Murmures Dans L’aile Montpensier

Nous sommes en 2009…cette pièce relate un huis-clos inédit entre Jacques CHIRAC et Valéry Giscard d’ESTAING, provoqué par un incident de séance au Conseil Constitutionnel, évènement jamais révélé dans la presse documenté par le récit que m’en a fait Jean-Louis DEBRE, Président du Conseil Constitutionnel au moment des faits.
Les deux “meilleurs ennemis” de la politique française, contraints de siéger ensemble en tant qu’anciens Président de la République, se retrouve donc face à face.
Durant ce moment hors du temps, ils vont régler leur lourd passif aussi bien politique (trahison de 1974, présidentielle de 1981, rivalité de partis, enjeux douloureux de filiation par rapport au président POMPIDOU, une histoire de fils préféré…) que profondément personnel (anorexie de Laurence, la fille aînée de Jacques CHIRAC face à l’absence d’empathie et de soutien de VGE…. et plus légèrement, plus apaisé, se retrouver sur leur deuxième passion après la politique, l’amour, les femmes (Lady DI pour VGE, regrets par rapport à l’infidélité de ces deux hommes d’Etat…)
Enfin, ce texte d’une rare violence notamment du à l’état de santé dégradé de Jacques CHIRAC par l’anosognosie, repose sur la joute verbale, le sens de la répartie, l’ironie mordante et l’épaisseur psychologique des personnages.
C’est l’histoire de deux visions de la France mais aussi l’histoire de deux destins indissociables.

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ACTE 1

 

Personnages par ordre d’apparition

L’huissier du Conseil Constitutionnel : prénommé Edmond, il a la quarantaine ; il est l’archétype de l’huissier des grands palais nationaux, élégance, diplomatie, psychologie, discrétion et capacité à dialoguer. Il est un personnage fil rouge tout au long de la pièce. Jacques CHIRAC le connaît personnellement.

Jacques CHIRAC : ancien président de la République, membre de droit du Conseil Constitutionnel. Il souffre depuis quelques années d’anosognosie (troubles neurologiques immédiats, brutaux, mais épisodiques durant lesquels il a des difficultés à accéder à certaines parties de sa mémoire).

L’inimitié qu’il porte et réciproquement, depuis plus de 30 ans à Valéry Giscard d’Estaing, également membre de droit de cette haute assemblée, l’a toujours poussée à ne pas siéger en sa présence et inversement. Exceptionnellement, il va déroger à cette règle car la séance du jour l’implique personnellement. Elle doit aborder l’examen de légalité d’un avant-projet de loi visant à améliorer la prise en charge de personnes atteintes de troubles du comportement, à l’image de l’anorexie mentale dont souffre sa fille Laurence. Valéry Giscard d’Estaing, siégera également et de surcroît, a fait le nécessaire pour se faire nommer rapporteur de ce texte. Pourquoi alors qu’il n’a jamais soutenu Jacques CHIRAC  dans cette épreuve ? Bien au contraire. Cruauté perverse de sa part ? En tout état de cause, les meilleurs ennemis de la 5ème République ne pourront plus s’éviter à cause ou grâce à un huis-clos contraint par un incident de séance dont ils seront à l’origine. L’occasion de régler leurs comptes politiques et découvrir en fait que leur inimitié plonge ses racines dans une fêlure beaucoup plus profonde, un enjeu de filiation au centre duquel se trouve le Président Georges Pompidou...une histoire de fils préféré.

Jean-Louis DEBRE préside le Conseil Constitutionnel. Il a été désigné par Jacques CHIRAC et assume son indéfectible amitié de 52 ans avec l’ancien président de la république. Il a beaucoup d’affection pour ce dernier et réciproquement. Pourtant, il le vouvoie en l’appelant Monsieur tandis que Jacques CHIRAC le tutoie ; Jean-Louis DEBRE souffre de la dégradation de l’état de santé de son ami. Personnage « arbitre », son souhait le plus cher est que ces deux hommes d’État puissent un jour, pour la postérité, se réconcilier. Pourquoi pas à l’occasion de ce huis-clos ?

