Les oreillers

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D’abord il y a Léa, des battantes comme ça on en trouve rarement, et comme dit sa copine Simone… euh… Samantha… non… Simone ?! Enfin bref, elle l’aurait bien épousée ! Et puis il y a les filles de Léa : Liza et Clara, l’une enceinte, l’autre pas, et quand elles déboulent, le passé sulfureux des oreillers va les rattraper… Et puis, il y a Gabriel avec son cache-col tricoté par sa grand-mère, à 25 ans toujours puceau, qui voudrait bien ne plus l’être ! En tout cas chez ces gens-là… on s’aime !

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Premier Tableau

 

L’action se passe en Juin

L’espace scénique représente des éléments d’un appartement fait de bric et de broc reflétant le caractère de Léa, généreux et bordélique.

La scène est vide.

Entrée de Clara avec un sac (gros le sac)

 

Clara

Maman ?...T’es là…T’es là ? Les clés étaient sur la porte comme d’habitude. Un jour il va t’arriver des bricoles. (Pour elle) C’est vrai ça, on s’étonne après…elle n’est pas raisonnable, ça fait des années que je lui dis…, ça fait aussi des années que je suis pas venue et rien n’a changé. (Elle jette un coup d’œil autour d’elle) Ah si ! L’étagère en alu, c’est nouveau ! Je suis pas sûre d’aimer !...Enfin.

Maman ?...Elle doit pas être là !

 

Liza rentre. Elle est enceinte avec une grosse valise en faux Vuitton.

Elle voit Clara de dos.

 

Liza

Maman !les clés étaient sur la porte ,c’est dangereux ça ! Oh c’est toi ? T’as changé tes cheveux, de dos je te reconnaissais pas.

 

Clara

Moi, c’est de face que je te reconnaissais pas.

 

Liza

Ma chère sœur, toujours aimable.

 

Elles s’embrassent.

 

Clara

T’aurais pu prévenir.

 

Liza

Superstition ! Tant que j’étais pas sûre…

 

Clara

Là, t’es sûre !...T’es bien au treizième mois, tu vas nous faire des quintuplés. On va toucher la prime.

 

Liza

Toujours aussi drôle !...Maman n’est pas là ?

 

Clara

Bah non !...comme tu vois.

 

Léa (off ; gloussant)

Oh non…Gabriel…

 

Silence de Clara et Liza qui se regardent

 

Liza

T’as prévenu que tu venais ?

 

Clara

Non ! Et toi ?

 

 Liza

Moi non plus. On aurait peut-être dû.

 

Léa (off)

Ah ! C’est mieux qu’hier !

 

Clara

Quelle santé !

 

Léa (off)

Vous êtes doué mais ça pourrait être beaucoup plus performant ! Vous avez fait des progrès depuis le début mais, allez…insistez. (Voix sensuelle)

 

Liza

Oh ! Moi, ça me gêne…

 

Léa (off)

Mettez-y plus d’ardeur mon petit Gabriel.

 

Gabriel (off)

Je vais essayer Madame.

 

Regards des deux sœurs !!!

 

Léa (off)

Maintenant, je suis dans cette position. Regardez dans la glace !

 

Liza

Ah, c’est chaud !

 

Léa (off ; gloussant)

Oh Gabriel, vous allez monter jusqu’où comme ça ? Non ! Pas la main, pas la main ! Je vais vous l’attacher !

 

Clara

Ça y est ! Maman est tombée dans le sado-maso.

 

Liza

Arrête ! C’est d’un gênant.

 

Clara

Bon ! On revient dans une demi heure. Allez, viens !

Liza

Attends,attends…

Léa (off)

Très bien. C’est très bien, mais quelle fatigue ! Bon, remettez vos cheveux ou alors…coupez-les…Allez, on se voit demain.

 

Gabriel (traversant la scène)

Au revoir Madame Léa et…merci ! Mesdemoiselles… (saluant les filles gênées)

 

Léa (sortant de la pièce en se recoiffant)

C’est ça ! Et couchez-vous de bonne heure ! Faut être en forme demain !

 

Il est sorti.

Elle se retourne et voit ses filles statufiées.

 

Liza (A mi-voix)

Il est jeune.

 

Clara (Idem)

Trop !

 

Léa

Mes chéries, je rêve ! Les deux d’un coup, quel bonheur ! Mais comment ? Mais pourquoi ? Oh, venez là que je vous embrasse, c’est si bon de vous voir.

 

Elle les embrasse

 

 

Liza

Maman !...Mais tu es sûre qu’on te dérange pas !

 

Léa

Pas du tout ! Pas du tout ! Mais vous avez failli me louper car aujourd’hui on devait faire la séance chez lui, mais on n’a pas pu à cause de sa grand-mère !

 

Clara

Ah…c’est tous les jours ?

