Charges
Charges est une pièce courte qui brosse un fragment de vie de deux jeunes femmes chargées de rêves à Budapest. Szilvia Deák, hongroise, aborde le sujet de la précarité et celui de la difficulté de se loger dans une capitale européenne.
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Acte I
Scène 1
Emma : Tu vois, on a dû faire six allers-retours, pourtant on a jeté un tas de choses.
Anna : On n'aurait pas pu tout apporter, il est 11 heures du soir et d'ailleurs qui a besoin de tout ce fourbi ?
Emma : Chut, tu vas les réveiller !
Anna : La dame regarde encore la télévision et son mari est à l'hôpital, m'a-t-elle dit au téléphone. (déçue, désenchantée)
Cette chambre est horrible et tout l'appartement sent mauvais.
Emma : On le supporte un mois et après on cherche un autre logement. Se retrouver à la rue, ce serait mieux ?
Anna : Arrête !
Emma : Ou bien retourner dans un trou de province, après 5 ans?
Anna : Chut, quelqu'un vient. (On frappe à la porte.)
Emma : Entrez ! (Une grosse dondon entre.)
Femme : Salut ! Les filles ! Vous avez réussi à tout apporter?
(Elle regarde autour d'elle, étonnée.)
Mon Dieu ! Vous avez des vêtements, dites donc!
Anna : Ce n'est pas beaucoup.
Emma : Oui, on a tout apporté.
Femme : Alors, soyez les bienvenues !
Emma : Merci, est-ce que l'on pourrait avoir une clé pour notre chambre ?
Femme : (gênée) Je ne sais pas où elle est, demain je demanderai à papa.
Emma : Mais vous avez quand même une clé à la porte d'entrée. Hier quand j'ai versé des arrhes, on a convenu de payer le reste en prenant la chambre et évidemment je prends les clés aussi.
Femme : J'ai la clé de la porte d'entrée seulement, je vais la chercher. (Elle revient avec les clés.)
Les voilà, je les ai fait faire hier après-midi pour 1 200 forints.
(Emma prend les clés et son portefeuille.)
Emma : Voilà le reste. En tout 50 000 forints. Et...