Bunker café

Genres :
Thèmes : ·
Distribution :
Durée :

Au petit matin, à l’heure du premier café, dans un bunker transformé en bar par un patron passionné d’histoire mais un brin intolérant, des clients d’horizons très différents se retrouvent coincés les uns après les autres… La seule issue, une porte blindée, se bloque à chaque fois qu’ils referment la porte.

Commence alors un huis-clos déjanté, rythmé par un musicien-acteur. Dans cet univers clos et un peu hostile, les caractères s’affirment, révélant peu à peu peurs et doutes. Entre situations cocasses, quiproquos et moments plus intimes, les vérités éclatent et les évidences se délient.

Pour sortir, ces personnages devront apprendre à s’écouter et composer ensemble… Peut-être ainsi trouveront-ils leur seule porte de sortie !

🔥 Ajouter aux favoris

Soyez le premier à donner votre avis !

Connectez-vous pour laisser un avis !

 

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ACTE 1 – SCENE 1

Un bar sans fenêtres

Côté cour -> porte entrée

Jardin -> bar

Côté cour -> musicien faisant ses réglages

Le patron est au bar, la porte est ouverte. Un homme entre , un peu négligé.

Il serre son manteau, a froid.

 

Musicien – Hé Childéric , les portes ça se ferme !

Le barman (agacé) – La gueule aussi ….et puis j’te l’ai déjà dit 100 fois , c’est ALMARIC

Musicien (dans sa barbe) – Quelle idée aussi ! Un vin !

Le barman lui sert un verre de vin.

Le barman – 2,20

Musicien – Un vin ça suffira pour commencer

Le barman –  comment ça 1,20 ?

Musicien -Bon ben si t'insistes, deux vins au prix d'un

Le barman  1 ?

Musicien – Quelle mouche te pique

Le barman -Il n'y a pas de mouche ici primo, deutio c'est pas toi qui fait les tarifs et troisio...

Musicien –Tertio ! On dit tertio

Le barman -… Ter...Troisièmement...Voilà

Musicien -Ah mais je comprends mieux maintenant

Le barman , interrogatif – Je ne comprends pas ce qu'il y aurait à comprendre, c'est incompréhensible

Musicien – Tout juste Eric

Le barman – Almaric -AL–MA-RIC

Musicien , dans sa barbe – Quelle idée !

Le barman – Parce que tu crois que ton nom, Deleau c’est mieux toi ?

Musicien – C’est sûr que Deleau, dans un  Bar , c’est pas le Jackpot . Et d’où ça vient ça, Amlaric ?

Le barman – Al-maric ! c’est Français …de souche épurée (l’air froid puis après un petit silence Il lui tend le journal) Tiens le journal , tu commences par la fin , comme d’habitude ?

Le musicien attrape le journal , déplie soigneusement la page arrière ,sort un stylo et jette un coup d’oeil -Tiens , c’est pour toi ça , en 5 lettres « terre d’origine »

Le barman-Pourquoi c’est pour « moi » ça ?

Musicien -non, non, comme ça. (pour lui en écrivant ) « TERROIR »

Le barman réfléchit – Ben Ouais,  Terroir, je suis Terroir moi .

Musicien -« Lieu mal rangé» ..alors avec Terroir , donc il y a un R à la fin …

Le musicien fait du bruit

Barman – Pfff, c’est quoi ce bazar encore ?

Musicien – Bazar, c’est ça, Bazar, Bravo !

Le barman -Ben ouais, attend , je suis pas plus con qu’un autre .

Le musicien, l’air ironique (regard complice avec le musicien)-Que non ! Tiens,  tu connais l’étymologie de ce mot-là ?

Grand silence, le patron ne comprend pas le mot

Musicien, face au regard désabusé du barman – oui, l’origine du mot ,quoi ….

