Crime chez les frères Grimm

Les frères Grimm ont été assassinés ! Pauline, leur servante, vient solliciter Paul X, détective privé, pour qu’il retrouve le ou les meurtriers. Plusieurs personnages connus des contes de Grimm sont convoqués pour être interrogés. Mais mentent-ils ou disent-ils la vérité ? Qui sont le ou les coupables ? Paul X saura-t-il le découvrir ? Crime chez les frères Grimm est une pièce farfelue et décalée sur les contes pour enfants.

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SCÈNE I

 

(Paul X a un livre de contes entre les mains. Il s’adresse à la fois au public et à lui-même)

Paul X : Je n’en reviens pas. Qui a dit que les contes de Grimm s’adressaient aux enfants ? Ecoutez plutôt. (Il lit) « Le jour où l'on devait célébrer le mariage de Cendrillon avec le fils du roi, ses deux perfides sœurs s'y rendirent avec l'intention de s’insinuer dans les bonnes grâces de Cendrillon et d'avoir part à son bonheur. Tandis que les fiancés se rendaient à l’église, l’aînée marchait à leur droite et la cadette à leur gauche : alors… des pigeons descendirent du ciel et crevèrent un œil à chacune d’elles.» Mais c’est affreux ! (Reprenant sa lecture) «Puis, quand ils s'en revinrent de l'église, l’aînée marchait à leur gauche et la cadette à leur droite : alors les pigeons revinrent et crevèrent l'autre œil à chacune d'entre elles. Et c’est ainsi qu’en punition de leur méchanceté et de leur perfidie, elles furent aveugles pour le restant de leurs jours. » Mais c’est abominable ! Belle moralité ! J’ai déjà remarqué que les contes de Grimm étaient vraiment cruels, mais à ce point. (Au public) Oh, excusez-moi, je ne me suis pas présenté. Paul X détective privé, discrétion sur toutes les affaires traitées et toujours à la recherche de la vérité. Mais en ce moment je n’ai pas d’enquêtes en cours, alors je range mes livres et je bouquine à l’occasion. Ah, si j’avais vécu au temps des frères Grimm, j’aurais eu du boulot pour rechercher les assassins, car à cette époque les personnages des contes s’entretuaient allègrement et avec une cruauté raffinée. (Il baille) Bon, en attendant les clients éventuels je vais me faire une petite sieste. Finalement les contes - même cruels - ça finit par endormir. (Il baille de nouveau et commence à s’endormir, puis on entend des ronflements. La lumière baisse, puis une lumière de rêve. Musique et entrée de Pauline la servante des Grimm.)

 

SCÈNE II

 

Pauline : Monsieur Paul X ? Monsieur Paul X ? (Elle secoue Paul X endormi)

Paul X : (se réveillant) Euh, oui. Qui êtes-vous ? Que voulez vous ?

Pauline : Vous êtes détective privé ? J’ai vu votre plaque à l’entrée.

Paul X : En effet. C’est à quel sujet ?

Pauline : Il faut que vous veniez vite avec moi. Mes maîtres, les frères Grimm, ont été assassinés. Il faut absolument que vous retrouviez leurs assassins.

Paul X : Quoi ? Les frères Grimm assassinés. Qu’est ce que c’est que cette histoire. Vous avez prévenu la police ?

Pauline : (gênée) La police… la police. Eh bien, il faut dire que mes maîtres étaient un peu… bizarres et qu’ils n’avaient guère de rapport avec la police. (insistant) Venez avec moi, je vous en prie.

Paul X : Mais qui êtes vous ?

Pauline : Je suis la servante des frères Grimm. Vite, venez.

Paul X : Bon, bon, très bien je vous suis. Quelle histoire ! Je n’y comprends rien, les frères Grimm assassinés… mais qui a pu faire ça ?

(Paul X et Pauline reviennent à un bureau pour les interrogatoires)

Paul X : (au public)  Je suis passé à la morgue et je dois vous dire que les corps des frères Grimm n’étaient pas beaux à voir. Ils avaient été égorgés, leurs yeux percés, une partie de leur corps avait été mutilée, l’autre brûlée. Ce n’était vraiment pas un spectacle pour les enfants.

