Valérie travaille seule dans le cabinet.
VALÉRIE
Je suis pas réveillée, moi, aujourd’hui. Je me ferais bien un petit café. (Le téléphone sonne, elle répond, tendue.) Cabinet d’avocats, bonjour…
MADAME SIDOMI, qui hurle.
Comment voulez-vous que ce soit un bon jour alors que mon fils est toujours en prison ?
VALÉRIE, électrifiée par le hurlement.
Madame Sidomi ! Vous… Vous avez l’air en forme…
MADAME SIDOMI, idem.
Ça va ouais. Je me maintiens ! Maître Bohn, elle a déposé la demande de libération anticipée pour Ryan ?
VALÉRIE
Oui, elle l’a déposée il y a trois semaines, comme convenu.
MADAME SIDOMI, idem.
Ouais, c’est bien, on s’en fout de ta vie, la secrétaire, vous avez reçu la décision du juge ?
VALÉRIE
Oui… On l’a reçue hier soir…
MADAME SIDOMI, idem.
Hier soir ? Vous vous foutez de moi ? Et pourquoi vous m’avez pas appelée tout de suite ?
VALÉRIE
En toute franchise, je vous avouerai que j’étais pas dans les meilleures dispositions pour me faire engueuler… D’autant que ma collègue est en arrêt maladie…
MADAME SIDOMI
Non, mais vraiment, on s’en fout de ta vie, la secrétaire. C’est dingue, ça, d’être aussi égocentrique ! C’est quoi la décision ? Tu vas accoucher oui ou merde ?
VALÉRIE
Ben c’est toujours la même, madame Sidomi. Il a été condamné à trente ans de prison, il lui reste vingt-neuf ans à faire… Maître Bohn vous l’a expliqué, c’est un peu tôt pour demander sa libération anticipée...