Une belle pagaille

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 Rien ne va plus au pays des Croque-note ! Tandis que les habitants, tous d’honnêtes gens respectant leur roi, ne peuvent échapper aux ordres de leur vénéré souverain et suivent à la lettre la nouvelle loi que celui-ci vient d’instaurer, un phénomène étrange se produit et vient bouleverser leur petite vie tranquille. Un objet mystérieux tombé du ciel inquiète et sème la pagaille dans tout le pays ! Dès lors, le royaume est mis sens dessus dessous ! Le roi, qui perdait déjà un peu la mémoire, n’y comprend plus rien et perd complètement la boule ! Arrivera-t-il à rétablir le calme malgré tout ? On peut en douter, mais sait-on jamais ! Cette pièce est un formidable outil pédagogique où chaque enfant trouve sa place. Conçue dans une structure de base intelligemment élaborée, elle laisse une grande liberté d’action permettant aux enfants de s’exprimer dans toute leur créativité, ainsi que dans la gestuelle et l’expression corporelle.

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1er tableau

 

La narratrice - Au pays des Croque-note, tous les habitants vivaient heureux, insouciants et fiers de leur belle contrée qui s’étendait jusqu’aux frontières de l’océan. La vie dans ce pays était paisible. Chacun était poli, aimable et vivait en harmonie avec son voisin.

Jeu de scène : quelques enfants entrent en scène, se croisent, se saluent, se serrent la main… ou miment quelques formes de politesse. Par exemple : les garçons soulèvent leurs chapeaux, quelques-uns font même le baisemain aux filles, etc. Certains tentent un dialogue :

Un enfant (serrant la main à son voisin, qu’il croise) - Bonjour !

L’autre enfant - Bonjour !

Un enfant (croisant un autre enfant et soulevant son chapeau) - Monsieur !

L’autre enfant - Monsieur !

Un enfant - Comment allez-vous ?

Un autre enfant - Très bien, merci !

Un enfant (croisant une enfant et lui faisant un baisemain) - Madame !

Une enfant (penchant légèrement la tête) - Monsieur !

Un enfant - Belle matinée, n’est-ce pas ?

Une enfant - Très belle, en effet !

La durée de ce petit jeu se fera en fonction du nombre d’enfants à disposition, au choix du metteur en scène. Puis tous les enfants sortent de scène.

La narratrice - Ce pays était aussi réputé, loin à la ronde, pour ses musiciens et ses célèbres chorales qui enchantaient, de leurs chants mélodieux, tout le royaume et qui résonnaient partout dans la campagne.

Une chorale d’enfants entre en scène et chante un chant.

Lorsque la chorale est sortie, le roi, très âgé, entre en scène, clopin-clopant, tenant un grand parchemin dans sa main. Il va s’asseoir sur le trône, accompagné de son messager qui reste debout à côté de lui. Le messager porte une casquette ou un chapeau avec indication « Poste ».

Le narrateur - Tout ce petit peuple était gai, joyeux et respectait le roi, qui, bien que très âgé, aimait ses sujets et dirigeait le royaume avec fermeté et diplomatie. Mais, comme il perdait chaque jour un peu plus la mémoire, il décida, afin de distinguer avec précision à quel village appartenait chaque habitant, d’instaurer une nouvelle loi à laquelle ils ne devaient en aucun cas déroger, sous peine de sanctions sévères.

Le roi (lisant un parchemin) - « Moi, roi Julius, souverain de ce pays, j’exige, à partir de ce jour et pour une durée indéterminée, que chaque habitant des cinq villages de mon royaume, homme ou femme, porte, en toute circonstance, un chapeau pointu ! Il appartiendra aux chefs des cinq villages de se consulter et de tirer au sort la couleur qui incombera à chaque village. Signé : le roi ! » (Il donne le parchemin à son messager.) Messager ! Prends ce document et va immédiatement l’apporter aux chefs des cinq villages ! Allez, dépêche-toi !

Le messager - Oui, Sire ! J’y cours !

Le roi - Et surtout ne t’arrête pas en chemin !

Le messager (déjà sur le départ) - Oui… heu… non, Sire !

Le messager s’empare du parchemin et traverse la scène en courant, puis disparaît un court instant, le temps d’aller chercher sa voiture en carton avec panneau marqué « Poste » et dans laquelle il s’enfilera pour revenir sur scène en courant, la tenant de ses deux bras, le parchemin bien en évidence et bien attaché à l’avant ou à l’arrière du véhicule.

(Note de l’auteur : si trop compliqué, supprimer la voiture. Mais ce petit jeu est amusant.)

Le roi (pour lui) - J’espère qu’il ne va pas s’arrêter dans tous les cafés du pays ! Enfin… Moi, en attendant… (Bâillant, s’étirant les bras et repartant clopin-clopant.)… je crois que je vais aller faire une petite sieste ! (Il sort.)

Le messager revient donc sur scène avec sa voiture en principe et la traverse de part et d’autre. (Si on supprime la voiture, il ne revient plus.)

Noir ou Rideau.

Pendant le noir (ou rideau), on retire le trône du roi (ou bien on le cache avec un paravent). Puis les cinq chefs des villages se réunissent et s’asseyent en rond sur scène, une escarcelle posée par terre, au milieu d’eux (un chapeau ferait aussi l’affaire), contenant cinq bouts de papier aux couleurs suivantes : rouge, jaune, bleu, orange et vert. Couleurs à respecter, car dialogue en rapport avec chaque couleur.

Le 1er chef - Le roi nous a demandé de tirer au sort une couleur pour les chapeaux pointus ! (Plongeant sa main dans l’escarcelle ou le chapeau.) Moi, je tire pour mon village ! (Puis, montrant son papier rouge.) J’ai le rouge !

Le 2e chef - Et moi, je tire pour le mien ! (Même geste.) J’ai le jaune !

Le 3e chef (même geste) - Moi, j’ai le bleu !

Le 4e chef (même geste) - Et moi, j’ai l’orange !

Le 5e chef (même geste, mais déçu) - Ben… moi, j’ai le vert !

Puis, toujours assis, tenant leur bout de papier dans les mains.

Le 1er chef - Rouge, comme… heu… (Il réfléchit.)

Le 2e chef (répondant à sa place, poète) - … les coquelicots qui s’agitent dans les champs de blé quand il y a du vent !

Le 3e chef - Ou… comme l’écrevisse !

Le 4e chef (moqueur) - Ou comme toi quand t’es en colère !

Le 2e chef - Moi, j’ai le jaune comme… heu… (Il réfléchit.)

Le 3e chef (répondant à sa place, tout fier) - … comme le jaune d’œuf !

Le 1er chef - Ou comme la paille !

Le 4e chef (toujours moqueur, s’adressant au 2e chef) - Ou comme toi quand tu as eu la jaunisse !

Le 5e chef - Moi, j’aime pas le vert, ça me fait penser à…

Mais il n’a...

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