Pas d’argent entre nous

1 décor

Un homme richissime, indifférent aux reste du monde change du jour au lendemain. Il veut tout donner. Son entourage s’inquièrte.

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ACTE 1

Scène 1 : H Fougnou, Majordome

H Fougnou lit un journal financier tandis qu'une radio donne les cours de la Bourse. Il est très bien habillé.

Voix Radio : Uranium du Zambèze ! + 12 % Mines d'or du Nord ! + 10 Panzani ! + 1 Carburants du midi ! + 80 Autoroutes ! - 40 Eaux du Danube ! + 80

Le majordome entre. Il apporte un téléphone et un magazine sur un plateau.

Voix radio / Air solide ! 7, Société gazeuse ! + 25

Majordome / Hum hum !

Voix radio / Verdo Tricard ! + 70

Majordome / (Crié) On demande monsieur au téléphone.

H Fougnou / (Il sursaute) Qui est-ce ?

Voix radio / Armement ! + ..

H Fougnou éteint la radio

Majordome / (Au téléphone) C'est de la part de qui ? ... (A Henri) C'est le président.

H Fougnou / Le président de quoi ?

Majordome / (Au téléphone) C’est le président de quoi ? ... (A Henri) De la République, monsieur.

H Fougnou / Je suis absent.

Majordome / (Au téléphone) Il n'est pas là. .... Ah ? (A H Fougnou) Il me demande quand vous avez prévu de rentrer ?

H Fougnou / Dans un mois.

Majordome / (Au téléphone) Il sera là dans un mois. Il vient de me.. Oui. C'est cela. Au revoir, monsieur le président.

H Fougnou / Il m'appelle tout le temps, cet abruti. Un de ces jours, je vais le mettre sur liste rouge.

Majordome / C'est quand même le président.

H Fougnou / Les présidents, ça change, mais moi je suis toujours là.


Majordome / Le pays vous doit beaucoup, monsieur.

H Fougnou / Oui, et moi, je n'en fais pas état. Ca sert à quoi d'avoir un gouvernement s’il faut toujours qu'on me demande mon avis.

Majordome / C'est sans doute parce que vous êtes d’un précieux conseil.

H Fougnou / Je devrais être payé pour ça.

Majordome / Bien sûr. Mais.. A propos de salaire.., si vous pouviez..

H Fougnou / Vous pouvez disposer.

Il redonne le téléphone au majordome.

Majordome / Bien monsieur. Ah ! Je vous ai ai apporté votre revue financière.

H Fougnou / Je suis dedans ?

Majordome / Naturellement, monsieur.

H Fougnou / (Il regarde la revue) Comment ? Je ne suis pas sur la couverture ?

Majordome / Hélas non monsieur.

H Fougnou / (Il feuillette le magazine) Quoi ? Deuxième plus grosse fortune du monde ! C'est qui le premier ?

Majordome / Un chinois, monsieur.

H Fougnou / Un chinois ? Je ne peux pas être le deuxième. Vous accepteriez d’avoir quelqu’un au dessus de vous ?


Majordome / L'important, c'est d'avoir un travail.

H Fougnou / Un travail.. Évidemment. Quand on voit petit..

Majordome / Vous savez, monsieur ; les français aiment bien les seconds.

H Fougnou / Ca ne m’étonne pas d’eux.

Majordome / Par exemple, dans le cyclisme, il y avait un coureur qui était toujours second. Il s'appelait Poulidor, mais les gens l'appelaient Poupou.

H Fougnou / Poupou ? Alors, je serais le Poulidor de la finance. Un loser ! Vous vous foutez d'moi ?


Majordome / Pas du tout monsieur. Et pour moi, vous serez toujours le premier.

H Fougnou / Vous n'êtes pas obligé de faire de la lèche.

Majordome / Je ne lèche pas monsieur, je dis la vérité.


H Fougnou / La vérité.. C'est ça..

Le téléphone sonne à nouveau

Majordome / Monsieur, je crois que le téléphone sonne.

H Fougnou / Et bien, répondez.

Majordome / Allô. C'est de la part de qui... Ah ? .. (A Henri) Il s'agit d'un représentant des salariés, monsieur.

H Fougnou / Je n'suis pas là.

Majordome / (Au téléphone) Monsieur n'est pas là. ... (A Henri) Il dit que ce serait bien d'être un peu là car ils ont décidé de se mettre en grève pour demander un rattrapage de salaires sur trois ans et une prime à Noël.

