Un drôle de numéro

Deux amies partagent le même appartement. Rien de bien extraordinaire. L’une s’intéresse beaucoup aux hommes, quoi de plus naturel ? Mais l’autre se prend pour Mistinguett et alors là… ça devient assez spécial ! La pièce a été diffusée sur les ondes de Radio Bleue.

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Illustration musicale « Ça c’est Paris » chanson de Mistinguett. Raymonde est seule, elle chante à tue tête en imitant la Miss.

Raymonde (chantant) - Paris Reine du monde, Paris c’est une blonde, le nez retroussé, l’air moqueur, les yeux tou…

(On entend une porte s’ouvrir, c’est Françoise qui rentre.)

Françoise - Salut ! C’est moi.

Raymonde (qui chante toujours et n’entend pas) - …jours rieurs. Tous ceux qui te connaissent, grisés…

Françoise (criant) - C’est moi.

Raymonde (s’arrête) - Ah ! c’est toi ? J’avais pas entendu.

Françoise - J’imagine, avec ce boucan. Qu’est-ce que tu fabriques ?

Raymonde - Je répète.

Françoise (enlève ses gants et son manteau) - Tu répètes ?

Raymonde - Oui. Je répète mon numéro.

Françoise (se laissant tomber sur le fauteuil) - Ton numéro ? quel numéro ?

Raymonde - Je t’en prie arrête de reprendre toutes mes phrases comme ça. Tu as l’air vraiment abrutie.

Françoise - Abrutie… c’est peut-être pas le mot juste mais… étonnée, surprise.

Raymonde - Justement oui, je voulais te faire une surprise.

Françoise - Eh bien c’est réussi, c’est tout à fait réussi.

Raymonde - Alors voilà je monte un numéro.

Françoise - Comment ça tu montes un numéro ?

Raymonde - Je monte un numéro de Music Hall.

Françoise - Toi ?

Raymonde (s’énerve et se met à marcher de long en large) - Eh oui, moi. Qu’est-ce que ça a d’extraordinaire ? Je monte un numéro sur Mistinguett.

Françoise (ahurie) - Tu montes un numéro sur Mistinguett…

Raymonde - Oui, oui. On a bien fait des hommages à Brassens, des hommages à Machin et à Truc, eh ben moi j’ai choi­si Mistinguett.

Françoise - Mais attends, attends. Tu m’avais pas dit que tu cherchais du boulot ?

Raymonde - C’est vrai.

Françoise - Et que tu campais nuit et jour à l’ANPE…

Raymonde (la coupant) - L’ANPE pfutt... on en revient. J’y suis tous les jours. Tous les jours à cinq heures. Je me suis fait des copains là-bas, alors j’arrive avec mon cabas, cinq ou six thermos de thé, de café et des...

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