Pile ou face

Genres :
Thèmes : · ·
Distribution :
Durée :

Vincent et Antoine sont deux comédiens, autrefois amis, qui ne se sont pas vus depuis des années. Au fil du temps, leur amitié s’est muée en une rivalité à la fois professionnelle et amoureuse. L’un a donné rendez-vous à l’autre sur la scène d’un théâtre pour renouer le fil de cette amitié qui s’en est allée avec leur jeunesse. Cette tentative de réconciliation tournera au règlement de comptes, avant de déboucher peut-être sur un projet inattendu.

🔥 Ajouter aux favoris

Liste des personnages (2)

Vincent Homme • Adulte • 166 répliques
Antoine Homme • Adulte • 165 répliques

Soyez le premier à donner votre avis !

Connectez-vous pour laisser un avis !

Le plateau est vide à l’exception de deux chaises, de part et d’autre d’une petite table. Vincent arrive, une tasse à la main. Il s’assied et sirote son café en regardant dans le vide. Il jette un œil à sa montre. Il pose sa tasse sur la table, se lève, et s’adresse aux spectateurs.

Vincent – Moi, c’est Vincent. J’attends Antoine. Il ne devrait pas tarder à arriver. À moins que finalement, il ait décidé de ne pas venir. Remarquez, je comprendrais... Mais non, je pense qu’il viendra. Ne serait-ce que par curiosité. Il viendra, vous verrez. Pour savoir ce que je peux bien lui vouloir après toutes ces années. Antoine, c’est... un ami. Enfin, je crois. Disons que... on était très amis, autrefois. On était ensemble au lycée. Un lycée catholique dans une petite ville de province. L’ambiance était plutôt stricte, mais... on a quand même réussi à faire un tas de conneries. Ça on peut dire qu’on s’est bien marrés. On avait même monté une compagnie de théâtre tous les deux. Enfin avec quelques autres aussi. Des filles surtout... D’ailleurs, au départ, cette compagnie, c’était surtout un piège à filles. On organisait des castings pour des pièces qu’on ne montait jamais. On choisissait toujours les plus jolies, évidemment. Et pour la scène d’audition, la fille devait embrasser son partenaire. C’est-à-dire l’un de nous deux, pendant que l’autre jouait au directeur de casting. Le truc était un peu gros, mais ça marchait parfois avec les moins farouches. Enfin, comme on était tous mineurs, personne n’a jamais porté plainte, et on n’a pas été poursuivis pour harcèlement sexuel. Eh oui... C’était une autre époque. Après... on est montés à Paris, et on a fait le Cours Florent. Toujours ensemble. Antoine et moi. Pendant un an, on a partagé une chambre de bonne à Montmartre. La vie de bohème, quoi. Comme dans la chanson d’Aznavour. (On entend au piano les premières notes de la chanson, mais pas les paroles) Il y avait à peine la place pour un lit d’une personne dans ce placard à balais. Tous les soirs on tirait à pile ou face, et le perdant dormait par terre sur un matelas gonflable, les pieds dans l’entrée et la tête dans les toilettes, où il y avait moins de courants d’air. C’est vrai, à cette époque-là, on était inséparables... Oui, on peut dire qu’Antoine... c’était mon meilleur ami. (Un temps) Ensuite on a commencé à faire des castings. À travailler un peu, chacun de son côté. Des petits rôles dans des téléfilms ou des comédies de boulevard... Antoine est resté quelques mois encore dans cette chambre de bonne. Moi je me suis incrusté chez une copine dans un studio à peine plus grand. Au moins, on pouvait dormir tous les deux dans un lit. Lui tout seul, et moi avec cette fille que j’avais rencontrée sur un tournage. Les années ont passé et puis... on s’est vus de moins en moins, avec Antoine. Jusqu’au jour on ne s’est plus vus du tout. Je ne sais pas pourquoi. Enfin, si, j’ai une petite idée, mais... Non, je ne sais pas... Antoine est toujours comédien, comme moi. Enfin, lui... il continue à faire des figurations, principalement. Des silhouettes, comme on dit dans le métier. Vous savez, tous ces personnages transparents que personne ne voit dans les films. Sauf leurs amis Facebook, à condition de les avoir prévenus la veille : Attention, si vous regardez le téléfilm sur la deux, demain soir, vous me verrez. Je suis le garçon de café qui apporte sa bière à l’Inspecteur Maigret dans la première scène. Mais faites attention, on me voit seulement de trois-quart pendant deux ou trois secondes. Et quand Maigret me tend un billet et qu’il me dit gardez la monnaie, je lui réponds merci. Une demi-journée à poireauter sur un plateau pour dire merci à l’Inspecteur Maigret. Au moins, vous pouvez poster sur Instagram la feuille de service sur laquelle votre nom apparaît à côté de celui de la vedette à qui vous dites merci. Dans l’espoir qu’un jour, ce sera vous la vedette et que c’est à vous qu’on dira merci... (On entend les premières notes et les premières phrases de la chanson d’Aznavour « Je m’voyais déjà ») : À dix-huit ans j’ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la vie. Le cœur léger et le bagage mince, j’étais certain de conquérir Paris). Antoine n’a pas eu cette chance, malheureusement. Il continue à jouer les serveurs et à dire merci. Avant, il faisait encore un peu de théâtre, mais on ne lui propose plus grand-chose maintenant. D’ailleurs, je crois qu’il songe à arrêter le métier. Pour redevenir comptable. Oui, parce qu’à la fac, il avait commencé des études de comptabilité. Pourtant, ce n’est pas un mauvais comédien, mais... il a toujours manqué d’ambition. Vous verrez, Antoine, c’est... un gentil garçon. Enfin, je ne veux pas dire que c’est un gentil garçon au sens où... Non, parce que quand on dit un gentil garçon, tout de suite on pense à quelqu’un d’un peu con. Allez savoir pourquoi, de nos jours, la...

Il vous reste 90% de ce texte à découvrir.


Connectez-vous pour lire la fin de ce texte gratuitement.



error: Ce contenu est protégé !
Retour en haut