Fessous à la montagne
Fessous décide, malgré bon gré, de se rendre à la montagne, bien que ses parents le lui aient formellement interdit.
Pendant cinquante jours de voyage, tout se passe pour le mieux : il fait caca dans les buissons, s’essuie avec des fougères et se lave dans les ruisseaux.
Jusqu’au jour où il fait une mystérieuse rencontre… Il n’est plus le seul Fessous à la montagne.
Note d’intention :
Entre poésie triviale et métaphysique du rien, Les Deux Fessous invite à rire du vide et à douter de ce qui semble évident. L’univers est dépouillé, les situations répétitives, les répliques affûtées comme des couteaux en caoutchouc.
Ici, la montagne est peut-être un décor en carton, la fougère un témoin silencieux, et le temps… un simple pli dans la conversation.
Note d’auteur :
L’histoire de Fessous est née un matin où je n’avais rien à dire, mais où j’ai décidé de le dire quand même.
Je pensais à ces voyages qu’on entreprend pour de mauvaises raisons, à ces marches qui ne mènent nulle part mais où l’on finit par croiser… soi-même.
Fessous est un personnage qui obéit à ses contradictions comme à des ordres militaires.
Il part “malgré bon gré”, il avance en tournant en rond, il raconte en oubliant ce qu’il raconte.
L’Autre Fessous, lui, n’est peut-être qu’un reflet, un souvenir ou une erreur d’orthographe incarnée.
J’ai voulu écrire cette pièce comme on plie un papier à moitié : pour voir si les deux bords se rejoignent parfaitement… ou s’il reste un vide entre eux.
Ce vide, c’est peut-être là que le spectateur mettra ses propres pas.
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ACTE I — Le Départ
Scène 1 — Le buisson confident
(Clairière en bas de la montagne. Un panneau peint de travers : « Montagne » avec une flèche incertaine. Fessous, seul, un petit baluchon à la main. Un buisson volumineux au centre. Lumière douce du matin.)
FESSOUS —
(au public)
Mes parents m’avaient dit : « Fessous, tu n’iras pas à la montagne. »
Et moi… j’ai répondu : « Bien sûr. »
C’est là que j’ai su qu’il fallait partir.
Pas pour leur désobéir.
Pas pour leur obéir non plus.
Mais pour explorer… l’intervalle.
Entre “non” et “oui”, il y a peut-être une pente douce… ou un trou.
(Il caresse le buisson.)
Toi, tu seras mon témoin.
Mes marches, mes arrêts, mes doutes…
Et si tu es sage, je te raconterai l’histoire de l’abeille qui m’a pris pour une fleur.
(Ramasse une fougère.)
Première provision : une feuille pour saluer, une pour m’essuyer.
Oui, buisson… dans cet ordre-là.
Scène 2 — L’arrivée de Sglageul
(On entend un pas lourd, irrégulier. Sglageul entre, portant...
Texte très énigmatique, j'attends de voir vos prochains écrits Jean-Paul, c'est prometteur cette imagination foisonnante