(Pas) Comme les autres
Lui, c’est un jeune garçon un peu perdu …
Il a grandi dans une famille peu attentionnée …
Il attend … seul …seul face à ce monde qui ne le comprend …
Et qu’il ne comprend pas non plus d’ailleurs …
Elle, c’est la fille qu’il aime … qui le fait vibrer
Elle, elle va l’aider à vivre dans ce monde … son monde
Ensemble ils vont avancer et vivre … dans la douleur s’il le faut
… Mais qui sont-ils ? …
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Prologue
(Voix-off. Noir)
Qu’est-ce que vous sentez quand vos rêves s’effondrent ? … Que votre vie semble tenir à un fil ?
(Lumière, un garçon au centre)
Moi, je vais vous le dire …
(Noir. Musique : « Run », LAAKE)
(Lumière, on voit le garçon allongé sur un lit d’hôpital).
(Noir. Voix-off)
Je vais vous raconter mon histoire …
Scène 1
(Le garçon est à la cantine)
Je suis à la cantine … seul … comme d’habitude …
Je suis seul et je ne peux rien faire …
Je suis seul et opprimé : nous sommes la génération sans liberté … nous sommes la génération qui lutte contre son propre système … son pouvoir … contre cette fausse démocratie … cette façade … cette inégalité et cette fausseté … Nous sommes la génération de la peur, du développement : c’est à nous de tout régler …
Je suis seul et je ne vois pas le monde qui m’entoure. Je ne vois pas la joie, l’amour, les tensions ou tous les rires …
Je suis comme paralysé … Paralysé entre l’amour et l’admiration.
J’écris depuis que je suis tout petit … je vis la musique depuis ma naissance … plus que dans ma vie d’ailleurs !
Je cherche les mots, je tourne ma langue 7 fois dans ma bouche … puis, 10 fois … 100 fois … 1000 fois
…
Je suis paralysé …
Scène 2
Je reçois un message …
(Le garçon se lève, semble hésiter … semble agité. Il attend … les yeux vides … et sort en courant.)
Scène 3
(Le garçon est au centre du plateau. Il est en pleurs, déboussolé …)
Je parle peu … ça a toujours inquiété. Je me contente de regarder … de sourire …
(Le garçon sourit quelques secondes …)
Ce sourire … n’est jamais accroché à mon visage … Il est un sentiment faux et indéfinissable … une sorte d’illusion pour faire plaisir aux autres … pour me protéger et exister …
Je ne suis pas sociopathe … preuve en est, je pleure … pour de vrai.
(Le garçon ferme les yeux, une musique l’accompagne … Le garçon danse, il s’exprime mieux en danse qu’avec les mots. La musique s’arrête … le garçon aussi)
Scène 4
(Le garçon ouvre les yeux … et reprend la parole)
Je me suis toujours épanoui dans la danse, dans les arts …
Ma grand-mère est morte !
(Orage. Lumière rouge puis noir)
Scène 5
(Fond de salle, le garçon avance en parlant. Musique : « Vienna » de Billy Joel. Construction d’un décor au rythme des pas.)
Je me souviens de cette chanson … Ma grand-mère me la chantait beaucoup quand j’étais petit … et encore maintenant … Enfin, jusqu’il y a peu.
(Le garçon arrive sur le bord du plateau, il ferme les yeux et chante. Une femme assez âgée arrive, ça semble être sa grand-mère … elle pose sa main sur l’épaule du garçon. Ils sourient … Une fois la musique finie, elle repart. Il ouvre les yeux, seul, entouré de vide)
Scène 6
Je me souviendrais toujours de sa douceur, de sa voix, de cette chanson, de cette main sur mon épaule …
Elle était là … là … et encore là… Elle était partout à la fois …
Je m’en veux ! … Je n’aurais pas pu la sauver mais …
Je l’aime ! … Je l’aime comme ma mère, comme une femme ! … Comme toi ! Oui ! Toi ! … Toi, que je n’oublie pas … Toi, que je regarde dans la cantine du lycée et dehors ! Toi et toutes les femmes … et tous les Hommes … !
On mérite bien ça … Non ? … Être aimé !