Ben figure toi, comme pas mal de mots français , c’est un mot d’origine arabe

Le barman -oh Bordel

Musicien -Et ça c’est un synonyme

Le barman , agacé – Je t’en ressert un ?

Musicien -C’est la tienne ?

Le barman -Ouais  après si tu veux

Musicien -Mais tu peux pas fermer la porte là, il fait froid

Le barman - La poignée m’est restée dans les mains ce matin ;  c’est sûrement cette bande de racaille qui traîne dans le quartier qui a voulu me forcer la porte

Il lui montre la poignée posée sur le comptoir

Musicien -Ben pourquoi tu la remets pas, c’est pas bien compliqué

Le barman -Ben j’suis Barman moi, pas serrurier

Musicien -Ben moi je suis serrurier

Le barman -Ben je te croyais cheminot 

Musicien -Faut bien boucher les trous. Mon vrai métier c'est serrurier. Cheminot c'est...

Le barman -Un emploi fictif...C'est sûr entre 2, 3 grèves faut bien s'occuper. Ah ben tu vas pouvoir me la réparer , ça me fera des économies

Musicien -Je te répare ça pour un Rouge, ça te va ?

Silence

Musicien -Ben mon rouge ?

Le Barman lui tendant la poignée – oui, oui – tiens …après si tu veux

Musicien – t’as pas du fil de fer ou quelque chose dans le genre ?

Le barman fouillant sous le bar sort une fourchette

Le barman – Tiens vlà tout ce que j’ai

Musicien - Une fourchette ?

Barman – Oui…En fer !

Le musicien se lève, prend la poignée et la fourchette puis se dirige vers la porte.

Malo essaye de réparer la porte mais en vain, dans un geste d’énervement il jette la poignée dehors et claque la porte.

Musicien – Voilà, c’était pas compliqué, maintenant au moins c’est fermé .

Le Barman observe la porte un moment, hoche la tête

Le barman – ouais ça ferme, je vois…et comment ça ouvre ?

Malo se retourne, observe la porte, se rend compte de la situation.

Musicien– ben, ça ouvre par dehors

Le barman – et comment on sort pour pouvoir ouvrir par dehors ?

Musicien – ben par la sortie de secours

Le barman – pas de sortie de secours

Musicien– Par une fenêtre

Le barman l’air froid – Pas de sortie de secours, pas de fenêtre . Tu sais bien que c’est un bunker ici .

Musicien en se rasseyant – Quelle idée aussi de faire un café dans un bunker !  

Le barman en haussant les épaules  - Et alors, Je suis un passionné de guerre … y en a bien qui font des hôtels dans  des igloos, d’autres des restaurants sur des péniches ou dans des tours Effel, c’est pas plus bizarre !

Musicien – Et bien il n’y a plus qu’à attendre qu’un client rentre !

Le barman en se remettant à essuyer des verres, l’air fatigué – ouais, c’est ça, tu crois que ça court les rues toi, on n’est pas à…sur la place de la concorde ici !

Musicien, l’air un peu timide  – Et pour mon rouge ?

Regard noir du Barman

Interlude Musical (pendant ce temps, mime entre les deux personnages. Le barman a accompagné le musicien et le surveille de près)

Le Musicien –

La porte fermée du Bunker ,

 hermétique au monde exterieur ,

les esprits s’ouvrent au contraire

créant une intense atmosphere

sera-t-elle salvatrice ou proche de l’enfer ?

Musicien – J’le paye mon verre c'est bon ! C’est ma tournée tiens !  

Barman-Tu es seul  je te rappelle

Musicien – Remarque comme tu m'as demandé de faire un concert je suppose que les consos. sont comprises dans ma presta, comme c’est le cas partout…Non chef ?

Barman – Ouais ! Mais  t’offre un verre ça se refuse pas non plus, de mon côté j'accepte. ça va te plumer, Cheminot, Serrurier et Musicien, je comprends pourquoi tu bois autant!