Pauline : A mon avis ou c’est un tueur fou ou ils ont commis ce meurtre à plusieurs.

Paul X : C’est ce que je pense. Mais par où commencer ?

Pauline : J’ai préparé une liste de personnes que j’estime suspectes et que l’on pourrait … (Se reprenant) Pardon,  que vous pourriez interroger. (Elle lui rend une liste)

Paul X : Ah, parfait. C’est une bonne idée. Vous faîtes preuve d’initiative.

Et comment vous appelez vous ?

Pauline : Pauline.

Paul X : Ce ne pouvait pas tomber mieux. Mademoiselle Pauline, adjointe de Paul X, on dirait que c’était fait exprès.

Pauline : Peut-être bien. Mais vous savez quand on rêve…

Paul X : (Il regarde la liste) Alors, quel est notre premier suspect ?

Pauline : La marâtre de Blanche Neige. La reine qui se prétend la plus belle des plus belles. La voici.

SCÈNE III

 

La reine de Blanche Neige, Beau Miroir, Paul X et Pauline

(Entrée de la reine de Blanche Neige accompagnée de Beau Miroir, son avocat)

La reine : C’est vous qui m’avez fait mander ?

Paul X : Oui, Madame.

La reine : (interrompant Paul X) Votre Majesté, je vous prie. Le petit peuple s’adresse à moi en me disant « Votre Majesté » Souvenez vous en. Je suis une reine, ne l’oubliez pas, et même… la plus belle des reines à ce qu’on dit. (s’adressant à Beau Miroir) N’est ce pas Beau Miroir ?

Beau Miroir : Bien sûr, votre Majesté, bien sûr.

La reine  (à Paul X) Je vous présente Maître Beau Miroir, mon avocat.

Beau Miroir : Bonjour, mesdames et messieurs les jurés.

La reine : Comme vous le savez je suis la belle-mère de la princesse Blanche Neige qui a disparu si… tragiquement. (Elle fait semblant de sangloter)

Paul X : Excusez-moi, votre Majesté, mais la princesse Blanche Neige n’a pas disparu tragiquement. (Un temps) Elle est toujours vivante.

Et on dit même qu’elle est plus belle que…

La reine : (s’énervant) Quoi ? Allons, voyons, soyez sérieux. Je sais bien qu’elle est morte, puisque c’est moi qui lui ai fait manger une de ces pommes empois… (se reprenant) De toute façon j’ai mon avocat. Je suis innocente. (demandant à Paul X sur un ton adouci) Alors, vous dîtes qu’elle est toujours vivante… (à Beau Miroir) Qu’est ce que c’est que cette histoire abracadabrante ?

Pauline : C’est pourtant la vérité, (ironique) votre Majesté. Elle doit même venir ici tout à l’heure, elle a été convoquée.

La reine : (s’exclamant) Ah, les menteurs ! Ah, les fourbes ! Ah, les escrocs !

Pauline : De qui voulez vous parler ?

La reine : Des frères Grimm évidemment ! Ce sont eux qui m’ont dit qu’elle était bien morte empoisonnée et que j’étais redevenue la reine la plus belle parmi les plus belles. (à Beau Miroir) Mais pourquoi n’as-tu pas réagi, toi ? Eh bien…parle !

Beau Miroir : Compte tenu de l’article 345 bis alinéa 2 du code de la royauté, je déclare que la reine ici présente n’est en aucun cas responsable de ses actes. En effet elle a été poussée à offrir une belle pomme rouge empoison…(se reprenant) une belle pomme… gâtée par les sieurs Grimm conteurs d’histoires de leur état. Je déclare qu’ils sont donc condamnés à la peine capitale par mensonge et pousse au crime. Qu’on leur coupe la tête !

Paul X : Pas la peine de vous égosiller, Maître, ils sont déjà morts.

Beau Miroir : Alors, justice est faite.

Paul X : (à Beau Miroir) Certes, certes. Mais je pense, mon cher maître, que sa Majesté a...

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Posté le 17 juillet 2026 par Duru

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