Scène 1

Salle des délibérés du Conseil Constitutionnel. Une vaste scène constituée d’un faux-semblant de tentures de velours vert, décors peints, de marbre et de stucs, côté cour, d’une cheminée empire sur laquelle est disposée une pendule de style en bronze doré et marbre. Au-dessus de la cheminée, un immense miroir rectangulaire doré à la feuille d’or. Au centre de la scène, la table des délibérés composée de plusieurs blocs rectangulaires de verre et d’acier positionnés côte à côte pour former un grand volume rectangulaire autour duquel sont disposés 9 fauteuils de cuir crème (3 en bout de table et 6 répartis par 3 sur les deux côtés). Au-dessus de cette table, un gigantesque et majestueux lustre de pierres en verre qui éclaire la totalité de la pièce. Au lointain, le faux-semblant d’une porte-fenêtre donnant sur l’extérieur. Côté jardin, un salon/vestibule où sont disposés 3 fauteuils de style louis XVI autour d’une table basse ronde de style empire.

L’huissier, la quarantaine élégante, traditionnel costume noir queue de pie, chemise blanche col officier et grosse médaille argent d’apparat sur chaîne gros maillons autour du cou, entre côté cour en poussant un charriot à roulettes chargé  ; il se dirige vers la table des délibérations sur laquelle il dispose soigneusement à chaque place, blocs notes, stylos, cavaliers nominatifs et autres bouteilles d’eaux minérales récupérées sur son charriot puis prend une pause en s’asseyant sur l’un des fauteuils de cuir crème. Côté jardin où se trouve le salon/vestibule, un homme confortablement assis sur l’un des 3 fauteuils que l’on ne parvient pas à dévisager car placé dans une relative pénombre, observe en silence la pause de l’huissier sans que ce dernier ne s’en aperçoive. L’homme finit par se manifester en se levant brusquement de son fauteuil pour se diriger vers l’huissier qu’il surprend.

JACQUES CHIRAC (large sourire)

Bonjour Edmond

EDMOND (surpris et embarrassé, rectifie sa position et se lève)

Mr le Président ?... Désolé je ne vous avais pas vu

JACQUES CHIRAC (en posant amicalement sa main sur l’épaule d’ Edmond)

Reste donc assis, pas de chichi entre nous mon ami, on se connaît depuis assez longtemps (il réfléchit) depuis combien de temps au fait ?

EDMOND

Depuis votre entrée au Conseil Constitutionnel Monsieur le Président.

JACQUES CHIRAC (fronce les sourcils en fixant l’huissier)

2006 ?

 

EDMOND

16 mai 2007 Monsieur le Président.

JACQUES CHIRAC

2006, 2007 on n’est pas à une année près (dépité) surtout qu’ici le temps semble s’être arrêté.

Edmond continue sa mise en place sous le regard attentif de Jacques CHIRAC qui a pris place dans un des fauteuils crème disposé autour de la table des délibérations.

JACQUES CHIRAC

Comment va le fiston… toujours étudiant en droit…à Assas si ma mémoire est bonne ?

EDMOND (très appliqué sur sa mise en place)

C’est bien ça Monsieur le Président…. (se reprend) enfin il n’est plus…

Coupé par Jacques CHIRAC

JACQUES CHIRAC (tapant fièrement du poing sur la table)

Tu vois Edmond... tout le monde dit que je deviens zinzin...(fier) j'ai encore toute ma tête !

 

 

EDMOND (termine sa mise en place se dirige vers CHIRAC)

(Embarrassé) sauf votre respect Monsieur le Président, il me semble vous avoir confié que mon fils n’est plus étudiant, il a prêté serment l’année dernière et exerce comme avocat dans un prestigieux cabinet parisien…

JACQUES CHIRAC (contrarié puis pensif dévisage Edmond)

Mince…

EDMOND (abasourdi)

….

JACQUES CHIRAC (en souriant)

Ça n’a rien à voir avec le fiston à qui tu transmettras mes félicitations…(pensif) ils ont peut-être raison...je deviens zinzin

 

 

EDMOND (empathique)

Pas du tout Monsieur Le Président et je vous suis très reconnaissant de prendre des nouvelles de ma famille.

