Lettres Ouvertes
Que feriez-vous, si lors d’une déambulation dominicale, vous tombiez sur sac postal contenant tout un paquet de lettres ?
Qu’en feriez-vous ?!…
Conformément à l’usage, vous le rapporteriez. Ou mue par une curiosité débridée, vous ouvririez ces missives pour en lire le contenu et en savoir un peu plus sur la vie de vos voisins.
C’est l’histoire qui est arrivée à ce couple, qui se promenait paisiblement. Au détour d’une toute petite rue, ils tombent sur un sac de la Poste éventré, vomissant des centaines de lettres.
Ils remettent les lettres dans le sac et rentrent chez eux avec.
Pourquoi ramasser ce sac ? Ils ne le sauront jamais.
Ils s’installent et hésitent. Ils n’ont pas le droit, ils le savent. Un court débat s’engage sur le droit. Sur l’envie de l’un d’ouvrir quelques lettres.
Finalement, celui qui veut ouvrir les enveloppes convainc l’autre. Qui va se prendre aussi au jeu.
Ils piochent au hasard dans le courrier, lettres variées, administratives, publicitaires, cocasses… Après chaque lettre lue à haute voix s’engagent des échanges autour du sujet de chaque missive, les ramenant à leur propre histoire ou des évènements similaires qu’ils ont connus. Échanges vifs et courts.
Après chaque lettre les personnages rattachent le contenu de la lettre prise à son histoire personnelle. De petits moments drôles, tristes, évocateurs sur sa personnalité, son histoire personnelle.
Cette curiosité va être exacerbée, au fil des lectures, par des lettres mystères anonymes. Trois exactement. Véritable fil rouge.
Étaient-elles dans le sac ? Ont-elles été insérées pendant les échanges du couple et au gré de leurs allées-venues ? Qui sont les auteurs ? Elles résonnent étrangement avec leur propre vie, avec leur couple.
Elles donneront lieu à des révélations aussi troublantes que déstabilisantes. Ce couple est-il si fort qu’il y paraît ? Pourra-t-il sortir indemne de ces échanges et de ces lettres mystérieuses ?
Rien n’est sûr, rien n’est définitif.
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Sommaire
Pour commencer 8
Tableau 1 10
Lettre 1
Relance du trésor public
commandement de payer 14
Lettre 2
Publicité opérateur téléphonique 18
Lettre Mystère 1 21
Lettre 3
Déclaration fiscale (gros revenus) 27
Et celles qui ne sont pas ouvertes 32
Tableau 2 58
Lettre Mystère 2 59
Tableau 3
Lettre 4
Un enfant au Père Noël 70
Lettre 5
Une pub sur des sex-toys 73
Lettre 6
Migrant à son frère resté au pays 77
Et celles qui ne sont pas ouvertes 85
Tableau 4 105
Tableau 5 106
Tableau 6 108
Lettre 7
Licenciement 119
Lettre 8
Carte postale 114
Lettre 9
Une femme victime
de violences conjugales 119
Deuxième lettre d’Alice 126
Et celles qui ne sont pas ouvertes 129
Tableau 7 161
Tableau 8 162
Derniers mots 169
Pour commencer
Au détour de leur promenade dominicale, Alice et Fabrice, un couple marié avec deux jeunes enfants, trouvent dans la rue un paquet de lettres.
Après quelques hésitations, ils décident de lire les lettres, en les prenant au hasard.
Chaque lettre provoque un échange de points de vue entre eux, sur des sujets très variés de la vie, de leur vie. De petits moments drôles, tristes, évocateurs sur leur personnalité, sur leur histoire commune ou personnelle.
Au fur et à mesure de la lecture des lettres, l’on comprend qu’il y a un mystère, des non-dits…
La pièce s’articule autour de douze lettres, dont trois lettres « mystères », fil rouge du récit, qui vont les amener à réfléchir sur leur couple, d’apparence épanouie, et découvrir une réalité aux contours bien plus nuancés qu’il n’y paraissait.
