Chasse interdite
À Bourg-le-Clapot, petit village où la chasse est une véritable institution, l’annonce d’une enquête d’utilité publique visant à remettre en question cette tradition fait l’effet d’une bombe. Derrière cette initiative se trouve Benoît Gatinier de la Fusserie, un aristocrate écologiste aussi idéaliste qu’excentrique, bien décidé à faire entendre la voix des opposants à la chasse. Face à lui, les chasseurs du village, emmenés par l’intraitable Roxane, voient rouge.
Pendant que le maire tente désespérément de maintenir l’ordre, Lucien, complotiste notoire, alerte la population sur l’existence de créatures hybrides, sur des lâchers de vipères et même sur de mystérieux virus. De son côté, Lola, influenceuse avide de buzz, retransmet en direct les moindres rebondissements de cette affaire qui passionne les réseaux sociaux.
Lorsque Benoît disparaît soudainement, le village sombre dans la paranoïa. Entre enlèvement raté, menaces maladroites, enquêtes improvisées, fausses pistes et accusations en cascade, chacun devient suspect. Alors que la situation semble totalement incontrôlable, un scandale inattendu éclate et révèle les véritables intentions cachées derrière l’enquête publique.
Portée par une galerie de personnages hauts en couleur, « Chasse interdite ! » est une comédie de terroir explosive mêlant satire sociale, quiproquos et absurdité, où les préjugés s’affrontent dans un joyeux chaos jusqu’à un dénouement aussi surprenant que loufoque.
Lire le texte intégral
Chasse interdite
Une comédie en 3 actes,
de Martine MAINGUE
et Vincent FAYET
Tout public
Distribution : 5 femmes, 5 hommes
Durée : Environ 1 heure 30
Dépôt SACD 2026 n°000909744
mails des auteurs : mainguemartine@gmail - v.fayet42@gmail.com
Personnages :
Raymond Mathurin : Maire du village
Jeanne Dupré : Présidente du Club de Danse Country
Julien Dubois : Cantonnier
Lucien Lenoir : Complotiste
Lola Saint-Clair : Influenceuse, baba cool, écolo
Roxane Vallois : Chasseuse, ancienne militaire
Marco le Teigneux : Repris de justice, venu se mettre au vert à la campagne
Benoît Gatinier de la Fusserie : Écolo radical mais gros propriétaire terrien et aristocrate
Hortense Gatinier de la Fusserie : Femme de Benoît, très perchée et fière de ses ancêtres aristocrates
Josiane Flaubert : Voisine curieuse
Village : Bourg-le-Clapot
Décors : Un local communal dans la mairie, siège social de la chasse. Décoration ambiance chasse (trophées sur les murs, cornes de bêtes, bêtes empaillées…) Une grosse malle ou un placard, un bar …
L’association peut s’appeler “Les chasseurs clapoteux".
À Bourg-le-Clapot, petit village profondément attaché à la chasse, une enquête d’utilité publique remet en cause cette tradition locale et provoque de vives tensions. À l’origine de cette initiative se trouve Benoît Gatinier de la Fusserie, un aristocrate écologiste aux idées excentriques, bien décidé à faire entendre les opposants à la chasse. Face à lui, Roxane, chasseuse passionnée au tempérament explosif, mobilise les habitants contre ce projet.
Pendant que le maire Raymond tente de garder le contrôle de la situation, les villageois lui en font voir de toutes les couleurs : Lucien, complotiste convaincu d’avoir vu des êtres transgéniques et des complots partout, Lola, influenceuse à la recherche du moindre buzz, ou encore Marco, un repris de justice au caractère imprévisible. Josiane se mêle de ce qui ne la regarde pas.
Excédée par l’enquête, Roxane convainc Marco de faire pression sur Benoît afin qu’il abandonne son projet. Ce qui devait être une simple intimidation tourne à la catastrophe lorsque Benoît disparaît mystérieusement. La Comtesse Hortense, constatant la disparition de son mari, est dans tous ses états. Entre fausses pistes, accusations absurdes, enlèvements improvisés et rumeurs invraisemblables, tout le village sombre dans la confusion.
Alors que chacun cherche un coupable, la vérité finit par éclater : l’enquête sur la chasse cachait en réalité un projet bien plus lucratif. Benoît souhaitait faciliter l’installation d’un site de stockage de déchets nucléaires sur ses terres. Cette révélation provoque la colère générale et retourne complètement l’opinion du village contre lui.
