Tiens-toi droit, Totof
Il n’est peut-être pas très beau, mais il est très riche… De ce fait, Totof intéresse beaucoup de jeunes femmes.
Sur l’estrade de la salle des fêtes du village, sa mère annonce que son fils Totof voudrait bien trouver une promise pour partager un grand amour avec lui, alors les prétendantes se rappellent soudainement qu’elles le trouvent beau…
Il faut dire que Martine, sa mère, en a marre de faire la lessive de son fils avec une lavée toutes les trois se-maines, pour ses sous-vêtements et ses chemises. Ca finit par être fatigant.
Totof devrait déjà être marié à son âge et c’est vrai aussi qu’il n’est pas très finaud. On peut même dire qu’il est un peu simplet, rustique. Con, en quelque sorte, quoique…
Ce soir il y a théâtre à la salle des fêtes du bourg. Alors Martine décide de monter sur l’estrade, profitant d’un contretemps technique de la troupe, pour essayer de caser son fils…
A la grande surprise de tous, il y a plein de jeunes femmes très intéressées par la belle affaire…
Mesdames, mesdemoiselles, une affaire en or pour qui sait s’y prendre.
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ACTE UNIQUE
Le rideau est fermé et le maître de cérémonie de ce soir vient sur scène, devant le rideau, pour expliquer la suite de la soirée. Le micro ne fonctionnant pas, surgit une femme, venant de la salle, qui vient le rejoindre sur scène et se met à lui causer dans le creux de l’oreille tandis qu’il avait essayé de la persuader de redescendre par des gestes de la main… Faire durer les gestes du maître de cérémonie qui interdit à la femme de monter tandis que celle-ci ne s’occupe pas de son interdiction.
Martine (Au maître de cérémonie, lui causant dans le creux de l’oreille et, bien entendu, personne n’entend, sauf la fin que Martine dit clairement devant le public) – …… Vous comprenez maintenant ? Comme ça vous allez pouvoir réparer votre micro derrière le rideau ou dans les coulisses.
Le maître de cérémonie part derrière le rideau sans avoir dit un mot. D’évidence, ça l’arrange bien que quelqu’un occupe le temps mort pendant que lui se débat avec son micro… Possibilité de tapoter deux ou trois fois sur le micro ou de dire deux ou trois imbécillités en pensant que le micro ne fonctionne pas de telle sorte que ce soit un peu désagréable pour le public qui sera content d’entendre Martine à la place.
Martine (S’adressant à une personne dans la salle et faisant de grands gestes) – Allez, viens me rejoindre Totof. On va faire les présentations. Et fais attention à pas te casser la margoulette comme l’autre fois.
Jean-Jacques (Qui sort de derrière le rideau de manière impromptue et fait un grand sourire révélateur à Martine) – Ne bouge pas Martine, je vais l’aider à monter sur la scène ton grand idiot de fils.
Martine (Qui se retourne, très surprise) – Ben ! Qu’est-ce que tu fous là, Jean-Jacques ?
Jean-Jacques (Qui manque de tomber car il ne regarde pas devant lui, tout pris par le regard de Martine) – Quand j’ai vu que tu étais dans la salle, Martine, j’ai demandé à mon collègue pour changer mon jour d’astreinte… (L’air franchement nunuche) Comme ça je peux mieux te voir !
Martine (Qui n’a pas tout compris) – Ah parce qu’il y a des jours « d’étreinte » chez les pompiers. Ca ne m’étonne pas qu’ils soient tout le temps en feu.
Arrive Jean-Christophe par le petit escalier ou par le côté de scène selon la disposition de la salle. Il ricane très bêtement, se retournant vers le public plusieurs fois avant de monter sur la scène. Martine, quant à elle, s’impatiente et fait des signes à Totof pour qu’il s’active. Jean-Jacques est allé à la rencontre de Totof pour l’aider à monter.
Jean-Christophe (Qui arrive à côté de sa mère, se tient un peu penché vers l’avant et, avant même qu’on s’adresse à lui, il sort un énorme mouchoir de l’ancien temps, très grand qu’il secoue bien devant le public, puis il se tourne dos au public et entame une rafale de « mouchages ». Faire vraiment en rafale (il suffit de se pincer le nez et de faire beaucoup de bruit avec la bouche). Ensuite, il se retourne, mouchoir en mains, admire le prétendu résultat et ramasse son mouchoir dans sa poche. En dernier, il s’essuie ostensiblement une main sur sa cote comme si tout avait un peu dérapé) – Ben ça va mieux là ! (Puis reniflant très fort et regardant « bêtement » Jean-Jacques) Y’a...