Ils en liront douze, mais il en existe bien plus ! Vous pourrez découvrir, après certains tableaux, celles qui ne sont pas encore ouvertes. Elles peuvent remplacer, tout ou partie, des lettres présentées. L’idée est qu’elles soient interchangeables d’un soir à l’autre en conservant les trois lettres mystères et la trame de la pièce.
On pourrait imaginer que dans quelque temps, d’autres lettres viennent s’adjoindre…
Les lettres sont présentées de façon à créer l’illusion qu’elles sont prises totalement au hasard. On laisse à penser qu’elles sont tirées au sort et que les textes ne sont pas connus des comédiens avant leur lecture.
On peut aussi réellement faire tirer les lettres au sort et aller plus vers de l’improvisation, c’est alors une autre forme.
Installez-vous confortablement, la pièce commence !
TABLEAU 1
Un couple revient d’une balade, rapportant un gros paquet de lettres qu’ils ont trouvé dans la rue.
Leur premier échange porte sur l’attitude à adopter avec ce paquet de lettres.
Ils entrent tous les deux dans le salon. Fabrice tient dans une main le paquet de lettres.
Lui, un peu voyeur, pousse pour qu’ils les ouvrent.
Elle, sur la retenue, trouve la démarche inconvenante.
Il finira par la convaincre, commence l’ouverture des lettres.
FABRICE. RRRhhhhooo, mais on ne risque rien Alice ! Personne ne nous a vus. Et au pire on dira qu’on les a ramassés pour ne pas les laisser traîner dans la rue et que nous avions l’intention de les ramener lundi à la poste. Voilà. Faut pas en faire tout un plat. Et celles trouvées dans le hall d’entrée, personne ne viendra la réclamer. Y a rien marqué dessus, alors.
ALICE (sur la retenue, trouve la démarche inconvenante). FABRICE ! C’est nul. Ça te ferait plaisir qu’on ouvre ton courrier ? Qu’on découvre que tu es au chômage ? Qu’on découvre le montant de tes indemnités ? S’il y a une lettre sur ta santé avec des analyses ? Ou, pire, une lettre d’huissier qui montre que tu as des dettes ? Ça t’irait ça ? Ça t’amuserait ?
FABRICE (hésite). Non, en même temps, si je pense que c’est perdu, je m’en fous. (Fait un signe de la main par-dessus de son épaule.) Et puis le regard des autres…
ALICE. Fabrice s’il te plaît, on n’ouvre pas les lettres. C’est du voyeurisme minable. Moi ça me met un peu mal à l’aise.
FABRICE. Wo Wo Wo, les grands mots, tout de suite. Quelques lettres, c’est tout. Mélange de voyeurisme et curiosité. Bon OK un peu mal placé. Mais ne me dis pas que tu ne veux pas connaître les coulisses de la vie des gens. En plus je suis sûr qu’on ne connaît quasi personne.
ALICE. Pfff se sont des bas instincts ça. Moi qui crois que tu es toujours détaché de ce genre de sentiment.
FABRICE. HA désolé de te décevoir, je ne suis qu’un humain avec ces failles. Je ne connais personne au monde qui ne voudrait pas connaître ce que recèle la vie de chacun. Cela ne t’arrive jamais de te demander ce qui peut bien se passer derrière les rideaux des maisons. Ce que font les gens, ce qu’ils se disent. Ça ne te fascine pas, de te demander pourquoi il pense telle ou telle chose. Pourquoi et comment il pense comme cela et pas autrement ? Avoue que c’est quasiment anthropologique comme question.
ALICE. Tu te prends pour Claude Lévi-Strauss ? C’est nouveau. Je ne te connaissais pas cette vocation.
FABRICE. Mais noonnn. Mais ça nous changera. Ça pimentera la journée.
ALICE. Hé il y a d’autres façons de la pimenter que de jouer aux voleurs d’histoires intimes.
FABRICE. Alice, promis j’en tire juste quelques-unes pour voir et après je les jette à la poubelle. Ni vu ni connu. Je le sens, ça excite ta curiosité de lever un bout de voile.