 

JACQUES CHIRAC

Je suis comme ça, je m’intéresse aux gens, pas tous je te rassure, les belles personnes, comme toi…

 

EDMOND (touché)

Je vous remercie Monsieur le Président… mais à votre décharge, c’est difficile de se souvenir de tout après une si longue absence au Conseil Constitutionnel

JACQUES CHIRAC

Tu as raison Edmond, ce n’est pas très sérieux ce manque d’assiduité alors que je me dois de donner l’exemple.

EDMOND (gêné)

Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire…je ne me permettrai jamais de vous juger, vous devez avoir vos raisons.

JACQUES CHIRAC (énigmatique)

Une seule mon cher Edmond… Veux-tu que je te la donne ?

 

 

EDMOND (embarrassé)

Sauf votre respect Monsieur le Président, je ne le souhaite pas…Un huissier ne doit pas recueillir de confidences personnelles car il est soumis à un devoir de réserve, de loyauté et de neutralité.

JACQUES CHIRAC

Je comprends…(puis clin d’œil coquin) à ta retraite, quand tu seras libéré de ta déontologie, on ira boire une bière et je te raconterai, ça vaut le coup.

EDMOND (sourire timide)

Avec plaisir Monsieur le Président.

Edmond qui a terminé sa mise en place s’éloigne de Jacques CHIRAC en poussant le charriot à roulettes qu’il va ranger côté cour. Le président, cabotin, en profite pour intervertir de place, un cavalier nominatif du bout de table avec un cavalier placé sur le côté. Il revient s’asseoir à son siège comme si de rien n’était. Il est si lent que l’huissier a eu largement le temps de le surprendre. Il rejoint le Président, tout en jetant un œil sur les cavaliers nominatifs interchangés puis se plante, contrarié, devant Jacques CHIRAC en le fixant en alternance avec le plan de la table des délibérés

JACQUES CHIRAC

Je vais tout t’expliquer…

EDMOND (calme)

Vous ne pouvez pas changer de place, c’est protocolaire, les anciens présidents de la république siègent toujours côte à côte sur la droite de Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel.

 

JACQUES CHIRAC (excédé)

Je me fous du protocole pas question d’être assis à côté de DUCON

EDMOND

?

JACQUES CHIRAC

Tu vois bien de qui je veux parler…

EDMOND (embarrassé)

Je le crains…

Jacques CHIRAC se lève brusquement de son fauteuil, tout d’un coup pris d’un fou rire

 

JACQUES CHIRAC (hilare)

Tu sais, Giscard l’a bien cherché ce surnom…Il savait que je n’avais pas de passion particulière pour les animaux domestiques. (saisissant le bras de Edmond pour mieux attirer son attention) et tu sais ce qu’il a fait ?!

EDMOND (incrédule)

Non Monsieur le Président

JACQUES CHIRAC

Quand j’ai pris la mairie de Paris, il m’a offert un labrador noir

 

EDMOND

C’est une très belle race canine, protectrice et très affectueuse avec les enfants

JACQUES CHIRAC (dépité)

Et voilà…Tu as exactement réagi comme Bernadette et les filles qui ont littéralement fondu pour la bête…Impossible ensuite de se débarrasser de ce cadeau empoisonné.

EDMOND écoute respectueusement Jacques CHIRAC tout en jetant à plusieurs reprises, un œil fébrile sur le plan de table chamboulé. Il amorce quelques pas discrets vers « la scène de crime » tente d’y attraper un des cavaliers mais le Président, vigilant fait quelques pas et s’interpose stratégiquement tout en continuant son histoire. EDMOND, désappointé, abdique.

JACQUES CHIRAC

Mais tout cela ne te dit pas pourquoi je l’ai appelé DUCON.

EDMOND (désabusé)

Non

JACQUES CHIRAC

Ce clebs n’arrêtait pas de me suivre, de me sauter dessus dans le canapé, de s’exciter sur mon mollet…L’impression d’avoir continuellement Giscard sur le dos, comme à Matignon en 74.