(Le garçon ferme les yeux et récite)
« La Perte
Je ne suis parfois qu’une ombre,
Que l’on ne voit dans l’obscurité,
Je ne suis que triste, et vous le comprenez,
Maintenant, la vie sera bien plus sombre.
En effet, mais sans toi, mon étoile,
Comment pourrons-nous garder la tête haute ?
Combien de temps s’étendront nos larmes sur la toile ?
Ce temps maussade relève de nos fautes.
Je ne pourrais plus penser à toi sans pleurer.
Sache-le, mais tu vas beaucoup nous manquer.
C’est avec tristesse que je conte toutes nos erreurs.
Tu étais quelqu’un de fantastique,
Qui jamais plus ne verra nos mimiques.
Tu étais drôle, tu étais tout.
Et nous savons que tu penses à nous.
Mais à nous maintenant de t’honorer,
À nous de te dire à quel point on t’aimait.
Tu étais une personne exceptionnelle.
Et tu le seras jusqu’à ce que brûlent nos ailes. »
Voilà … voilà ce que je dirais à son enterrement …
(Il regarde le ciel. Noir.)
Scène 7
(Le garçon et une fille au lycée)
Garçon – Ecoute … ma grand-mère est morte !
Elle – Je … je suis désolé ! …
Garçon – Je t’aime !
Elle – …
Garçon – J’ai promis à ma grand-mère d’être toujours honnête … de rester moi … Je … Je t’aime ! … Ton sourire, ta beauté, ton rire et ta chevelure dorée … Ton âme, ton cœur ; tu es ma flamme, mon âme-sœur...
(Noir.)
Scène 8
(Le garçon est allongé dans son lit, il se réveille subitement en criant … puis reprend son souffle).
Pourquoi ? Pourquoi faut-il que je fasse ce rêve … ce rêve précis ?
En fonction de chaque élément de ma vie, un rêve d’elle se glisse ! Pourquoi ?
Je l’aime et … j’en suis conscient !
Merde !
(Noir)
Scène 9
(Voix-off mais la scène se joue sur le plateau)
Je me suis réveillé et … impossible de me rendormir … alors j’écris … comme toujours …
(Musique faible et douce, comme une musique d’ambiance : Sofiane Pamart, « When orange is the sky » de Fabrizio Paterlini …)
J’écris tout ce qui me passe par la tête … du chien rose à …
Un chien rose ? … Oui ! … Le chien rose ! … Vous en voulez un extrait ? … Je vais tout vous lire !
(Le garçon prend une feuille sur son bureau et récite …)
« Je vais goûter
Un chien rose
Au sommet des bois,
Dans un immense château,
Au bord de la mer,
Quand chantera la vie.
Je voudrais entendre
Un souffle qui me frôle,
Mon dernier soupir,
Tout l’avenir,
Tout ce que je voudrais dire,
Dans un monde …
Je voudrais toucher la mort,
Je voudrais la frôler,
Cette vie qui m’a emmené
Jusqu’ici, et à jamais,
Sans cesser de rêver …
Sans croire … »
… Qu’est-ce que je disais déjà ? Ah, oui ! La poésie … Donc, j’écris du cheval rose à l’amour.
(Il va chercher une autre feuille et récite à nouveau …)
« Je me doute que tu ne m’aimeras jamais
L’essentiel pour moi, c’est que tu sois heureuse
Pour ça, j’essaie d’être un bon ami, ton confident
Je veux juste faire partie de ta vie
Qu’importe mon rôle, qu’importe le temps
Même si je t’aime énormément
Je sais que pour toi, je dois rester l’ami
Mais saches encore que si tu as besoin de parler
Si tu as quelque chose sur le cœur
Si tu te sens mal
Je suis là »
Scène 10
(Voix-off)
Comme toujours, je la vois … Je suis paralysé et …
(La fille s’approche)
« Mayday », « Mayday », elle approche … Sois cool … cool ! … Non, pas comme ça, t’as l’air d’avoir envie de chier … Et arrête de la regarder, c’est louche … Mais regarde là un petit peu quand même …
(Elle arrive, face à lui)
Elle – Coucou, ça va ?
Garçon – … Oui … et toi ?
Elle – Oui ! …
Garçon – … (rire gênée)
Elle – Tu m’aimes non ?