ALICE. OK, OK. Mais promis juste quelques-unes et si certaines me gênent, tu stoppes la lecture. Promis ?
FABRICE. Il faut toujours que tu exagères. De toute façon, si tu refuses je les ouvre tout seul dans mon coin. Et je ne te parle de rien. Comme ça tu ne sais rien, ton honneur est sauf et n’en parlons plus. Et puis franchement, vu les cachets de la poste pour certaines, elles datent de quelques mois déjà. Personne ne les attend plus. Qu’est-ce que ça peut faire ? Tiens regarde, une des impôts ! ça doit être une relance et donc le destinataire a déjà dû en recevoir une autre depuis. Waouh c’est le nom d’un voisin de l’immeuble ! Moi qui pensais qu’il n’avait pas de soucis financiers.
On va voir ça de suite.
Lettre 1.
Relance du Trésor public – Commandement de payer
Ouvre l’enveloppe et lit – Alice se tient à distance.
FABRICE. Oui ce sont bien les voisins du dessus ça.
ALICE (se rapproche, prend la lettre). Oui.
FABRICE (reprends la lettre, sarcastique). Et en plus, ils ont du retard.
ALICE. Franchement, ça ne m’amuse pas. Avec ton air détaché de t’en foutre. D’abord ça ne nous regarde pas, ensuite je me sens minable. Et ne frime pas, je te rappelle que nous en avons reçu deux la semaine passée.
Tu crois notre situation plus enviable ?
FABRICE. Oh la la, on peut s’en amuser. Et on ne va pas en mourir non plus. Je connais parfaitement notre situation, tu sais.
ALICE. Je trouve que tu prends ça à la légère comme tout d’ailleurs.
FABRICE. Absolument pas. C’est désagréable comme insinuation. En ce moment, tu es agressive envers moi… Tu…
ALICE (le coupe). Si ! Tu es comme ça. C’est dans ton caractère, tu es détaché des choses. C’est ainsi, on n’y peut rien. Je ne suis pas agressive, je dis juste ce que je ressens.
FABRICE. Mais non ! Mais c’est juste le lot de beaucoup d’être dans cette situation. Rien n’est facile en ce moment. Et si, tu es agressive et distante.
ALICE. Rien n’est facile, surtout quand on est au chômage.
FABRICE. C’est pas une honte que je sache ! Je n’ai pas une maladie.
ALICE. Je n’ai pas dit ça. J’ai juste dit que tu étais sans emploi et que de ce fait nous sommes dans la merde. Nous sommes à 4 à vivre sur tes indems et un seul salaire, LE MIEN.
FABRICE, Ah oui, c’est ma faute. Je devrais me sentir coupable. Et j’entends derrière une autre petite voix qui dit que je ne cherche pas.
ALICE. Pas assez, oui ! Ça, c’est ce que je dis.
FABRICE. Non, ce que tu sous-entends. C’est pire.
ALICE. Cesse de jouer sur les mots et les phrases, au demeurant non dites. Je n’ai pas sous-entendu ce que tu évoques. N’exagère pas, je sais que tu cherches. Je trouve simplement que tu ne cherches pas assez. On dirait que tu attends quelque chose de précis. Quelque chose de très précis dont tu ne veux pas me parler.
(Fabrice laisse les propos d’Alice sans réponse.)
Nous sommes dans une difficulté financière croissante et je ne vois pas comment nous allons nous en sortir à ce train-là. Tu en es conscient ?
FABRICE. ALICE ! Quand on passe du marché du samedi au supermarché pour faire les courses, oui je crois pouvoir dire que j’en suis conscient. Quand on n’achète des fringues que pour les enfants, alors oui il me semble bien voir la réalité en face.
ALICE. Ajoute que nous commençons à emprunter aux amis et le tableau sera complet.
FABRICE. …
ALICE. Je pense qu’il faut vendre la voiture.
FABRICE. Pour perdre de l’argent ! Nous avons encore le prêt dessus.
ALICE. Je préfère perdre un peu sur une bagnole que de perdre notre appart.
