitler…
- OLSEN : En tous cas aujourd’hui, il ne suivrait certainement pas le corbillard d’un individu avec lequel il n’aurait jamais eu d’atomes crochus !...
- WALLENBERG : C’est ce que j’entendais… Bref, pour Hitler, l’écrivain… l’écrivaillon Chamberlain était nécessairement quelqu’un d’épatant… Pfeu !
- OLSEN : Cependant, Chamberlain, puis aussi Gobineau, n’ont pas été les seuls à mekre leur prose au service du racialisme… Bien sûr…
- WALLENBERG : Oui, il y a eu Wagner, grand judéo phobe, le compositeur, on l’a cité, et énormément apprécié par Hitler.
- OLSEN : Oui, Wagner. Richard… Je n’ai pas d’autres noms qui me viennent à l’esprit. Mais la judéité qui ne peut être soluble dans la germanité, ça, c’est une assermon que maints autres penseurs ont aussi défendue, en effet…
- WALLENBERG : Et les laudateurs du Völkisch n’ont pas baissé pavillon, d’ailleurs.
- OLSEN : Bien loin s’en faut. Via le papier et le micro, l’éloquence anmsémite alliée à celle qui encense la nature germanique, ça, ça conmnue de plus belle. Là je songe aux officiels.
- WALLENBERG : Goebbels est volubile, il place encore parme du peuple sous hypnose…
- OLSEN : Tout à...

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