Musicien – …C’est avec plaisir (air ironique en regardant le patron) « Quand l'avarice se propose un but, elle cesse d'être un vice, elle est le moyen d'une vertu, ses privations excessives deviennent de continuelles offrandes, elle a enfin la grandeur de l'intention cachée sous ses petitesses » (silence) Balzac !! La comédie humaine cher Monsieur ! Le plaisir d’offrir passe aussi par les mots chez moi. N’est-ce pas Médéric ? Le plaisir d’offrir.

Barman – Un bière pour moi ? 

Musicien-C’est combien une bière ?

Barman-3,80

Musicien-Bon ben 2 vins plutôt alors !

Barman-(ironique) …Le plaisir d’offrir !

Musicien-ça te connait ! (ironique) Disons que je suis à sec…Tu sais bien, l’enflation ! 2 vins !

Barman-5,20

Musicien-(interpellé et excédé) Il y a eu un 3ème choc pétrolier depuis le dernier vin ?

Barman-Ok je te le fais à 5.

Musicien-Trop sympa de ta part ! Un humaniste ! (ironique)...Fumiste plutôt !

Barman-(vexé) Alors voilà, c’est comme ça ? On fait un geste…Tiens c’est comme les autres là…(il mime) On donne ça et ça voudrait ça !

Musicien-C’est qui les autres ?

Barman-(hésitant) Euh les autres c’est l’enfer !

Musicien-(surpris) Tu as lu Sartre ?

Barman-Tu crois que j’ai le temps de lire moi ? J’ai les mains dans le cambouis moi, oui j’ai les mains sales !

Musicien-(surpris) Incroyable ! « les mains sales », "L'enfer c'est les autres"  Sartre ! c'est toi ? Derrière le Barman basic il y a peut-être un existentialiste qui se cache!

Barman-(hésitant, a priori ne comprend pas, il se retourne légèrement) Un quoi ? Tant que je serai patron de ce bistrot il n’y aura pas d’extrémiste ici !

Musicien-Non un ça suffit !

Barman-(n’ayant pas compris) t’en bois pas un autre ?

Musicien-(il rit) C’est marrant cette situation…Nous sommes enfermés dans un bunker, bien à l’abri -sauf des conneries !

Barman-Tu trouves ça drôle toi ?

Musicien-Intéressant je dirais ! ça nous pousse dans nos retranchements, à voir les choses différemment, à explorer nos…

Barman- (quiproquos) Euh non ! On va rien explorer du tout d'accord?

Musicien-Pourquoi pas? Toucher à l'intime, se rapprocher  aller au plus profond et s'ouvrir vers ...

Barman-Moi j'aimerais vite ouvrir cette porte ! T'as besoin de prendre le frais.

Musicien-C’est bon, tu t’inquiètes pour rien, j’aime les femmes…(long silence) Enfin j’aime ma femme qui n'est plus (Le musicien joue sur son monologue) Marie ! Je t’ai promis de toujours t’aimer, à vie.

Même tous les verres du monde dans le foie ne pourront altérer ce besoin de toi, tu sais. Je sais, tu es là, tu me vois…Souvent au zinc, pas toujours beau à voir. Tu préférerais m’entendre te citer les mots de Verlaine, ces mots que tu aimais tant entendre de ma bouche…Mais vivre la poésie dans ce monde sans toi c’est plus dur que de boire. C’est dur excuse-moi, mais j’aimerais tant te revoir, ne serais-ce juste pour te regarder, que tu viennes me voir, que tu me sorte de la réalité de cette vie toute vide, qu’on remplisse encore une fois notre bulle hermétique à la connerie…Tu viendrais un peu ?...Dis moi !

(La porte s’ouvre rapidement, une femme entre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ACTE 1 - SCENE 2

Il vous reste 90% de ce texte à découvrir.


Connectez-vous pour lire la fin de ce texte gratuitement.



error: Ce contenu est protégé !
Retour en haut