FABRICE. Ni l’un ni l’autre. Et la voiture j’en ai besoin.
ALICE. Tu en as besoin ?! Pour aller travailler ?!!
FABRICE. Ppffff… On ne va pas en parler des heures et des heures tous les jours que dieu fait. Nous n’avons pas arrêté d’en débattre. On peut un peu parler d’autre chose ? Je ne lis pas ces lettres pour parler de nos problèmes du moment.
ALICE. C’est sûr qu’il n’y a pas besoin des lettres pour cerner notre situation. Et c’est un bon prétexte pour t’en sortir. Belle esquive !
Excédée par le refus de FABRICE. de façon détachée, elle prend une autre lettre au hasard
Lettre 2.
Publicité Opérateur téléphonique
ALICE. Tiens, une promo d’un opérateur. 19,99 € l’abonnement, c’est imbattable comme prix ! Bon ils me font rire avec leur 19,99 la fameuse barrière psychologique médiocre qui ne trompe personne – bien que je n’en sois pas si sûre - (sourit). Nous, tout de même, on paie 42,60 — ça serait toujours ça d’économies réalisées. Ça paie le steak.
FABRICE. Mouais… Faut voir le détail de l’offre. Parce que parfois, l’annonce est belle, mais masque une réalité tout autre. Changer pour changer et finalement ne rien gagner, c’est le piège. Et même se retrouver avec moins de possibilités, merci.
ALICE. Oui, notamment pas l’option télé. On s’en fout s’il n’y a pas la télé, on fera autre chose et ça ne nous fera pas de mal. Au lieu de s’abrutir…
Je n’en peux plus de ces merdes qui passent à longueur de soirées. Nous sommes devenus des prisonniers.
FABRICE. Pas faux.
ALICE. On pourrait retrouver le goût du plaisir
de la lecture par exemple. De parler aussi…
D’échanger.
FABRICE. Le goût ? Le soir quand tu rentres, tu
n’as pas toujours envie d’échanger. Entre les
enfants hyper demandeurs de leur Mama
(Appuyé.) Et tes préoccupations professionnelles.
Alors le goût d’autre chose, tu en es loin, non ?
(Ton en dessous.) Et moi en ce moment je n’ai pas grand-chose à raconter.
ALICE. Ça vient de loin. Je m’occupe des enfants
et de mon taf et néglige mon mari.
FABRICE. Pas ce que j’ai dit.
ALICE. Non, mais sous entendu.
FABRICE. Décidément.
ALICE. FABRICE, si tu te mets des obstacles
systématiquement. On dirait que tu ne veux pas
t’en sortir.
FABRICE. Mais non, mais…
ALICE (le coupe)… Mais si. Je ne sais pas moi,
fais au moins un effort. Tu ne trouves pas qu’on
s’éloigne ?
FABRICE. J’insiste tout de même. Je te trouve assez agressive envers moi ces derniers temps. Tu as des choses à me reprocher ? Ou à me dire ?... Parce qu’en ce moment ce n’est pas facile. (Pensif.) Rien ne l’est.
ALICE. Rien quoi ? Et non, je ne suis pas spécialement agressive, ces temps-ci.
Je te dis juste que ce n’est facile pour personne dans ce cas. Mais un couple, ça surmonte ensemble les difficultés. C’est aussi pour cela qu’au lieu de s’accrocher tous les soirs à la télé comme une moule à son rocher, nous pourrions parler. On éviterait d’accumuler trop de non-dits. Les non-dits c’est la mort du couple, Fabrice.
FABRICE. Tous les soirs parler ce nos problèmes… (Regarde dans le vide.) Rien n’est facile en ce moment, rien et pour personne.
ALICE (dépitée, préfère tirer une autre lettre). Vu sous cet angle, y a pas grand-chose de plus à ajouter.
Pendant la lecture on entendra de temps en temps les enfants crier et taper au mur
Lettre Mystère 1
ALICE. Tiens ? Il n’y a même pas de prénom. Rien. C’est bizarre. Bon…
(Un peu étonnée, commence la lecture.)
