Cocass”rôles et tracass’ries
Sketchs sur la société, le couple, l’amour, le commerce, la science, les animaux, la ssanté, et la boucherie
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CONSOMMEZ LOCAL (1 h - 1 f) JP Mourice
Une femme entre sur scène, elle porte deux sacs très lourds.
Josy - Alors tu viens ? Qu'est-ce que tu fous ?
Michel - (L'homme (en short) entre. Il porte un sac très lourd) Je regardais une bagnole. Elle est pas mal, la bagnole.
Josy - Depuis quand on a besoin de bagnole ?
Michel - Je me disais : Peut-être qu'on pourrait en acheter une.
Josy - On peut pas. Ah.! (Elle voit le public) Bonjour messieurs dames. Moi, c'est Josy, et lui c'est mon mari.
Michel - Michel !
Josy - Alors, tout d'abord, merci d'être venu.
Michel - On n'a jamais eu autant d'monde.
Josy - Ca prouve qu'il y'a des gens intelligents.
Michel - En plus, en venant ici, on n'y croyait pas du tout. On nous avait dit : ils en tiennent une sacrée..
Josy - (L'interrompant) On est là pour la conférence.
Michel - On vient vous faire part de notre expérience.
Josy - Consommez local !
Michel - Et on espère bien faire des mules.
Josy - On dit pas des mules, mais des émules ! Excusez le, il est un peu..
Michel - (Content) Des émules !
Josy - C'est moi qui cause. Alors, consommez local, c'est quoi ?
Michel - C'est aller à pied.
Josy - Exact ! Parce que nous par exemple, on n'a pas de bagnole. Et pourquoi qu'on n'a pas de bagnole ?
Michel - Ben oui, pourquoi ?
Josy - Parce qu'on en n'a pas besoin. C’est une question d’principe.
Michel - On ne quitte jamais la région.
Josy - On a un périmètre de déplacement, vingt kilomètres !
Michel - On dépasse jamais !
Josy - Mais on peut aller jusqu'à cinquante, par exemple pour une réunion de famille, un papier à aller chercher ou un rendez-vous chez le dentiste.
Michel - Ici, y'a plus de dentiste. Y'en a un à cinquante kilomètres.
Josy - Et quand on y va, on y va en quoi ?
Michel – Pas en bagnole.
Josy – La bagnole, jamais ! C’est une question..
Michel - D’principe.
Michel - On prend le car.
Josy- Un car omnibus. Il s'arrête partout.
Michel - On met cinq heures.
Josy - On a bien des trains.
Michel - Mais ils ne s'arrêtent jamais.
Josy - Par contre, on a un car.
Michel - Une fois par semaine.
Josy - Y'a intérêt à pas l'rater.
Michel - Et si y'a pas d'car ?
Josy - On prend la tente de camping et on part deux jours.
Michel - A vélo ! Cent kilomètres, aller et retour !
Josy - Mais ça nous empêche pas de vivre. Et même on peut le dire, on vit très bien. Hein Michel ?
Michel - On vit ensemble. C’est une question d’principe ;
Josy - On ne se quitte jamais.
Michel - Maximum, vingt mètres.
Josy - On a un jardin.
Michel - Un jardin dehors ! Et biologique !
Josy - Parce que nous, on préfère rester chez nous. Par exemple, on n'a pas de travail.
Michel - Trop loin.
Josy - Résultat, on s'adapte. On cultive. Mais attention ! Que du local !
Michel - On fait pas d'ananas ! Chez nous, ça pousse mal, les ananas.
Josy - Jamais d'ananas ! C'est une question de principe !
Michel - Que du local
Josy - Du fait maison.
Michel - Même quand c'est pas bon.
Josy - Tout c'qui pousse à plus de vingt kilomètres de chez nous. on dit quoi ?
Michel – On dit non !
Josy - C'est pas toujours facile à trouver.
Michel - Des fois on ne mange pas.
Josy - On maigrit, mais on maigrit bio !
Michel – Parce que quand on mange, nous, on mange frais.
Josy - Que des légumes de saison.
Michel - Les cerises en plein hiver, non !
Josy - Les lapins en été, pareil !
Michel - La chasse est fermée.
Josy - Comme pour la boisson.
Michel - Jamais d'pinard ! C’est une question d’principe.
Josy - Le pinard, on r’fuse ! Sauf du local.
Michel - Dégueulasse.
