Rock’n’ LOL forever

Le groupe de rock “Les Berniques Enragées” se prépare à jouer à l’Olympio. Mais une fan psychopathe, une mère-poule, une rappeuse loufoque, et un directeur de salle morose vont leur mettre des bâtons dans les roues.

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introduction

(Pete et Marylou sont interviewés par un journaliste. Marylou tient ses baguettes de batterie dans les mains. Cette scène peut se passer devant le rideau fermé, ou au milieu des spectateurs, avec des micros, ou éventuellement être filmée avant et diffusée sur un projecteur ou une télé).

journaliste

Salut les rockeurs ! Aujourd'hui, je reçois deux membres du groupe mythique « Les Berniques Enragées » qui fait son grand retour sur la scène. Salut Marylou. Salut Pete.

PETE

Salut.

MARYLOU

'jour.

journaliste

Rappelons qu'il y a quinze ans, vous avez cartonné avec votre album et son légendaire tube « Katan Katan ». 4 millions d'albums, une Victoire de la Musique, la totale, quoi !

PETE

Ouais, un vrai succès. Bien mérité.

MARYLOU

Notre secret, c'était : pas de leader. On était tous les quatre au même...

PETE

(coupant Marylou) Avec la qualité des morceaux que j'ai écrits, ça ne pouvait que marcher.

journaliste

Puis, vous avez mis votre carrière « en pause » (un rien moqueur, il fait les guillemets en l'air) pendant une courte période de... (re-guillemets) 15 ans où vous avez fait... comment dirais-je ?... rien.

MARYLOU

Faut pas exagérer. Moi, j'ai élevé seule mon fils et je peux vous dire que...

PETE

(la coupant à nouveau) Avez-vous la moindre idée du processus de création ? Ça demande du temps et une concentration intense. Donc, n'imaginez pas que je n'ai RIEN fait.

MARYLOU

Et puis on a quand même sorti l'album « Âge tendre et tête de nœud » y'a dix ans !

PETE

Tais-toi, Marylou. On a dit qu'on ne parlerait plus de ce disque.

journaliste

Oui ! Vous faites bien de rebondir là-dessus. Cet album de reprises rock de chansons de Claude François, Hervé Vilard, Sheila, Jean-Passe... et des meilleures, n'a pas vraiment marché. (moqueur) J'avoue que je ne comprends pas pourquoi. On écoute un extrait.

PETE

Non !

(On passe un extrait minable de l'album).

 

journaliste

On reconnaît bien votre plume sensible et délicate, même si vous n'avez écrit aucune parole dans ce chef-d’œuvre.

PETE

(agacé) Si on parlait plutôt du présent ?

journaliste

C'est vrai. Oublions cet album qui vous a plongé dans les abîmes de la... (Il refait les guillemets avec les doigts. Pete commence à bouillir). médiocrité. Depuis dix ans, Êtes-vous restés toujours ensemble, ou sont-ce des retrouvailles ?

PETE

Bah non ! « Sont-ce » pas. On ne s'est jamais quittés. On se voit tout le temps. On est comme les quatre doigts de la main. Amis pour la vie, une grande famille !

MARYLOU

Surtout toi et moi parce que les deux autres...

(Elle renifle bruyamment).

PETE

Ne complique pas tout, Marylou. On est toujours soudés tous les quatre. Comme les trois mousquetaires.

journaliste

Et donc, pourquoi ce retour après dix ans ?

PETE

(pensif) Je pense que c'est le public qui nous réclame. Le départ de Jean-Philippe a laissé un grand vide. (Pete et Marylou se frappent la poitrine et lèvent un doigt au ciel de façon synchronisée). Johnny, Si tu nous entends...

journaliste

Vous nous annoncez un nouvel album exceptionnel qui va sortir dans 3 mois, et un concert à l'Olympio. On retrouvera la qualité de « Katan Katan » ?

PETE

Il sera de bien meilleure qualité ! D'ailleurs, passez donc un extrait de « Katan Katan ». C'est notre tube quand même !

journaliste

Ouais, si vous voulez, mais vite fait...

