Au sommet des autres
Après avoir été agressée dans une église par un homme qui disparaît en emportant son nom et son intimité, une adolescente Elle – est placée dans un foyer pour jeunes filles. Elle y arrive encore blessée, encore silencieuse, encore incapable de comprendre ce qui lui est arrivé. Elle n’a pour seule trace de l’événement qu’un morceau de tissu arraché, qu’elle cache comme une preuve qu’elle ne sait pas montrer. Au foyer, elle rencontre Mania, une jeune fille de son âge, étrange, instable, tendre par moments, cruelle par nécessité. Mania vit dans un système d’emprise qu’elle ne nomme pas ; elle répète sans comprendre les phrases d’adultes qui l’ont façonnée au silence. Une relation intense se tisse entre elles : sororité, imitation, domination, mirage de protection. Toutes deux cherchent un refuge dans l’autre, mais le refuge brûle.
L’homme de l’église réapparaît dans le foyer. Il entre dans les chambres, la nuit, par habitude, par droit, par impunité. le personnel détourne le regard, la directrice se replie, les murs se taisent. Mania est sous son influence, prise au piège d’un lien familial destructeur qu’elle ne peit ni nommer ni fuir. Elle survit en se dissolvant.
Elle, elle tente de parler – à Mania, à une assistante sociale, au monde extérieur. Mais chaque mot appelle la menace. Chaque tentative de dire renvoie l’homme dans l’ombre des couloirs. Et Mania, terrorisée, l’empêche d’ouvrir la bouche : “si tu parles, je disparais”. Dans ce huis clos institutionnel, la parole devient une arme, la peur un territoire, la nuit une menace permanente.
La pièce suit la lutte de Elle pour mettre un mot sur l’horreur, malgré les injonctions au silence, malgré Mania, malgré l’homme, malgré l’institution. Jusqu’à ce moment ou parler n’est plus seulement un acte de courage, mais un acte vital.
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