 

Léa

Oh ! Faut bien ça. Mais pourquoi vous ne m’avez pas prévenue.

 

Clara

Mais je t’ai écrit d’Ecosse.

 

Léa

Ah, ma chérie, ça fait dix jours que j’ai perdu la clé de la boîte aux lettres. Tu me connais !

 

Liza

Et moi, j’ai essayé de t’appeler de Tours mais impossible d’avoir ta ligne.

 

Léa

Mon téléphone était en dérangement mais, maintenant que j’ai payé la note, il remarche. Pourquoi vous ne m’avez pas envoyé un E-mail ?

 

Clara

T’as Internet maman ?

 

Léa

Oui. Enfin, j’ai l’ordinateur…là …dans le carton, il est pas encore installé  mais ça va venir. Mais laissez moi vous regarder de plus près mes beautés…Liza) Mais Liza…Liza …

 

 

Léa

Mais Liza t’es… t’es enceinte !

 

 

 

Liza (rougissante)

Bah oui ! Tu vas être grand-mère.

 

Léa

Pourquoi tu me l’as pas dit avant ?

 

Liza

Superstition.

 

Léa

Oh, quel bonheur…ma petite fille, enceinte de combien ?…comment tu vas l’appeler ?…Vincent doit être fou de bonheur…

 

Liza

Oh oui, depuis le temps qu’on essayait !

 

Clara

Par rapport à ton âge, il était temps !

 

Liza

Je t’ai demandé quelque chose à toi !?

 

Clara

Pas encore…ça m’étonne d’ailleurs.

 

Léa

Ah non ! Vous n’allez pas commencer. A peine vous arrivez que déjà vous vous engueulez. Oh lala…les fausses jumelles, c’est pas facile ! Et toi ma Clara, toujours dans tes meubles ?

 

Clara

Toujours…et dans ceux des autres.

 

Léa

Bon…Ca marche bien ton magasin ? Et ton associée, tu t’entends toujours bien avec elle ?

 

Clara

Aucun problème. On a fait un chiffre d’affaires formidable cette année.

 

 

 

 

 

 

 

Léa

Ah ça ! Les bahuts bretons en Ecosse ça plaît ! C’est peut-être à cause du climat ! Oh ma Liza…que tu me rends heureuse ! Alors comment tu vas l’appeler ?...c’est une fille ou un garçon ? Et c’est pour quand ? Oh il faut que j’appelle ton mari pour le féliciter.

 

Liza (très vite)

Tu pourras pas le joindre, il est à l’étranger.

 

Léa

Ah bon. Alors expliquez moi…vous êtes là pour plusieurs jours ? Vous dînez avec moi ce soir ?

 

Liza

Bien sûr maman, mais léger…parce que dans mon état !

 

Léa

Ma petite choute !

 

(Elle veut poser la main sur le ventre de Liza, celle-ci s’écarte imperceptiblement)

 

Clara

Non. On n’est pas là pour très longtemps. Figure-toi que c’est incroyable : on a reçu chacune de notre côté une lettre d’un notaire, Maître Lansquet, nous convoquant cet après-midi dans son étude pour nous parler d’un héritage.

 

Liza

On voit vraiment pas ce que ça peut être.

 

Léa

Moi non plus ! Qu’est-ce que cette histoire, c’est une blague !

 

Clara

Mais non, puisqu’on te dit qu’on a rendez-vous cet après-midi.

 

Léa

Vous n’avez pas demandé des explications à ce notaire ?

 

Liza

Il voulait rien nous dire par téléphone.

 

 

 

Léa

Ah bah, ça alors ! (Riant) En tout cas c’est pas moi, je suis bien vivante !

 

Clara

Oui ! On a même vu que tu avais encore la santé !

 

Léa

Oh oui ! Figurez-vous qu’en ce moment je fais une cure de pépins de courges prescrite par mon herboriste : une deuxième jeunesse ! Tenez l’autre  soir,  j’ai  été  avec  mon  petit  voisin  à  un concert de « Metal Hurlant » c’était fantastique !

 

Liza

Ton petit voisin, c’est le truc qu’on a vu sortir tout à l’heure ?

 

Léa

Ah non, ça c’est… (un temps) c’est une autre histoire. Mon petit voisin, il a dix sept ans, il est trop jeune !

 

Clara

Bah oui ! Il est mineur, tu pourrais avoir des ennuis.

 

Léa

Pourquoi tu me dis ça ?

 

Liza (avec un soupir)

On se comprend !

 

Clara

Bon allez, faut y aller, on va être en retard. On prend le métro. J’ai regardé c’est direct.

 

Liza

Mais dans mon état, je peux pas prendre le métro, ça m’oppresse.

 

Clara

Tu me gonfles…oh, pardon !