(On entend un extrait de Katan Katan).

 

journaliste

Votre manager, Jean-Pierre Barclette, nous a quitté il y a quelques années à cause d'un panari mal soigné. Jean-Pierre Barclette qui était, rappelons-le, votre père.

PETE

Papa... heu, Jean-Pierre était avant tout notre manager.

journaliste

Et donc, qui va s'occuper de vous maintenant ?

PETE

Sa femme, Édith, a décidé de nous prendre en main.

journaliste

Oui. Édith Barclette qui, rappelons-le, est votre mère.

PETE

Maman... heu, Édith est avant tout notre manageuse.

journaliste

Certes, mais son grand âge ne va-t-il pas conforter la grande majorité des gens qui vous trouvent plutôt vieillots, voire « has-been » ?

MARYLOU

(tapant avec ses baguettes) Les nouvelles chansons de Pete vont fermer leur claque-merde à tous ces pisse-froid qui nous traitent de vieux !

(Elle renifle bruyamment).

PETE

(calmant Marylou) Oui, Marylou, oui. (au journaliste) Je dirais que l'album qui va sortir sera pour nous une renaissance, comme un phénix.

journaliste

Eh bien voilà qui va ravir vos… (Il insiste et refait les guillemets). nombreux fans. Merci à vous et rendez-vous dans trois mois pour le grand retour des Berniques Enragées.

Le rideau s'ouvre.

Une ou plusieurs personnes traversent la scène en portant la pancarte suivante :

1 1

Staying alive

(Andy le guitariste entre, très bien habillé. Il pose sa veste sur une chaise, époussette les épaules, lisse le pli. Il fredonne un air de musique classique et pose méticuleusement ses affaires de maquillage sur une étagère. Alyçon la bassiste entre par l'autre porte).

ANDY

Bonjour Alyçon, ça fait longtemps dis donc !

ALYÇON

Bah oui ! 10 ans quand même.

(Ils s'embrassent).

ANDY

Je suis content de te revoir.

ALYÇON

Tu n'as pas changé, toujours aussi élégant ! C'est pas pour rien qu'on t'appelait Andy le dandy !

ANDY

Tu as vu Pete et Marylou à la télé ?

ALYÇON

Oui, il a bien parlé, je trouve.

ANDY

Oui, de lui. « On est comme les doigts de la main, on est une famille ». C'est cocasse ! Je l'aime beaucoup, mais on ne s'est pas vus depuis des années. Je n'appelle pas ça une famille.

ALYÇON

Mais c'est vrai qu'on était comme une famille ! Il veut peut-être qu'on redevienne comme une famille ? Comme à l'époque où on était comme une famille.

ANDY

Remarque, vu l'état de notre groupe, on fait comme dans toute bonne famille. On rapplique tous pour l'héritage. Autant en profiter tant que le corps est encore tiède.

ALYÇON

Je comprends pas trop ce que tu veux dire. Qui est mort ?

ANDY

Les Berniques Enragées, enfin !

ALYÇON

Ah oui, d'accord !

ANDY

Quand je pense à Pete, quel cynisme de sa part ! Il a l'air de croire à la résurrection. Tu as vu comme il nous compare au phénix ? Il ne doute de rien !

ALYÇON

Oui, c'est un peu stupide. Je vois pas le rapport entre nous et les maisons Phénix.

ANDY

(tendrement) Sacré Alyçon ! Toujours aussi basique...

ALYÇON

Non. Bassiste, pas basique.

ANDY

Et ce nouvel album, j'espère que le jeu en vaut la chandelle. On n'a que trois mois pour apprendre les morceaux, alors j'espère qu'ils sont exceptionnels.

ALYÇON

C'est une drôle d'idée de reformer le groupe, mais ça m'arrange bien. J'ai besoin d'argent.

ANDY

Moi aussi ! Ça fait longtemps que je veux monter un festival de musique de chambre. Et toi, quels sont tes projets ?

