Pas trop corsé s’il vous plaît
Un séducteur impénitent qui a séduit une femme corse est enlevé par famille de celle-ci. Il n’est pas sorti de lauberge.
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ACTE 1
Scène 1 : Fabrice, Vito, Pasquale
Le rideau est fermé. Fabrice entre par la salle et passe dans le public. Il joue les séducteurs et s'adresse à quelques femmes dans le public. (Improviser en fonction des réactions)
Fabrice / Bonsoir... C'est la première fois que vous venez ici... Moi, je viens souvent... C’est bien, non ? … Moi, c'est Fabrice... Fabrice.., un vrai délice.. Et vous ? (Si elle ne répond pas) Une timide... J'adore..
Il s'adresse à une autre femme
Fabrice / Bonsoir.. Fabrice.. Fait chaud, non ? On supporte une petite laine.. Vous avez chaud ? Oui. Je sais..
Il s'adresse à une autre femme qui est avec un homme.
Fabrice / (Il voit le mari) Bonjour.
Il s'adresse à une autre femme.
Fabrice / Fabrice .. Avec un f au début... Et vous ? (Improviser en fonction de la réponse) ... Je note (Ou si elle ne répond pas) : c'est pas grave, ça va vous revenir..
Il est au pied de la scène. Deux hommes s'approchent de lui.
Pasquale / Monsieur Fabrice Dupont ?
Fabrice / Lui-même.. C'est à quel sujet ?
Pasquale / On va vous le dire.
Fabrice / Je vous préviens, je n'ai pas d'argent.
Pasquale / (Menaçants) On a l'air de voleurs ?
Fabrice / Euh .. Non.
Pasquale / Parce que sinon, faut le dire.
Fabrice / Euh.. Pas du tout, mais pas du tout !
Vito / Pourquoi il dit ça ? Il nous prend pour qui ?
Pasquale / Tu as raison. (A Fabrice) Tu nous prends pour qui ?
Fabrice / Oui. Euh. Bon, Alors, enchanté de vous avoir rencontrés. Mais j'ai rendez-vous;. Une femme... Ah ah ah .. Je vais peut-être y aller.
Pasquale / Pourquoi tu es pressé ? Tu n’aimes pas qu'on discute ?
Vito / La vie, faut que tu en profites, et quand on discute, et ben on profite.
Fabrice / Euh.. Oui... Euh... On discute de quoi ?
Pasquale / Catalina, tu connais ?
Fabrice / Catalina. Catalina... Ca ne me dit rien.
Pasquale / Tu connais pas Catalina ?
Fabrice / Vous savez, moi, les femmes, ça va, ça vient.
Pasquale / Celle-là, elle va te revenir.
Fabrice / Ah bon ?
Pasquale / Parce qu'elle, elle te connaît.
Vito / Et même, elle te connaît bien.
Fabrice / Vous savez, les femmes, je les fais beaucoup fantasmer.
Vito / Nous, on n'est pas des femmes.
Fabrice / C'est possible, qu'un jour, j'ai croisé une femme.. Vous savez, je ne note pas tout. Ah ah ah ..
Pasquale / Ca te fait rire ?
Fabrice / Euh.. Non. Pas du tout. Mais pas du tout.
Vito / Parce que nous, ça nous fait pas rire.
Pasquale / Et Catalina, non plus, elle rit pas.
Vito / Et même, elle a des choses à te dire.
Fabrice / Elle peut m'écrire ?
Vito / Elle préfère te voir.
Fabrice / Elle veut me voir. Elle est ici ?
Pasquale / Elle est dans sa famille.
Vito / En Corse.
Fabrice / Bon, ben, vous lui direz bonjour de ma part.
Vito / Tu lui diras toi-même.
Fabrice / Euh.. Je crois pas. Eais comment je vais faire ?
Pasquale / Nous, si. Tu vas y aller..
Fabrice / Merci, mais là, faut que j’aille rendre visite à une amie, sinon elle va s'inquiéter.
Vito / C'est pas grave ; tu vas nous accompagner..
Pasquale / En Corse.
Fabrice / En Corse ?
Vito / Tu aimes pas la Corse ?