Acte 1
Scène 1 : Raymond, Jeanne, Julien, Lucien
(Raymond et Jeanne sont en train de trier des documents, des cartons)
Raymond : Merci de me donner un coup de main, Jeanne. On n’avait pas besoin de ça. Comme si je n’avais rien d’autre à faire !
Jeanne : Parce que tu as autre chose d’urgent à faire ? Tu m’as pourtant pas l’air débordé…
Raymond : Eh oh, ça va ! Tu crois que c’est peinard d’être maire de la commune ?
Jeanne : Je ne sais pas, mais tu ne vas pas me dire que t’as un agenda de ministre ?
Raymond : Eh bien si c’est si facile, tu te présenteras aux prochaines élections municipales, on verra le résultat.
Jeanne : Raymond, tu sais bien que la politique, c’est pas mon truc. Présidente du Club de Danse Country, c’est déjà largement suffisant pour moi.
Raymond : Tu vois ? Alors imagine-toi le boulot de maire : je passe mon temps à régler les conflits de voisinage, à courir après les chiens errants …
Jeanne : Eh bien ça t’occupe. Au moins pendant ce temps-là, tu ne fais pas de la politique, à monter les gens les uns contre les autres …
Raymond : Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Vas-y Jeanne, vas au fond de ta pensée. Je sais bien que tu n’as pas voté pour moi aux dernières municipales.
Jeanne : Qu’est-ce que tu en sais ? Tu as installé des caméras dans l’isoloir, c’est ça ?
Raymond : Ça va pas bien de dire ça ? Non mais pour qui tu me prends ?
Jeanne : Raymond, tu vas pas me la faire à moi, je te connais comme si je t’avais fait. Je te rappelle qu’on se connaît depuis les bancs de la maternelle.
Raymond : Et alors ? T’as qu’à dire que j’ai volé les élections, pendant que tu y es ?
Jeanne : Non, je ne dis pas ça … quoique tu n’as jamais voulu qu’on recompte les bulletins de vote au soir des dernières élections … moi ce que j’en dis … je dis ça, je dis rien …
Raymond : Jeanne, tu n’es qu’une mégère ! Maintenant tu me traites d’escroc ! Je vais t’en coller une, espèce d’enfoirée ! (il devient menaçant envers Jeanne)
Jeanne : Arrête, c’est pas ce que j’ai dit …
Raymond : Si ! C’est ce que tu insinues. Je vais t’apprendre les bonnes manières.
Julien : (entre en courant et essaye de les séparer) Hé ! Qu’est-ce qui se passe ici ? Ça va pas recommencer tous les deux !
Jeanne : Fais quelque chose, Julien ! Appelle les gendarmes, il est devenu fou !
Julien : Si je dois appeler les gendarmes à chaque fois que vous vous engueulez, ça va exploser mon forfait de téléphone.
Raymond : C’est elle qui me cherche à chaque fois, elle me traite d’escroc !
Jeanne : Non, c’est lui ! Il a voulu me frapper …
Julien : STOP ! Ça suffit maintenant ! Je dois faire des heures sup pour préparer la salle de la mairie et au lieu de ça, je fais l’arbitre de boxe. Je ne suis pas payé pour ça, je suis juste le cantonnier, moi.
Raymond : C’est bon, Julien. Merci d’être resté pour finir l’installation de la salle. La commune t’en sera reconnaissante.
Julien : Ouais, comme d’habitude ! Une bouteille de Crémant à 5 euros pour la Noël et une boîte de chocolats tous rances pour les Pâques !
Jeanne : Il t’en reste encore de ces vieilles boîtes de chocolats ?
Raymond : Ben oui ! Si, quand elle avait commandé ces chocolats il y a 10 ans, la secrétaire de mairie avait coché 3 cartons au lieu d’avoir coché 3 palettes, on ne se serait pas retrouvé avec 1500 boîtes de chocolats à écouler !
Jeanne : Mais Raymond, ils sont périmés ces chocolats ! Ça fait 10 ans !
Raymond : Ouais bon, ils ont un peu blanchi, mais ils sont encore goûteux, hein Julien ?
Julien : Oui Monsieur le Maire, mes poules les adorent …
Jeanne : Sacré cadeau …
Raymond : Jeanne, ferme-là !
Jeanne : Oh, ça va, je plaisante !
Raymond : Bon, Julien, tout est prêt ? Les affichages réglementaires, les panneaux d’information et tout le toutime ?
Julien : Oui Monsieur le Maire, tout est prêt. Vous ne me faites pas confiance ?