 

Liza

T’es vraiment pas drôle ! On peut bien prendre un taxi !...ah mais j’ai pas d’argent sur moi…

 

 

 

Clara

Comme d’habitude ! Je vais payer. (Le ton monte) J’ai toujours payé pour toi, les sucettes, les cachous…les kleenex…

 

Liza

Oh, ça va…

 

Léa (ferme)

Bon ça suffit les filles, allez, à tout à l’heure.

 

Liza

A tout à l’heure maman.

 

Clara

Salut maman. Je te laisse la clé sur la porte.

 

Léa

Comme d’habitude, chérie.

 

Elles sortent.

 

Léa (seule)

Victor ? Victor ? Où tu es ? (la peluche est cachée)

Ah tu es là ; tu as vu, elles changent pas. Toujours chien et chat…Jumelles, mais pas du même œuf ! Mais comme je suis heureuse de les avoir à dîner ce soir. Et puis je vais être grand-mère, (a Victor) pour le bébé va falloir que je te fasse nettoyer ! Hein, ah, t’as raison, faut que j’appelle Simone. Oh ! Elle me fait la tête parce que je lui ai refusé un verre de calva ! ca fait au moins 1 jour ½ que je ne l’ai pas vue. Allez, ca suffit !

 

Léa appelle par la baie vitrée en faisant le cri de Tarzan. Simone répond par le même cri dans les graves.

 

Léa (à Victor)

Je vais pas lui dire que les filles sont arrivées, sinon elle va me saouler. De toutes façons, ça fait 40 ans qu’elle me saoule ! Je dois être maso !

 

Entrée de Simone faisant le cri de Tarzan.

 

Léa

Ben alors, qu’est ce que tu foutais Chita ??

 

 

Simone

Excuse moi, j’ai pas trouvé de liane…

(pincée) T’avais quelque chose à me dire ? T’as besoin que j’aille faire tes courses ? T’as du linge à ranger ? Tu veux que je sorte Victor ?

 

Léa

Oh la la, ce que tu es susceptible… Allez, détend toi ! tu veux un verre ?

 

Simone

Oui, un verre d’eau s’il te plait.

 

Léa

De l’eau ? on t’as offert un poisson rouge ? (réaction de Simone)

Bon, je vais t’en chercher de la fraiche (elle va à la cuisine chercher un verre d’eau. Pendant ce temps, Simone s’envoie une gorgée de Vodka à la bouteille.)

 

(revenant) Voilà. Allez, je t’accompagne. Je prends un petit whisky.

 

Simone (entre ses dents)

Whisky… whisky … ça vaut pas le calva !

 

Léa

Alors, ta soirée hier, raconte…

 

Simone

Mon rendez-vous d’internet « a nous deux cœur libre » ? Formidable ! c’était formidable ! D’abord pour se trouver, on s’était dit : « on se reconnaitra par une petite charcuterie ».

 

Léa

T’es venue avec une tête de veau.

 

Simone

Non, Mais j’avais une petite rosette de Lyon à la boutonnière.

 

Léa

Ça devait être chic ! et vous aviez rendez-vous où ça ?

 

Simone

Au musée des arts décoratifs. Je l’ai tout de suite reconnu.

 

 

Léa

Ah bon !

 

Simone

Il avait un petit boudin à la main.

 

Léa

Noir ou blanc ?

 

Simone

Ah ! je sais pas ! pour moi c’était « What else ? ».

J’aurais reçu le piano sur la tête, ça aurait été pareil.

 

Léa

Pour une rencontre… c’est une rencontre !

 

Simone

Oui !

 

Léa

Il est comment ?

 

Simone

Tu vois Sébastien Chabal ?

 

Léa

Oui.

 

Simone

Le même ! …  mais plus petit … chauve et sans barbe !

 

Léa

Michel Blanc !

 

Simone

Voilà… Mais plus bedonnant !

 

Léa

Ah ! D’accord… Alors ?

 

Simone

Il m’a invitée dans un bar à pâtes.

 

 

 

Léa

A  ?

 

Simone

A pâtes… A nouilles quoi !

 

Léa

Ok. Ensuite ?

 

Simone

Il m’a demandé si je voulais de la sauce tomate ou du gruyère rapé… Parce que c’était en supplément.

 

Léa

Ça partait bien dis donc !

 

Simone

On ne s’est pas parlé.

 

Léa

Oui, avec les pâtes, c’est pas commode.

 

Simone

Après, il m’a proposé d’aller boire un verre chez lui.

 

Léa

Bon … alors … T’as conclu ?

 

Simone

Ecoute, ça a été très dur ! Parce que tu me connais… le cul et moi, on est très copains…

 

Léa

Oui… c’est pas pour rien qu’on t’appellait Madame Stromboli !!

Alors le feu d’artifice ?

 

Simone

Et ben … et ben … Non ! Quand je l’ai vu, dans son petit slip panthère avec le ventre...

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