Jacques CHIRAC se rassoit sur le canapé.

JACQUES CHIRAC (réjouit)

Comme Bernadette ne voulait pas que je l'appelle GISCARD, je l'ai baptisé DUCON…c’est pareil (éclate de rire) et le pire, lorsque je le sifflais, il accourait à mes pieds, remuait la queue et me léchait les pompes…Quel plaisir.

Sourire pincé de Edmond qui laisse Jacques CHIRAC terminer sa crise de rire.

EDMOND (tendu)

Je me permets d’insister Monsieur le Président…Je dois vous replacer en bout de table sinon le chef du protocole va me taper sur les doigts.

Scène 2

 

Jean-Louis DEBRE arrive discrètement côté jardin. Jacques CHIRAC assis de dos dans le fauteuil, ne le voit pas, l’huissier de face se raidit en l’apercevant. Jean-Louis DEBRE lui fait signe de ne pas l’annoncer.

JACQUES CHIRAC

Pas de panique Edmond, tu le sais, je connais très bien le patron de la maison, je vais arranger tout ça.

JEAN-LOUIS DEBRE (OFF)

Mais que me veut Monsieur CHIRAC  ?

Jacques CHIRAC, grand sourire, se lève de son fauteuil pour accueillir Jean-Louis DEBRE

JACQUES CHIRAC (ne se démonte pas)

Tu tombes bien Jean-Louis, tu vas tout arranger…

JEAN-LOUIS DEBRE

Arranger quoi ?

JACQUES CHIRAC (remonté)

Il est hors de question que tu me mettes à côté de DUCON.

Jean-Louis DEBRE rassure d’un sourire un Edmond désolé.

JEAN-LOUIS DEBRE

Vous pouvez disposer Monsieur l’huissier.

Jacques CHIRAC fait un clin d’œil complice à Edmond qui quitte la scène par le jardin.

JEAN-LOUIS DEBRE (à CHIRAC)

Avez-vous pris votre petit déjeuner ?

JACQUES CHIRAC

Non

JEAN-LOUIS DEBRE

Souhaitez-vous que je vous le fasse porter ?

JACQUES CHIRAC (contrarié)

Non ça ira Jean-Louis…Nous devons régler ce problème de place.

JEAN-LOUIS DEBRE (très calme)

D’accord…Prenons alors un verre ?

JACQUES CHIRAC

Bien volontiers.

Jean-Louis DEBRE invite Jacques CHIRAC à s’installer au salon/vestibule.

 

JEAN-LOUIS DEBRE

Qu’est-ce que vous prenez, un jus de fruit, une eau pétillante, plate ?

 

JACQUES CHIRAC

Une bière.

JEAN-LOUIS DEBRE (médusé)

Si tôt ?

JACQUES CHIRAC

Pourquoi pas, bien fraîche, ça va passer comme une lettre à la poste.

Jean-Louis DEBRE récupère dans le minibar du vestibule la bière, un jus de fruit et deux verres et pose le tout sur la table de salon puis prend place dans le fauteuil qui se situe trois quart face à droite de celui de Jacques CHIRAC. Ce dernier se saisit de sa bière qu’il entame au goulot tandis que Jean-Louis DEBRE verse son jus d’orange dans un verre.

 

JEAN-LOUIS DEBRE

Comment allez-vous Monsieur le Président ?

JACQUES CHIRAC (contrarié)

C’est exaspérant.

JEAN-LOUIS DEBRE

Cette histoire de plan de table ?

JACQUES CHIRAC (énervé)

Mais non, qu’après 52 ans d’amitié tu continues à me vouvoyer et à m’appeler Monsieur.

JEAN LOUIS DEBRE

J’ai mes raisons

JACQUES CHIRAC (triste)

Peut-être parce que tu relativises notre amitié

JEAN LOUIS DEBRE

Au contraire…Je vous vouvoie et vous appelle Monsieur parce que beaucoup de gens qui vous ont trahi vous appelle Jacques et vous tutoie.