H Fougnou / Donnez moi ça ! (Crié au téléphone) Allô ! Fougnou au téléphone ! Alors ? .. Ah.. Ah.. Ah... Ah.. Quoi ? (Sur un ton plus doux) Bon. On va voir ça. .. A l'usine ? Ah non ! En terrain neutre. Chez moi. C'est ça. ..Vous voulez que je vous envoie mon chauffeur ? .. Vous venez à vélo. .. Comme Poulidor.. (Au majordome) L'ordure, il a vu la couverture. (Il raccroche) En plus, il se fout de ma gueule.

Majordome / Cela ne m'étonne pas monsieur, les ouvriers ne respectent rien.

H Fougnou / S'il croit que je vais céder, il se goure !

Majordome / Monsieur a bien raison. Les salariés c'est tous les mêmes. On leur donne ça, ils veulent ça !

H Fougnou / Sa grève générale, je vais la casser vite fait.

Majordome / Je prépare quelque chose ? Des petits fours ? Des amuse-gueule ? Des rafraîchissements ? Dom Pérignon ? Château Margaux ? Du rosé peut-être ?

H Fougnou / Du rouge ! Du gros rouge ! A gauche, ils aiment bien quand c'est bien rouge.

Majordome / Bien monsieur.

H Fougnou / Ah ! Convoquez mon médecin. Je ne me sens pas très bien. A chaque grève, c'est pareil.

Majordome / Je l'appelle tout de suite, monsieur.


Scène 2 : H Fougnou, Éléonore

Monsieur Fougnou replonge dans son magazine.

H Fougnou / Les journalistes.. Tous des bolcheviques !

Éléonore entre, chargée de paquets et vêtue très richement.

Éléonore / Et bien mon ami, que se passe t-il ?

H Fougnou / (Montrant le magazine) Il se passe que je suis second !

Éléonore / Second ? Dans quoi ?

H Fougnou / Dans les affaires !


Léonore / Second dans les affaires, mais premier dans mon cœur.

H Fougnou / Je n'ai pas la tête à rigoler ! Je suis coiffé au poteau par un chinois. Un communiste en plus !

Éléonore / Un chinois communiste ? Comment cela se fait-il ?


H Fougnou / Ca se fait que les journalistes sont tous des vendus. Ils se vendent même aux chinois !


Eléonore / Ils n’ont pas compté la Suisse ?

H Fougnou / Je ne vais quand même pas déclarer la Suisse !


Éléonore / Bien sûr.. Mais.., second, ce n'est pas si mal. J’ai entendu dire qu'un certain Poulitruc.

H Fougnou / Ah non ! Pas lui !

Éléonore / L'important c'est de garder le moral. Comme moi. Après tout, premier ou second, l’important c’est d’être toujours dans le peloton de tête. Comme Pou..

H Fougnou / Ah non !


Eleonore / Je suis certaine que bientôt, vous dépasserez votre chinois et que vous vous échapp..

H Fougnou / Je vois vous que vous avez fait des emplettes. Les soldes sans doute !

Éléonore / Les soldes ! Je ne peux me le permettre ! Que diraient les gens ? «La pauvre, elle fait les soldes».

H Fougnou / Ah oui ! Il faut acheter uniquement lorsque c’est nécessaire. Les gens achètent n’importe quoi. Je suis bien placé pour le savoir.

Éléonore / Vous achetez une petite usine de temps en temps, et vous faîtes vivre tout un pays. Les gens vous doivent tout.

H Fougnou / Heureusement, ils remboursent.

Eléonore / Beaucoup de gens sont honnêtes, vous savez.

H Fougnou / Oui. On dit ça.. Au fait ? Vous avez des nouvelles de notre fils ?

Éléonore / Il est sans doute avec des amis.


H Fougnou / Évidement. Il est toujours avec des amis. Et bien, quand vous le verrez, dîtes lui qu'il a aussi une famille et que son père aimerait bien le connaître un peu mieux.

Éléonore / Je n'y manquerai pas.

Scène 3 : H Fougnou, Éléonore, Majordome

Majordome / (Crié).. Pardon monsieur, mais il y a quelqu'un à l'entrée.

H Fougnou / (Il sursaute) Qu'est-ce qu'il veut ?

Majordome / Il s'agit d'une association d'entraide à pour ceux qui n'ont pas grand chose. Je lui dis quoi ?

H Fougnou / Qu’on a c’qu’on mérite ! C'est pas marqué pigeon !

Majordome / Bien monsieur.

Le majordome repart.

Scène 4 : H Fougnou, Éléonore

Éléonore / C'est incroyable. Ils viennent...

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pas d'argent entre nous salon

Posté le 17 août 2026 par Mourice

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