ALYÇON

Non, moi j'ai tout ce qu'il me faut dans ma chambre. Deux enceintes de 120 watts. (Elle commence à s'exciter). Ça pulse la musique et je peux te dire que quand je me déhanche sur Sex bomb, c'est le festival moi aussi !

ANDY

Mais je te demandais ce que tu veux faire si on gagne le...

(Il lui fait un clin d’œil). pactole ».

ALYÇON

Tu sais, avec mon garçon qui va avoir dix ans, il faudra bientôt que je pense à ses études. Dans... (Elle réfléchit). 15 ans, c'est le bac. Surtout que je suis seule à l'élever.

ANDY

Voilà ce que c'est que de faire un bébé toute seule, ma petite Alyçon. Ce n'était pas raisonnable.

ALYÇON

Eh oh ! Marylou, elle a fait comme moi, et on lui a jamais rien dit à elle.

ANDY

C'est normal. On l'a jamais vu, son môme, vu qu'on n'a pas vu Marylou depuis. Tiens, d'ailleurs, en parlant du loup...

(Marylou entre sur scène).

ALYÇON

Non. En parlant de Marylou. Pas du loup.

ANDY

C'est une expression, Alyçon ! En parlant du loup, on en voit la queue.

ALYÇON

Oui, je connais, qu'est-ce que tu crois ? Mais on ne parlait pas de loup, on parlait de Marylou.

MARYLOU

Ah ah ah ! Alyçon, toujours aussi conne !

ALYÇON

T'es pas très gentille, Marylou.

MARYLOU

Mais non, andouille ! C'est juste pour la rime. Alyçon la conne, Andy le dandy.

ALYÇON

C'est moins flatteur pour moi.

MARYLOU

C'est vrai, j'aurais pu dire Alyçon la madone.

ALYÇON

Bah pourquoi t'as pas dit la madone alors ?

MARYLOU

Une rime, ça doit être spontané.

ALYÇON

Et donc, tu as d'abord pensé à « conne ».

MARYLOU

Oh, tu me fatigues ! Tu iras te plaindre à tes parents. Ils auraient pu écrire ton prénom « S, O, N » comme tout le monde, mais non. Pour être originaux, ils ont eu l'idée de génie de l'écrire « C cédille, O, N ». Alors forcément, on a tendance à oublier la cédille.

ALYÇON

Oh, Marylou, ne commence pas !

MARYLOU

Allez ! Dans mes bras, qu'on se claque la bise.

(Marylou prend fortement Alyçon dans ses bras).

ANDY

Dis donc, Marylou, toujours autant de délicatesse.

MARYLOU

Mon poteau, t'es jaloux ? Viens faire un bisou à Marylou !

(Elle le prend à son tour violemment dans ses bras).

ANDY

Ma chemise ! Fais attention, c'est de la soie de scarabée du Bengale. Elle est toute froissée maintenant !

MARYLOU

Bah profites-en pour aller te changer. Tu vas pas répéter en costard quand même !

ANDY

Mais nous ne sommes pas là pour répéter. Nous faisons un briefing. Pete va nous faire écouter ses nouvelles chansons.

ALYÇON

D'ailleurs, il est en retard. Tu ne veux pas l'appeler, Marylou ?

MARYLOU

Ouais en effet, c'est bizarre.

(Marylou prend son téléphone et compose le numéro).

Allô, Pete ? Qu'est-ce que tu fous, mon pote ? On t'attend tous... Quoi ?... Tu es au cabinet ? Mais qu’est-ce que tu fais chez l’avocat ? On n’a pas reçu les contrats ? Ah ! Tu es malade ?... Une gastro ?... Ah non, viens pas, tu vas nous la refiler ! On reporte les retrouvailles... Ouais, dans 3 jours, c'est plus sûr... Repose-toi, Pete. Tchao !

(Elle raccroche et s'adresse aux autres). Bon je vous fais pas de dessin, il nous fait des pizzas !

ALYÇON

C’est sûr que des pizzas à l’avocat, ça doit pas être terrible. Tu m’étonnes qu’il est...

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