Garçon – Non ! … Enfin, oui ! … Je sais pas … (à part) Pourquoi tu dis ça ?
Elle – Mais encore … ?
Garçon – Oui !
Elle – ça me rassure … parce que sinon …
Garçon – Sinon … ?
Elle – Tu aurais eu l’air d’un psychopathe ... !
(Rire gênée)
Enfin, je veux dire que tu me regardes beaucoup quand même …
Garçon – ça se voyait tant que ça …
Elle – Ecoute, je suis désolé mais c’est pas réciproque …
Garçon – Je comprends …
Elle – Mais on peut faire connaissance … voire être amis …
Garçon – Oui ! Pourquoi pas !
Scène 11
(Le garçon est dans sa chambre. Il met la musique et danse)
Scène 12
(Le garçon continue de danser et pleure. Voix-off)
Je ne dévoile que peu mes sentiments … Et voilà que j’y suis encore plus confronté : ma grand-mère meurt, mon cœur meurt.
Quand je dis « Je t’aime ! », rien ne se passe … Quand je dis … Rien quoi ! …
Je subis le mal de la perte.
Pourquoi ?
(Noir. Cri. Lumière. Le garçon se réveille brutalement)
Pour une fois, je suis rassuré que ce soit un rêve …
Scène 13
(Le garçon, dans une salle de cour, seul à sa table.)
Je suis en philo … La prof parle de Kant … encore ! C’est jamais passionnant …
Il est 45 ! … Il me restera encore une heure après …
Je suis seul à ma table comme toujours … Mais … je me rends compte que je ne l’ai pas vu … pas vu aujourd’hui … pas vu dans cette salle remplie de vie …
D’habitude, elle est 2 tables derrière avec ses amies … mais pas aujourd’hui …
Je regarde autour de moi … je m’interroge … j’angoisse … je sens comme un vide en moi … et d’un coup … la prof m’adresse la parole :
Prof – Benjamin ! Retourne-toi !
Garçon – …
Prof – Benjamin !
Je sens comme un vide qui m’atteint, m’empêche de faire quoi que ce soit … Je suis paralysé … mais … je vois la prof qui s’approche … et tous les regards sur moi …
(L’image se ralentit : autour du garçon, tout se fait … très lentement)
Je remarque tous ces regards … j’entends tous ces rires … les gens inquiets … la musique du cancre qui utilise son téléphone en cours, qui comme toujours n’écoute pas …Je crois reconnaître « Creep » de Radiohead … J’ai envie de chanter, de danser mais … Je me rends compte que c’est l’une des premières fois que tant de gens me regardent …
Ces regards, je les ai croisés … mais ils ne se sont jamais attardés sur moi …
L’image se fige … rien ne bouge autour de moi … Je me pince pour distinguer le réel … Je regarde l’horloge : le tic-tac a disparu, la vie s’est arrêtée … Je me lève, j’observe, j’écoute les bruits environnants : rien ! …
Non, attendez ! … J’entends le bruit de la musique du cancre … « I’m gonna be » de The Proclaimers … C’est comme si cette musique, je l’avais pensée … comme si je l’avais composée … je l’avais écrite …
(Le garçon chante)
« When I wake up, well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who wakes up next to you
When I go out, yeah I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who goes along with you
If I get drunk, well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who gets drunk next to you
And if I haver, hey I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who's havering to you
But I would walk 500 miles
And I would walk 500 more
Just to be the man who walks a thousand miles
To fall down at your door
(La musique devient plus forte, le garçon arrête de chanter et tout le monde danse sur le plateau)
When I'm working, yes I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who's working hard for you
And when the money comes in for the work I do
I'll pass almost every penny on to you
When I come home, oh I know I'm gonna be
(When I come home)
I'm gonna be the man who comes back home to you
And if I grow old, well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who's growing old with you
But I would walk 500 miles
And I would walk 500 more
Just to be the man who walks a thousand miles
To fall down at your door
Da d-da da, da d-da da, da d-da da, da d-da da
Da-da-da dun-diddle un-diddle un-diddle a da da
Da d-da da, da d-da da, da d-da da, da d-da da
Da-da-da dun-diddle un-diddle un-diddle a da da
When I'm lonely, well I know I'm gonna be
I'm gonna be the man who's...