Jacques CHIRAC visiblement touché pose affectueusement sa main sur l’épaule de son interlocuteur.

JACQUES CHIRAC (ému)

Je suis très touché par ce que tu me dis Jean Louis. (l’œil pétillant) mais permets-moi d’appréhender le jour où tu auras décidé de me tutoyer et de m’appeler Jacques (il éclate de rire). .

Jean-Louis DEBRE secoue la tête en lui adressant un sourire affectueux

JEAN LOUIS DEBRE

Je suis vraiment ravi de vous revoir au Conseil, vous vous y êtes tellement fait rare. Pourquoi êtes-vous venu si tôt ?…

JACQUES CHIRAC

Ce jour est très important pour moi alors j’ai pris les devants…Je ne voulais pas être bloqué par la grande manifestation d'aujourd'hui…

JEAN LOUIS DEBRE

3 heures avant le début de la séance…Sacrée marge.

JACQUES CHIRAC

Tu ne prends pas assez la mesure de ce qu’il se passe. Mon garde du corps m’a affirmé que l’on était au bord d’une guerre civile…Il le tient d’un de ses collègues des renseignements généraux.

JEAN LOUIS DEBRE (limite ironique)

Si les RG l’affirment

JACQUES CHIRAC (remonté)

En fait c’est le bordel de la France à Sarko. Les avocats n’ont jamais fait de bons hommes politiques…Regarde DUMAS, KIEJMAN

JEAN LOUIS DEBRE (malicieux)

MITTERAND…

Jacques CHIRAC se redresse alors de son siège.

JACQUES CHIRAC

Une exception à la règle.

Jacques CHIRAC se lève brusquement de son siège et part à la recherche de quelque chose côté cour, jardin et au lointain. Enervé, il soulève des coussins, ouvre une commode, déplace un paravent…

JACQUES CHIRAC (off)

Où a-t-il bien pu le mettre ?!

JEAN LOUIS DEBRE

Que cherchez-vous ?

JACQUES CHIRAC

Mon porte-document…Il a dû l’oublier chez moi

 

JEAN LOUIS DEBRE

Mais de qui parlez-vous ?

JACQUES CHIRAC

De mon garde du corps…Il perd de plus en plus la boule

JEAN LOUIS DEBRE

Vous me surprenez, je le connais très bien, il assurait ma protection au Ministère de l’Intérieur. Il n’y avait pas plus rigoureux et organisé. C’est pour cela que je vous l’ai proposé.

JACQUES CHIRAC (énervé)

Il a pris de l’âge depuis le Ministère de l’Intérieur et son cerveau aussi…Faudra qu’il songe à prendre sa retraite avant qu’il ne m’oublie sur une aire d’autoroute

Jean Louis DEBRE se lève à son tour afin d’aider aux recherches, en vain.

JACQUES CHIRAC

Laisse tomber Jean-Louis. Envoie plutôt quelqu’un chez moi.

Alors que Jacques CHIRAC, éreinté, se rassoit sur son fauteuil, Jean-Louis DEBRE se dirige côté cour. Son attention est attirée par une porte entrouverte. Il l’ouvre et disparaît de la scène. On entend le bruit d’une chasse d’eau. Jean Louis DEBRE revient aussitôt sur scène avec le porte-document et un paquet de gitane. Il se dirige côté jardin où Jacques CHIRAC s’est assoupi dans son fauteuil.

JEAN LOUIS DEBRE (doucement)

Monsieur le Président… (insiste plus fort) Monsieur…

Jacques CHIRAC ouvre un œil, puis deux et se redresse de son siège en apercevant son ami avec le porte-document mais Jean-Louis DEBRE prend bien soin de dissimuler le paquet de gitane.

JACQUES CHIRAC (surpris saisit le porte document)

Déjà ? Edmond a dû battre le record du 5000 mètres pour le ramener aussi vite de la maison.

JEAN LOUIS DEBRE

Il n’était pas chez vous mais à l’intérieur des toilettes du vestibule avec ça (tend son paquet de gitane)...

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Posté le 9 juillet 2026 par Metlaine

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