Josy - Mais ça s’boit. Et qu’est-ce qu’on boit, Jean-Michel ?
Michel - Du cidre, du jus d'pomme, du jus d'betterave, et du jus d’eau.
Michel - Naturelle..
Josy - C'est une question ?
Michel - D'principe !
Josy - Et y'a pas qu'ça. Par exemple, quand on achète un truc. Comme.. Un moulin à café.
Michel - Pas électrique !
Josy - On l'achète d'occase. Ou alors, on fait les poubelles. Nous est dans le recyclage ?
Michel - A fond !
Josy - Avec nous, les objets ont une seconde chance. Par exemple, ses pantalons.
Michel - Quand le pantalon, est usé, hop, un short !
Josy - C'est une question ?
Michel - D'principe !
Josy - On est contre le gaspillage.
Michel - Avec nous, rien n'se perd.
Josy - Y'en a qui jettent n'importe quoi par la fenêtre !
Michel - Nous, on garde tout ! Et quand on dit tout, c'est tout !
Josy - Par exemple, nous, quand on s'est mariés.
Michel - Elle venait d'quitter l'voisin.
Josy - Dans mon couple, c'était plus comme au premier jour..
Michel - Son mari la foutue dehors, et moi je regardais à la fenêtre.
Josy - Et hop ! Seconde chance.
Michel - Le coup d'bol.
Josy - J'aurais pu en trouver un autre, mais ça, jamais ! Pas plus de vingt kilomètres. C'est une question..
Michel - D'principe !
Josy - Comme quoi, quand on veut..
Michel - On veut !
Josy - Bon. On va peut-être y'aller, si on veut pas rater l'bus.
Michel - Un bus qui roule au jus de tomate.. Bio !
Josy - Surtout qu'on est chargé.
Michel - Ou alors... On pourrait demander..
Josy - Demander quoi ?
Michel - Y'a pas quelqu'un qui peut nous ramener en bagnole !
Josy - Toi, encore un mot du même genre et j'te laisse ici !
Michel - Mais, chérie !
Josy - Allez ! Bouge tes fesses ! On a cinquante kilomètres à faire, et on n'est pas couchés.
Michel - Pour une fois, on pourrait pas.. ?
Josy - Jamais ! (Au public) C'est une question ?
Public – De principe !
Josy - Tu vois. Eux au moins ils ont compris.
Michel et Josy s'en vont
LES SCIENTIFIQUES AMATEURS (2 h, 1 f) JP Mourice
Deux hommes entrent ; ils sont ivres.
Léonard - Oh la la . J'ai un peu mal la tête.
Albert - Je vais te te dire ce que t'as, t'as la migraine. Et c'est pas une amie du tout !
Léonard - Comment j'ai attrapé ça ?
Albert - C'est soit à cause de la fatigue, soit à cause d'une certaine anxiété, ou alors, à cause d'un autre facteur.
Léonard - Un facteur ? Je touche jamais au facteur.
Albert - Non. En science, un facteur, ça veut dire que ça peut être une cause qu'on ne connaît pas encore. Par exemple, à cause du facteur "alcool".
Léonard - Ah d'accord !
Albert - Ou alors, c'est à cause de ta mère, ou ton père.
Léonard - Mon père était pas facteur. Et puis en plus ils sont morts. Ca peut pas être eux.
Albert - Non. Ca veut dire que tes «amigraines», si ça s'trouve c'est héréditaire. Et donc, c'est à cause de tes parents.
Léonard - Tu parles d'un héritage. Mes parents ils m’ont rien laissé. Sauf moi.
Albert - C'est la loi de la vie.
Léonard - Comment tu sais tout ça ?
Albert - C'est scientifique. Par exemple, est ce que tu sais ce qu'est le chlorure de sodium ?
Léonard - Alors là..
Albert - Et bien moi, je l'sais. C'est du sel !
Léonard - Du sel ?
Albert - Oui monsieur. Et on peut dire aussi du NACL. Mais c'est rare qu'on dise : Chérie, passe moi le NACL. Elle ne comprendrait pas.
Léonard - T'es drôlement fort.
Albert - Et du H 2 0. Tu sais ce que ça veut dire, H 2 0 ?
Léonard - Ben non.
Albert - C'est normal, c'est d'la flotte.
Léonard - On en apprend tous les jours.
Albert - Et c'est pas fini. Tiens hier, j'ai fait une expérience scientifique....