Raymond : Si si, bien sûr que si. Mais il faut que l’on soit super réglo dans cette affaire. Merci Julien (Julien quitte la scène). Cette enquête d’utilité publique me pourrit la vie. A cause de ça, la préfecture me surveille comme le lait sur le feu.
Jeanne : Je comprends. Tout ça à cause de cet écolo de mes deux qui voudrait savoir si les habitants de la commune sont pour ou contre la chasse.
Raymond : A qui le dis-tu ? Nous voilà obligés de faire cette enquête et sous la surveillance du préfet. Bien sûr que tout le monde est pour la chasse, pas besoin d’enquête d’utilité publique, je le sais moi.
Jeanne : Méfie-toi ! Tu risques d’être surpris, ils vont te dire “”oui oui “” par devant, et par derrière, ils seraient bien capables de voter contre la chasse !
Raymond : Quand même ! Des écolos dans les grandes villes, d’accord, mais pas dans nos campagnes, pas dans nos villages !
Jeanne : Eh bien tu verras, on n’est pas à l’abri d’une surprise …
(Lucien arrive en courant, tout essoufflé et en criant)
Lucien : Je les ai vus, je les ai vus. Je le savais, je les ai vus !
Jeanne : Calme-toi Lucien ! T’as vu qui, t’as vu quoi ?
Lucien : Je vous dis que je les ai vus. J’en étais sûr !
Raymond : Mais explique-toi, Lucien, on comprend rien à ce que tu dis.
Lucien : Les chevreuils, les chevreuils ! Je les ai vus comme je vous vois, ils étaient à 50 mètres de la maison.
Raymond : Et alors, il y en a de partout des chevreuils, pas la peine de gueuler comme ça !
Lucien : Mais c’était pas les mêmes, c’étaient des chevreuils transgéniques. Ah je le savais, j’en étais sûr.
Jeanne : Qu’est-ce que tu racontes ? Des chevreuils transgéniques ?
Lucien : Je le sais, maintenant, j’en ai la preuve !
Jeanne : Quelle preuve ?
Lucien : Je les ai vus en train de s’accoupler avec des renards ! ….AVEC DES RENARDS je vous dis !
Raymond : T’es sûr d’avoir bien vu, Lucien ? C’est ta vue qui te joue des tours.
Lucien : Vous me croyez pas, c’est ça ?
Jeanne : Si, bien sûr que si, mais tu sais, de loin, dans les grandes herbes, on peut confondre.
Lucien : Confondre quoi ? Je sais reconnaître un chevreuil et je sais reconnaître un renard. Et quand un chevreuil culbute un renard, ça fait une nichée de chevreuils transgéniques.
Raymond : Mais d’où tu sors ça, Lucien ?
Lucien : J’y ai vu sur l’ordinateur. Ils ne parlent que de ça sur le Gogolle de l’ordinateur. J’ai lu des articles de grands scientifiques. C’est prouvé. Ils appellent même ça des « chenards », un croisement transgénique du chevreuil et du renard.
Jeanne : Et ça ressemble à quoi, un chenard ?
Lucien : Ben, un mélange de chevreuil et de renard ! C’est comme qui dirait un renard haut sur pattes, comme une chèvre, avec des cornes et une grande queue.
Jeanne : Tu sais quoi Lucien ? Il faudrait que tu y retournes pour les surveiller et voir où est-ce qu’ils vont nicher. Comme ça, on pourra récupérer les petits et les envoyer dans un laboratoire pour les faire analyser. Qu’est-ce que tu en penses ?
Lucien : Ah oui, c’est une bonne idée, tu as raison, j’y retourne, je les surveille et dès que je peux, j’en chope un ! Je te garantis qu’ils vont pas m’échapper.
Jeanne : Vas-y vite, Lucien, ne perd pas de temps.
Lucien : J’y cours, j’y cours … Sacré bon-dieu de chenard, je les aurais, je les aurais ! (il sort de scène en courant).
Raymond : Pauvre Lucien ! On savait qu’il avait été bercé un peu trop près du mur quand il était petit, mais ça s’arrange pas en vieillissant ! A force de regarder sur internet, il voit des complots partout.
Scène 2 : Lola, Jeanne, Roxane, Marco
(Arrivée de Lola, en filmant avec son téléphone)
Lola : (en se filmant) En direct de Bourg-Le-Clapot, vous n’allez pas en revenir mes lapins, restez connectés, on va bien se marrer. (à Raymond et Jeanne) Bonjour tout le monde, Monsieur le Maire,...