Y a-t-il un citoyen dans la salle
Cette comédie à sketches laisse toutes les portes ouvertes à l’imaginaire du metteur en scène par le choix des musiques, décors et accessoires éventuels, la durée du spectacle peut être modulée ainsi que le nombre de personnages, et le découpage proposé modifié à condition de respecter la chronologie des scènes historiques. Une approche burlesque et satirique de la révolution française pour revivre les épisodes importants de la scène révolutionnaire, des états généraux à la chute de Louis XVI. Des reportages à chaud avec Marat en envoyé spécial ; des rubriques “Mode” présentées par la Comtesse Dubarry ; Charlotte Corday et ses recettes de cuisine comme son fameux pâté de tête et des tranches de publicité “Spéciales Révolution”. Des scènes historiques comme les derniers instants du Marquis de Launay, gouverneur de la Bastille et enfin la vérité sur les derniers embastillés à l’aube du 14 juillet… Un “clin d’œil tendresse” sur tous ces personnages qui, ne l’oublions pas, ont fini par éternuer dans l’panier !
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Ouverture - Générique
Sur musique.
VOIX 1 - Les tribunes de la nation présentent...
Les grandes pages de la Révolution française ou...
VOIX 2 - L'histoire telle que vous l'auriez vécue si vous étiez arrivé à l'heure.
VOIX 1 - Tandis que Paris souffre de la famine, Versailles coule des jours paisibles, bercé par les printaniers coucous de Louis XVI.
VOIX 2 - Coucou.
VOIX 1 - 4 mai 1789, le Cabinet du Roi !
VOIX 2 - Occupé !
VOIX 1 - Non, l'autre.
Fin musique.
Dialogue Famille Royale N° I
Deux coups de bâton.
LE VALET - Le Roi !
LE ROI - C'est moi !
LE VALET - C'est lui !
LE ROI - Alors là, c'est incroyable ! On me réclame une audience extraordinaire, je l'accepte parce que c'est la leçon de chant de ma femme... et qui connaît la tyrolienne me comprendra. J'arrive ici et il n'y a personne ! On se paie ma tête !
LE VALET - Sire !
LE ROI - C'est moi !
LE VALET - C'est lui !
Le premier ministre Necker et le général Lafayette demandent audience !
LE ROI - Introduisez, mon ami. Ah, Lamouillette, vous voilà !
LAFAYETTE - Lafayette, Sire.
LE ROI - Bien sûr, bien sûr ; Alors Necker, vous êtes en retard, savez-vous ?
NECKER - Sire, l'heure est grave !
LE ROI - Taisez-vous Necker, laissez parler L'aluette.
LAFAYETTE - Lafayette, Sire.
LE ROI - Oui, vous disiez ?
LAFAYETTE - Voilà Sire, les états généraux se réunissent ; le tiers-état, le Clergé et une certaine partie de la noblesse sont en ce moment à l'hôtel des Menus-Plaisirs, et votre Majesté, oh si vous saviez, ils parlent de...
NECKER - Ils parlent de créer une monarchie constitutionnelle, voilà de quoi ils parlent !
LE ROI - Mais taisez-vous Necker, quoi ! Veuillez cesser une bonne fois d'interrompre Machin-Chouette !
LAFAYETTE - Lafayette, Sire.
LE ROI - Lafayette !
LAFAYETTE - Merci votre Majesté.
LE ROI - Je vous en prie. Alors, cela veut dire quoi ça : monarchie constitutionnelle ?
LAFAYETTE - C'est simple, la monarchie, c'est vous.
LE ROI - Comme disait mon grand-père, l'état c'est moi !
NECKER - Et le tas, c'est vous ! (Il rit.)
Le Roi - Ça vous fait rire, Necker ?
Necker - Pardonnez-moi, Sire.
Le Roi - Vous avez décidé de me gâcher ma journée, vous, hein ! Bon, continuez Lafanette !
