Le Point B
Trois rencontres. Trois dialogues. Trois façons d’interroger le point d’arrivée de toute existence.
Devant une mystérieuse porte, un homme impatient de mourir se heurte à l’administration implacable de l’au-delà. Dans un square, deux inconnus partagent un banc et découvrent que leurs chemins se croisent pour une raison bien particulière. Enfin, un vieux chien et son maître évoquent avec humour et tendresse les quatorze années qui les ont unis.
Tour à tour drôle, poétique et émouvant, Le Point B rassemble trois pièces courtes qui parlent de la vie en regardant du côté de sa fin. Sans pathos ni morbidité, on y explore le temps qui passe, l’attachement, le regret, la mémoire et l’inévitable destination commune qui nous attend tous.
Un triptyque où l’on rit souvent, où l’on s’émeut parfois, et qui rappelle que le plus important n’est peut-être pas le point B, mais le chemin parcouru depuis le point A.
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LE POINT B
3 pièces courtes
- Uniquement sur invitation : 10 minutes
- Sur un banc : 20 minutes
- Une Vie de chien : 10 minutes
UNIQUEMENT SUR INVITATION
Durée : environ 10 minutes
Un homme veut absolument entrer dans un lieu étrange où tout le monde lui passe devant : boîte de nuit, lieu de rencontres ? Non. C’est la porte de la Mort. Des enfants, de jeunes adultes lui passent devant. Lui en a assez de vivre : 99 ans ! Mais son tour n’est pas venu.
Personnages : 5 hommes et 5 femmes (modulable)
ROB 99 ans, voudrait mourir
LE PORTIER fonctionnaire zélé
ODILE épouse de Rob, douce et résignée
Un couple silencieux muet
Un jeune homme aviné 3 répliques
Une femme au landau muette
Un homme en pyjama muet
Un(e) ado muet(te)
Une femme avec des cabas muette
Les figurants peuvent interpréter plusieurs rôles.
À l’ouverture, Rob frappe à une porte (elle peut être virtuelle).
ROB (impatient et tambourinant) – Laissez-moi entrer !
LE PORTIER (ouvrant la porte, fâché) – C’est pas bientôt fini ?
ROB – Laissez-moi entrer !
LE PORTIER (désignant un écriteau) – Vous ne savez pas lire ?
ROB – J’ai la vue qui baisse je vous signale, alors vos écriteaux !
LE PORTIER – Il est écrit : « Uniquement sur invitation »
ROB – Vous êtes drôlement sectaires !
LE PORTIER –Vous est drôle, vous ! Si on laissait entrer n’importe qui, on perdrait toute crédibilité !
ROB – Vous ne pouvez pas faire une petite exception ?
LE PORTIER – Non.
ROB – Non ? Sèchement ? Comme ça ?
LE PORTIER – Oui.
ROB – Oui : je peux entrer ? Vous avez changé d’avis ?
LE PORTIER – Bien essayé, mais non, vous restez dehors, mon vieux !
ROB (avec un geste de dépit) – Holà-la !
Un couple arrive et présente une carte en silence. Pas d’expression particulière sur le visage, ni dans les attitudes.
LE PORTIER (après avoir consulté la carte) – C’est bon. Vous pouvez entrer.
Le couple passe la porte. Rob essaye de voir à l’intérieur, le portier s’interpose.
ROB – Vous ne refoulez jamais personne ?
LE PORTIER – Si. La preuve : vous.
ROB – Non. Je voulais dire : les gens qui entrent et qui ne conviennent pas par exemple, vous ne les virez pas ?
LE PORTIER – Cela n’est jamais arrivé.
ROB – Il n’y a jamais d’erreur ?
LE PORTIER – Non.
ROB – Vous êtes drôlement affirmatif. Comment pouvez-vous en êtes sûr à 100% ?
LE PORTIER – Nous faisons bien les choses.
ROB – Je demande ça parce que je suis prêt à faire un échange.
LE PORTIER – Comment ça ?
ROB – Eh bien : prendre la place de quelqu’un d’autre !
LE PORTIER – Ça ne marche pas comme ça !
ROB – En tout cas, on ne peut pas vous reprocher de ne pas appliquer le règlement !
LE PORTIER – Au pied de la lettre.
ROB, dépité – C’en est désespérant !
Un jeune homme arrive un peu aviné et de bonne humeur.
LE JEUNE HOMME – Salut la compagnie !
ROB – Salut ! (Le prenant par la manche.) Tu es sûr de vouloir entrer ? Moi, je veux bien te remplacer.
LE JEUNE HOMME, hilare – Oh, l’autre ! Si le videur t’a viré, je peux rien pour toi !
ROB – Il ne m’a pas viré, il ne veut pas me laisser...