Bonjour l’ambiance !
Pas vraiment soudée l’équipe de cadres à « D.D.International »… C’est le moins que l’on puisse dire ! Aussi le PDG, Maxime DUMONT-DUVAL, réunit tout ce joli monde dans un chalet de haute montagne, pour un séminaire sous la conduite (plutôt originale) d’une éminente psychologue.
Parallèlement, il a confié au célèbre détective Sherlock POIROT le soin de mener une enquête au sujet de lettres de menaces dont il est destinataire. Mais, alors qu’il arrive au chalet pour rendre visite à ses cadres, le PDG est assassiné.
Qui a tué ? Pourquoi ?
Malgré une mise en scène surprenante et savamment orchestrée par le coupable, le grand détective trouve rapidement la solution de l’énigme… Le coupable est confondu.
Oui : confondu ! Mais confondu avec qui ? C’est à cette question que vont répondre Adèle et Fernande, deux vieilles touristes pittoresques, qui, avec leur logique toute paysanne (et leur accent), vont dénouer bien d’autres fils de cette ténébreuse affaire…
Un scénario inspiré d’Agatha Christie, agrémenté d’une pétillante sauce paysanne.
90 minutes d’humour et de mystère…
Il est bien sûr conseillé d’adapter le contexte à votre région (lieux, accent, anecdotes…)
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Un scénario inspiré d’Agatha Christie, agrémenté d’une sauce paysanne.
90 minutes d’humour et de mystère…
Il est bien sûr conseillé d’adapter le contexte à votre région (lieux, accent, anecdotes…)
ACTE I
Ils sont cinq cadres sur scène (Christophe, Vincent, Blandine, Victor, Marianne) qui attendent l’arrivée de Sophie, directrice des ressources humaines, et du psychologue.
Ils s’occupent comme ils peuvent (journal, café, fenêtre et bien sûr dialogue).
BLANDINE (regardant par la fenêtre) – Quel paysage magnifique !
CHRISTOPHE – ça nous change de la vue qu’on a de nos bureaux.
BLANDINE – Tous ces sommets encore enneigés…
VINCENT – Tu parles ! On n’est coincé dans le trou du cul du monde, c’est tout !
VICTOR – Mon cher Vincent, tu viens de donner raison à celui qui a écrit : « la femme la plus compliquée est plus près de la nature que l’homme le plus simple »… Quand même, ici on respire et se savoir à plus de 2000m d’altitude, loin du bruit, de la pollution…
MARIANNE – Du stress, de la télé, des bagnoles… On connaît le refrain ! Tout ça est ridicule. On vient perdre notre temps dans ce séminaire paumé et pendant ce temps on laisse filer des parts de marché.
BLANDINE (toujours collée à la fenêtre) – Les mélèzes commencent à perdre leurs aiguilles.
CHRISTOPHE – Parts de marchés ! Tu n’as que ça à la bouche alors qu’il est question de réduire les effectifs de 20% l’année prochaine.
MARIANNE – Parts de marchés ou maintien des effectifs, ce n’est pas un séminaire qui va résoudre le problème. C’est du vent, rien que du vent !
VINCENT – Je suis, pour une fois, assez de l’avis de (ton cérémonieux et moqueur) madame la directrice du département commercial.
BLANDINE – Oh, vous avez vu, il y a un petit torrent là, sous les sapins.
VICTOR – Mais vous êtes souvent d’accord, Marianne et toi, Vincent. Vous partagez la même philosophie et utilisez les mêmes verbes : gagner, battre, réussir, produire, vendre, devancer, surpasser, écraser…
VINCENT – Ah monsieur le directeur de la production et de la recherche nous fait sa crise de moralisation de l’entreprise ?
MARIANNE – Il est vrai que quand on est à quelques mois de la retraite, on peut se permettre d’avoir des états d’âme.
CHRISTOPHE – Cela prouve au moins que Victor a une âme, ce qui n’est pas le cas de tout le monde ici.
BLANDINE (angoissée) – Vous avez-vu la nappe de brouillard là… Elle vient droit sur nous.
MARIANNE – Oh la barbe !
BLANDINE – Et bien ça y est, on est dans le nuage, on n’y voit plus rien.
VINCENT – Et bien tant mieux ça t’évitera de continuer à nous saouler avec ta carte postale à la con ! Blandine se met à sangloter.
CHRISTOPHE (à Vincent) – Connard !
VICTOR (il tend un mouchoir à Blandine) – Mon cher Vincent j’ai toujours admiré ton sens de la poésie et du tact.
VINCENT – Pour ce que ça peut servir…
Entrée de Sophie, directrice des ressources humaines, suivie du psychologue portant une valise.
SOPHIE – Bonjour à tous. Je vous présente le professeur Lentonnoir auquel notre Président Directeur Général, Maxime Dumont-Duval, a confié le soin d’animer ce séminaire. Le professeur Lentonnoir enseigne à la Sorbonne et a publié plusieurs ouvrages dont le plus connu « Je m’aime moi-même et j’en suis fier » a été traduit dans 32 langues. Professeur, je vous laisse la parole.
LE PSY – Je vous remercie, madame la Directrice des Ressources Humaines pour cette présentation élogieuse. Hello, mesdames, mesdemoiselles, messieurs. Notre séminaire ne commencera que demain matin, mais je vous le présente rapidement : il se présentera en deux parties : « the first part » intitulée « Quand je me cherche, je me trouve » vous permettra de mieux connaître et mieux tirer profit des composantes de votre « real person », votre personnalité, « the second part » intitulée « Turn out in business » vous conduira à mieux tirer profit de votre personnalité dans vos responsabilités professionnelles.
(Prononciation anglaise.) Questions ?... No questions ?
Personne ne répond.
SOPHIE – Avant que le professeur et moi-même allions nous installer dans nos chambres, il me semble nécessaire que chacun se présente pour permettre au professeur de vous connaître déjà un peu. Qui veut commencer ?
Tout le monde regarde en l’air ou dans le vide.
LE PSY – Allons, allons… Who wants to begin ?
Nouveau silence.
La porte d’entrée s’ouvre et débarquent alors Adèle et Fernande en tenue de randonnée avec tous les accessoires – chaussures de marche, bâtons, sacs à dos, bonnets, moufles, lunettes, cartes IGN… Inconscientes du trouble causé par leur intrusion, elles se délestent de leur attirail.
ADELE - Te vois ! Nous v’là finalement bien rendues.
FERNANDE – Si te m’avais écoutée on s’rait là depuis un bon moment, (Retirant ses chaussures) au lieu de ça, on est allé patauger dans ton sentier tout gadouilleux.
ADELE (se délestant de son attirail) – Mon sentier ? C’est un sentier qui est ouvert à tout le monde !
FERNANDE – C’est quand même ben toi qu’a décidé de nous y faire enliser !
ADELE – Evidemment, y avait point d’autre solution (Montrant la carte d’état-major.), t’as ben vu, l’itinéraire...