BATS-TOi

« Bats-toi » est un témoignage voulu aux femmes victimes de violences
Intrafamiliales. Sans larmoiement, sans lamentation. Une histoire compilant la somme d’avanies vécues.
Une fiction pour raconter la spirale d’une mécanique infernale, un engrenage trop longtemps laissé sous cloche.

« Bats-toi » est bien une histoire imaginaire dont les personnages sont
inventés, ce n’est nullement un essai documentaire.
Certains trouveront qu’il ne va pas assez au fond du sujet. Ce n’est pas son but.
D’autres estimeront qu’il est trop romancé, c’est son objectif.
Enfin, l’auteur masculin sera pointé du doigt. Soit. La lutte contre les violences faites aux femmes est l’affaire de tous, les hommes doivent prendre part à cette lutte.

« Bats-toi » déroule sans fard, mais avec pudeur ce que vivent nombre de femmes victimes de violences qui n’osent en parler.

« Bats-toi » ne veut pas pointer du doigt tel ou tel ou s’ériger en juge. Il cherche simplement à raconter, pour servir.

Lire le texte intégral

Voix Off dans le noir – Celle de la Comédienne.

 

 

       Un jour, une femme a demandé à l’un de ses copains :

« Pourquoi les mecs considéraient les femmes comme une menace ? »

Il a répondu qu’ils avaient peur que les femmes se paient leur tête.

 

       Quand elle a demandé à un groupe de femmes,

Pourquoi elles se sentaient menacées par les mecs

Les femmes ont répondu :

« Parce qu’on a peur que les mecs nous tuent »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lumière

Assise sur un banc, face au public, elle regarde droit devant elle. Elle fixe quelque chose que nous ne découvrirons qu’au dernier tableau.

(On entend le grincement d’un tourniquet de manège)

 

Off – La comédienne et un homme – Lisent à tour de rôle –

 

 

Bats-toi

 

Ça a commencé comme une petite erreur

Pour se faire pardonner, il t’a offert des fleurs

Il jure qu’il ne recommencera plus

La deuxième fois, ce fut juste plus dur

C’est devenu de plus en plus violent

Il te bat, il n’y a pas d’autres mots

 

Tu cherches ce qui a dérapé

Comprendre pourquoi il a changé

Tu le crois sincère dans ta crédulité

Dans un élan d’amour et d’humanité

 

En souvenir des années passées

De celles qui sont restées figées

Sur les murs des photos jaunies

Avec toute la famille réunie

 

Quel avenir te réserves-tu

À rester accrochée à cet individu

Tu penses ne pas pouvoir t’en sortir

Et si tu essayais simplement de partir

 

Maintenant, tous les soirs quand il rentre

Tu sais que va recommencer la danse

Immédiatement tu sens au creux de ton ventre

Une boule peser, te paralyser d’épouvante

 

Il te dit bonjour puis se sert un verre

La journée a été rude, alors d’autres vont suivre

Le réconfort dans l’alcool, c’est plus facile à vivre

Tu devrais l’aider, mais non tu ne fais aucun effort

Tu ne cherches pas à soulager la fatigue qui le harasse

Toi qui te goberges au fil de l’argent qu’il ramasse

 

Lui, qui travaille, alors que toi tu te pavanes

Les tâches ménagères, c’est pour les ânes

Forcément tu l’as énervé

Inévitablement, il t’a cogné

Tu devrais quand même admettre

S’il pouvait faire autrement

 

Il est malade et de nouveau replonge

Tu ne cherches pas à voir ce qui le ronge

De quelle pierre es-tu fabriquée ?

Pour à ce point être aveuglée

 

Quel avenir te réserves-tu ?

À rester accrochée à cet individu

Tu penses ne pas pouvoir t’en sortir

Et si tu essayais simplement de partir

 

Là, tu te regardes dans la glace

Que vois-tu ? Qui vois-tu à la place ?

Tu es tuméfiée, il te faudra inventer pour tes amies

Des événements alambiqués et des alibis

 

Combien de temps vas-tu encore endurer ?

Tu vis un enfer et tu crois qu’il n’y a pas de paradis

Mais bientôt c’est la mort qui va te rattraper

Tu l’auras aimé, pourtant de toi c’en sera fini

Il n’y a guère de fatalité

Ce qui t’arrive est devenu banalité

 

Quel avenir te réserves-tu ?

À rester accrochée à cet individu

Tu penses ne pas pouvoir t’en sortir

Et si tu essayais simplement de partir

 

Quel avenir te réserves-tu ?