« Tu sais combien je n’aime pas trop parler. Je n’ai jamais trop su m’exprimer, c’est difficile pour moi.
Tu me connais, enfin je l’espère.
Aussi n’arrivant pas à dire ce que j’ai sur le cœur et surtout dans la tête. Et ça fait un moment que ça dure.
J’ai donc pris le parti de t’écrire. Afin de te dire tout ce qui me chamboule. Aussi t’expliquer ce qui traverse mes pensées et ce qui les agite.
En même temps, j’hésite.
À quoi bon ce déballage ? N’est-ce pas vain ?
Pourtant, j’éprouve le besoin de souffler un peu. De m’aérer. Je crois que je ne sais pas dire simplement les choses, de manière la plus prosaïque possible. Je ne sais pas et je n’aime pas.
Pourtant j’ai bien conscience que nous sommes arrivés au bout de cette expérience et qu’il va falloir faire autrement. Que tout ça a assez duré ! Jusqu’à présent, je n’en ai jamais parlé. J’avais préféré ne pas en faire état tant que tout n’était pas fixé entre eux et moi.
Ça l’est désormais.
Je dois sortir de cet engrenage néfaste, qui n’amène rien de valable, ni pour toi ni pour moi.
Je crois réellement que ce serait la meilleure solution.
Il demeure indispensable d’en parler ensemble, bien entendu.
Voilà l’information : j’ai la possibilité de travailler comme expatrié à Londres. Un poste qui tombe à propos. Une opportunité que je voudrais saisir.
Personnellement, c’est un sacré challenge à relever qui m’est offert, et ce, à bien des égards. Quant à notre relation, j’ai l’impression qu’il nous donnerait ce deuxième souffle que nous cherchons et dont nous avons besoin.
Travailler dans mon domaine, au Royaume-Uni c’est une belle ligne de CV dans ma carrière et pour nous deux le moyen de respirer pour reprendre notre souffle et nos esprits pour faire le point et aviser de la suite à donner à notre couple.
C’est à mon avis LA solution. Je l’envisage comme cela. Ce pourrait être une sortie qui relance tout.
J’ai la vague impression de me répéter pour me justifier. Aussi je te laisse ce mot, que tu en prennes connaissance et que nous puissions échanger autour de cette information de façon apaisée, j’espère.
Je t’embrasse tendrement ».
Durant tout l’échange, Fabrice se montrera fébrile, nerveux et mal à l’aise, mais masquera ces états d’âme.
ALICE. C’est sibyllin et un peu sommaire ! C’est le moins que l’on puisse dire. Et puis écrit à la serpe sans aucun style. (Vérifie à nouveau.) Pas nommé ET en plus même pas signé !
FABRICE. Moui.
ALICE. Tu n’as pas l’air convaincu.
FABRICE. Si, si, mais j’en sais rien en fait. J’ai pas trop écouté.
ALICE. Comment ça, tu n’as pas trop écouté ?
FABRICE. Les enfants qui hurlent m’ont un peu distrait, tu as entendu comme moi, non ?
ALICE. Si, un peu, oui.
FABRICE. Moi, ça m’a totalement distrait. Mais pour répondre à ton commentaire. Oui il semble que, comme il n’arrive pas à parler, il a trouvé cette solution, mais du coup il l’a fait un peu rapidement.
ALICE (réellement surprise). Tu dis « il ». Comment sais-tu que c’est un homme ?
FABRICE (légèrement provocateur). Ouh la, suspicieuse ? Il, la personne. Cela te va comme explication ?
ALICE (convaincue, n’insiste pas). Ah, OK. Tu parles d’une façon de faire. Il ou elle ne lui en a visiblement jamais parlé et là Bim ! ce il ou elle, lui passe une lettre en restant bien évasif. Genre, je te le dis, mais à demi-mot, et tu te débrouilles. C’est goujat, voire malhonnête, et surtout d’une couardise sans nom.
FABRICE. Oh les grands mots. Autant je suis d’accord avec toi sur le coup du courrier. Autant pour ce qui est dit, ça me paraît clair. Il — ou elle...