Lafayette - Non !
Le Roi - Ladanette ?
Lafayette - Non !
Le Roi - Lavachette !
Lafayette - Non !
Le Roi - Lajaquette ?
Lafayette - Non !
Le Roi - Oh, j'en ai par-dessus la tête !
Necker - Alouette ! La la la la... (Necker chantonne.)
Le Roi - Encore un mot, Necker, et vous prenez la porte ! Bon, alors la Monarchie c'est moi ! Et les états généraux, mon Général ?
LAFAYETTE - Lafa...
LE ROI - Ne me reprenez pas tout le temps, Lagirouette ! Répondez seulement ! Qu'est-ce que foutent les états généraux ?
NECKER - La constitution !
LE ROI - Necker, nom de Dieu, je...
LAFAYETTE - Sire, vous savez bien qu'il est mauvais pour vous de vous emporter !
LE ROI - Mais c'est lui à la fin ! Avec ses airs de petits Marquis dédaigneux !
LAFAYETTE - Sire, on croirait entendre le Peuple...
LE ROI - Mais j'aime le Peuple ! Je n'ai jamais voulu être roi, moi ! Ah, si j'avais pu être serrurier... (Musique.) ...passer mon temps à bricoler des serrures, fabriquer des jolis coucous en merisier, avoir une maisonnette remplie de pendulettes et d'horlogeries chatoyantes qui auraient sonné toutes ensembles les quarts et les demies !
LAFAYETTE - Son altesse royale parle maintenant en vrai poète !
LE ROI - Tous les serruriers sont des poètes !
LAFAYETTE - Et tous les poètes sont à décapiter, donc tous les serruriers sont à... (Bruit.) ... Excusez-moi Sire !
LE ROI - Mais arrêtez de dire n'importe quoi, Andouille !
LAFAYETTE - Lafayette, Sire !
LE ROI - C'est la même chose ! Et maintenant, réfléchissons un peu aux moyens de sortir de cette histoire sans perdre la face. Je compte sur vous, Messieurs. Vous êtes mes deux plus précieux atouts, la Tête et les Jambes !
NECKER - Ah Sire, moi la tête !
LAFAYETTE - Ah Sire, et moi les pompes !
LE ROI - Vous pouvez toujours vous brosser, Lacarpette !
LAFAYETTE - Lafayette, Sire. Je me porte garant de mes soldats. J'ai 300 Suisses et 200 invalides prêts à tout et eux aussi font partie du peuple ! Le peuple, c'est la loi, et la loi, c'est vous Sire !
LE ROI - Où voulez-vous en venir, Ladisquette ?
LAFAYETTE - Euh... Je ne sais pas Sire.
LE ROI - Franchement, votre aide nous est très précieuse, Laroupette !
NECKER - Arrêtez d'épater la galerie, Lafayette !
LE ROI - Vous devriez en parler avec ma femme, vous êtes sûr de vous entendre.
NECKER - A propos Sire, la Reine n'est pas là ?
LE ROI - Non, elle a son cours de chant !
necker - Quelle chance !
le roi - A qui le dites-vous !
On entend une chanson tyrolienne.
LE ROI - Merde, la voilà !
LE VALET - Sire !
LE ROI - C'est moi !
NECKER, LAFAYETTE, VALET - C'est lui !
LE VALET - La Reine !
NECKER, LAFAYETTE, ROI - C'est elle !
Suite de la chanson avec Marie-Antoinette.
Necker - Elle a fait des progrès, vous ne trouvez pas ?
LE ROI - Tout à fait, elle chante de plus en plus faux.
On entend la fin de la chanson.
Marie-Antoinette - Ya.
LAFAYETTE - Bravo, bravo, vive la Reine !
MARIE-ANTOINETTE - Merzi, je vous remerzie général Laraclette !
LAFAYETTE - Lafayette, madame !