À rester accrochée à cet individu

Tu penses ne pas pouvoir t’en sortir

Et si tu essayais simplement de partir

 

 

 

 

 

– NOIR –

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reprise lumière – Toujours assise sur un banc, face au public.

 

… Ne jugez pas. Ne soyez pas définitif dans vos propos. Si vous n’avez pas vécu ce genre de vie, si vous n’avez pas connu cela dans votre entourage, ne prétendez rien, ne faites pas la leçon. N’employez pas de raccourcis commodes. Rien n’est simple, rien n’est évident, rien n’est facile.

 

S’il vous plaît.

 

Nous sommes la plupart du temps seules, livrées à nous-mêmes.

 

Simplement, écoutez donc mon histoire.

 

 

 

 

 

 

– NOIR –

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reprise lumière – Une table – 2 chaises. La comédienne tourne autour et raconte l’histoire.

Habillée de façon neutre – Visage neutre

 

Je t’a(b)ime projeté au mur

 

Imaginez-moi, assise-là, à la table d’un restaurant. En face de moi, mon mari.

Nous sommes en grande conversation. Enfin, devrais-je dire, IL soliloque. J’écoute sagement – il vaut mieux.

 

Mais notre histoire n’a pas commencé à la table de ce restaurant ultrachic, pas du tout. Notre couple s’est aimé, vraiment. Nous avons d’abord vécu de belles choses, réellement… Avant que tout ne dégénère.

 

Marque une longue pause.

 

Je veux me remémorer pour comprendre, vous faire comprendre et ressentir également. Combien je l’ai aimé, comment je l’aime peut-être encore.

Rien n’est simple. J’aimerais pouvoir le croire. Je voudrais croire en mon libre arbitre et ne plus être sous l’emprise de mon manipulateur de mari.

Non, non ce n’est pas simple…

 

Vous allez entendre le dialogue de cette soirée au restaurant. Cette soirée marque le milieu de notre vie de couple. Un carrefour emprunté qui prête à croire que nous allons tout recommencer. Reprendre là où nous étions heureux, où nous nous sommes arrêtés. Enfin, où lui nous a envoyés en enfer, surtout moi.

Un dîner d’amoureux, comme n’importe quel couple d’amoureux… En apparence.

 

Après ce dîner, encore une fois, j’y ai cru. Plutôt j’ai voulu y croire encore et toujours. Puis j’ai dû me rendre à l’évidence, à voir la triste et crue réalité en face. Celle que je prenais depuis des mois en pleine figure, au propre comme au (dé)figuré.

 

Écoutez-nous d’abord.

 

Une Voix-Off débute : Il fit un signe discret au serveur, qui se hâta de leur porter deux coupes de champagne rosé, de celui que j’adorais. il avait définitivement tout manigancé. Il ne se défaisait jamais de son machiavélisme et son organisation chirurgicale. Le bougre était redoutable.

 

 

– Chérie, ce soir, c’est ton soir ! Prends ce que bon te semble. Tout ce qui te fera plaisir.

 

– …

 

– Tu n’es pas contente ?

 

– Bien sûr, si, si. Je suis surtout surprise, très. J’avoue ne pas bien saisir. Enfin, tout de même, ces derniers mois, on ne peut pas dire que tu m’aies témoigné beaucoup d’attention. Et celles dont tu as bien voulu ont été … Marquants, durablement MARQUANTS.

 

– Ma chérie… C’est vrai, tu as raison, je t’ai négligé et…

 

– Si ce n’était que négligé, j…

 

Il leva la main sèchement, signe que je n’avais pas la parole. J’étais, désormais, plus attentive à ce genre de signe.

 

– Laisse-moi finir, s’il te plaît. Donc, je te disais qu’effectivement en plus de te négliger, j’ai été probablement un peu vif avec toi.

 

Comédienne doit mimer toutes sortes de ressentis : désapprobation – incrédulité – moquerie – euphémismes des propos du mari – le fait qu’il édulcore la réalité.

 

– Je n’ai pas été, je pense, le mari que tu espérais.

 

Voix Off à voix basse : – sans blague

 

– Je peux le comprendre. Mais l’important c’est de l’admettre et de corriger

(Sur scène Comédienne frémit à ce mot « corriger ») le tir. Je vais m’y employer. Je te le jure. C’est pour cela...

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Posté le 21 juillet 2026 par Hg

Hg
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Souffleur d'histoires J'écris des histoires à lire, à jouer, à chanter ou à mettre en scène.

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