Guillian

Après cinquante ans de silence, Guillian, écrivain de soixante-treize ans, est invité par d’anciens camarades d’université. Lors de ces retrouvailles, il découvre avec stupeur que trois d’entre eux n’ont presque pas vieilli.

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Huis clos en un acte 

  • Lumière douce. Thierry est seul. Il ajuste les coupes, vérifie la bouteille. Il s’arrête, regarde le public. On sonne. Il respire avant d’aller ouvrir.

THIERRY : Entrez. (Ils entrent, comme dans une église) Faites comme chez vous.

GUILLIAN : (Regarde autour de lui) Voilà donc ton intérieur … il est tel que je te l’imaginais. Soigné. Un peu trop, rien ne dépasse.

STÉPHANE : (Gêné) Bonsoir.

THIERRY : Vous n’avez pas changé.

GUILLIAN : Si, nous avons changé. C’est toi qui es resté coincé.

  • Bruno et Magali apparaissent.

MAGALI : Stéphane … Guillian. Tu n’as pas perdu ton esprit critique en tous cas.

GUILLIAN : (Ne laisse rien paraître) Bonsoir Magali. Tu as bonne mine.

MAGALI : Merci.

  • Silence. Les regards scrutent avec une intensité dissimulée.

BRUNO : Champagne ? Ça s’impose pour de telles retrouvailles.

GUILLIAN : Volontiers. (Bruno sert. Les jeunes portent leur coupe sans boire) Vous n’y touchez pas ? Vous trinquez à quoi quand vous ne buvez pas ?

BRUNO : À plus tard.

  • Un malaise glisse dans la pièce.

GUILLIAN : Bien sûr. (Il boit sans les quitter des yeux) Cinquante ans. Pas une carte, pas un appel et soudain une invitation. Il faut bien une raison.

THIERRY : Juste le bon moment.

GUILLIAN : Le bon moment pour quoi ?

BRUNO : Pour te parler franchement.

THIERRY : Nous avions peur que tu refuses.

GUILLIAN : La peur est arrivée avant moi, alors.

STÉPHANE : (Nerveux) On pourrait peut-être aller droit au but.

MAGALI : Tu as raison. C’est ce qu’a toujours préféré Guillian. (Elle s’assoit. Les autres l’imitent)

THIERRY : Tu te souviens de Farcy ?

GUILLIAN : (Amusé) Ce bon vieux Farcy. La biologie coulait dans ses veines ! Il parlait des cellules comme autant d’enfants turbulents, comment l’oublier.

THIERRY : Farcy n’était pas fou. Ses recherches n’étaient pas invraisemblables.

MAGALI : Le...

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Posté le 17 juillet 2026 par Franck PITEL

Franck PITEL
Franck PITEL

Je n'ai pas rencontré les partenaires, amateurs, pour une vraie aventure théâtrale. Alors pour ne pas m'ennuyer dans une vie sans théâtre, j'ai écrit mes textes, comme thérapie.

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