MARIE-ANTOINETTE - Oui, oui, je vous remerzie, Lafourzette. Alors Louis, gomment trouvez-vous mein petite chanzonnette scheun scheun ?
LE ROI - C'était tout à fait charmant, Ma Mie.
MARIE-ANTOINETTE - Et vous mein lieber gross Necker ?
NECKER - Absolument incroyable, quelle finesse !!
MARIE-ANTOINETTE - Ah Ya, zela tombe bien, chai engore le deuzième gouplet !
Marie-Antoinette rechante.
Necker - Ah non, pitié, pitié, cela suffit !
MARIE-ANTOINETTE - Qu'est-ze que zela veut dire, ézpeze de malotru Necker ! Louis, z'est une inzulte !
LE ROI - Eh bien Necker, vous n'allez plus très bien ?
NECKER - Excusez-moi Sire, c'était plus fort que moi !
MARIE-ANTOINETTE - Z'est un zabotage, ein gross zabotage. Louis, je ne veux plus voir ce zaboteur au palais !
LE ROI - Sortez, Necker ! Vous en avez de la chance !
MARIE-ANTOINETTE - Merzi Louis, Ach che vous aime tant. (Bisous.)
LE ROI - Ahaha...
MARIE-ANTOINETTE - Eh bien qu'avez-vous, vous me paraizez zoucieux, très zoucieux, mon géri géri d'amour !
LE ROI - Expliquez-lui la situation Lachaussette !
MARIE-ANTOINETTE - Oh ya Laziquette, expliquez-moi ze qu'il ze passe !
LAFAYETTE - Sire, notre envoyé spécial sera plus à même de nous rendre compte des derniers événements ! Allô Marat, Marat c'est à vous !
MARAT - Eh bien oui, bonjour Lafayette, ici Marat, l'ami du Peuple au billot, heu... au micro, pardon !
LAFAYETTE - Alors Marat, vous êtes dans le bain ?
Lafayette sort un “PARIS-TURF”, Louis XVI une paire de jumelles, la reine un face-à-main pour suivre la course.
Sur la musique.
Marat - Ecoutez, je suis en plein jus et tout baigne ! En ce moment même je me trouve dans les tribunes officielles et j'attends la sortie des membres des états généraux... oui ! je les aperçois dans le tournant de l'hôtel des Menus-Plaisirs. En tête pour l'instant la noblesse, casaque brodée or toque à plumes, suivie de très près par le clergé-Allélouia, casaque noire toque auréolée, alors que sortant enfin de la petite chapelle, voici le tiers-état, casaque à trou sans culotte, qui remonte à la corde. Il rejoint le peloton de tête. Pendant ce temps-là, la noblesse semble lâcher du lest aussitôt ramassé par le clergé-Allélouia, tandis que le tiers-état sœur... pardon, le tiers-état sort du peloton. Les concurrents sont au coude à coude... le clergé-Allélouia s'accroche au basques de la noblesse, et le tiers-état prend la tête ! La foule est en délire... L'arrivée à la salle du Jeu de Paumes est toute proche... Attention, 1er le tiers-état, 2nd la noblesse, 3ème le clergé-Allélouia... Il y aura photo pour départager le reste.
Fin musique.
Marie-Antoinette - Louis, c'est fini !
LE ROI - Ah, bon ?
Coup de gong.
Tatie Charlotte N° I
Recette du pâté de tête
Sur musique.
LE PRESENTATEUR - Et voici les trucs de Tatie Charlotte.
TATIE CHARLOTTE - Bonjour mon lapin.
LE PRESENTATEUR - Ksss ksss.
TATIE CHARLOTTE - Aujourd'hui, la recette du pâté de tête...
Tapons-nous sur la bedaine, Tapons-nous dessus le bidon ;
Car tout est bon dans le cochon !
Dans une marmite, mettre deux moitiés de tête, fraîches du matin, et deux pieds dans le...