Fabrice / Euh.. En vacances, je dis pas mais là...
Vito / Si tu veux pas, on va se vexer.
Pascale / Et on n’aime pas se vexer.
Fabrice / Et ben, merci pour l’invitation, mais c’est non. a.
Pasquale / D’accord.. Tu veux bien te retourner.
Fabrice / Pour quoi faire ?
Vito / On te dit de te retourner, tu te retournes !
Fabrice / Ah bon ?
Fabrice se retourne, Vito l'assomme.
Vito / Ces français, ils ont la tête dure.
Pasquale / Mais celle-là, on va la ramollir.
Vito Et Pasquale traînent Fabrice sur la scène et sortent.
ACTE 2
Scène 1 : Fabrice, Ange
Le rideau s'ouvre. Fabrice est devant une table, attaché. On entend des bêlements de chèvres.
Fabrice / Y'a quelqu'un ?
Personne ne répond. On entend toujours le bêlement des chèvres. Fabrice regarde autour de lui.
Fabrice / Y'a quelqu'un ?
Ange entre. Il a un fusil en bandoulière. Il s'assoit au bout de la table, sort un grand couteau et se prépare une tartine "corse". Fabrice n'est pas du tout rassuré.
Fabrice / Euh.. Bonjour monsieur.
Ange ne répond pas. Il regarde Fabrice fixement et prépare toujours sa tartine. Fabrice est inquiet.
Fabrice / Je peux savoir ce que je fais là ?
Ange ne répond toujours pas et le regarde toujours aussi fixement. Fabrice est de moins en moins rassuré.
Fabrice / Pourquoi je suis attaché ?
Ange mange tranquillement tout en regardant Fabrice qui est de plus en plus inquiet.
Fabrice / (Crié) Pourquoi on m'a attaché ?
Scène 2 : Fabrice, Ange, Mattéa
Mattéa entre. Elle est habillée en noir et porte également un fusil en bandoulière. Elle s'assoit à côté d'Ange et regarde aussi fixement Fabrice qui n'en mène pas large.
Ange / C'est lui.
Mattéa / (Elle le regarde et marmonne) Oh mulizzo !
Fabrice / Mais qu'est-ce qu'elle a dit ?
Ange / Elle a dit : espèce de saleté.
Fabrice / Une saleté ?
Mattéa / O mulizzo ! Tù brusgi !
Fabrice / Qu'est-ce qu'elle a dit ?
Ange / Espèce de saleté, maudit sois-tu.
Fabrice / Je suis où, là ?
Ange / Il demande où il est ?
Mattéa / O mulizzo,
Fabrice / Je suis en Corse ?
Ange / Oh ! Il a reconnu ! Oui. En corse. Tu es chez nous.
Fabrice / Laissez-moi partir.
Ange / Ah non ! Nous quand on invite, on invite. Et si l'invité, il veut pas venir. Ou même s'il vient et qu'il veut pas rester, et bien nous, on se vexe. Et en Corse, quand on se vexe, c'est pas bon pour la santé.
Mattéa / O mulizzo, tù brusgi facciaccia.
Fabrice / Qu'est-ce qu'elle a dit ?
Ange / Elle dit ce qu'elle pense.
Mattéa / O mulizzo Tù brusgi facciaccia.
Fabrice / Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ange / Ca veut dire : Espèce de saleté, maudit sois-tu, tête de cul.
Fabrice / C'est du dialecte ?
Ange / Du dialecte ? C'est la langue corse ! La langue corse, ça se mérite. Et toi, tu mérites pas.
Fabrice / Mais pourquoi je suis ici ?
Scène 3 : Fabrice, Ange, Mattéa, Pasquale
Pasquale entre. Il porte également un fusil.
Pasquale / Comme si tu le savais pas.
Fabrice / On m’a assommé ; vous m’avez assommé !
Pasquale / Fallait bien, sinon t'aurais jamais voulu venir.
Fabrice / Pourquoi je suis là ?
Pasquale / A cause de ma sœur.
Ange / Ma fille.
Mattéa / O mulizzo, tù brusgi, facciaccia.
Fabrice / Vous m'avez enlevé à cause de votre fille ?
Ange / Catalina.
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